Coronavirus : Des résidents d’un Ehpad alsacien vaccinés puis contaminés… Pourquoi il ne faut pas s’inquiéter

EPIDEMIE Plusieurs résidents d’un Ehpad du Bas-Rhin ont été contaminés par le Covid-19 alors qu’ils ont été vaccinés

Anissa Boumediene

— 

La vaccination contre le Covid-19 n'empêche pas la circulation du coronavirus mais protège des formes graves de la maladie. Une protection très efficace y compris chez les personnes très âgées.
La vaccination contre le Covid-19 n'empêche pas la circulation du coronavirus mais protège des formes graves de la maladie. Une protection très efficace y compris chez les personnes très âgées. — Bony/SIPA
  • A Marckolsheim, dans le Bas-Rhin, une douzaine de résidents d’un Ehpad ont été contaminés par le Covid-19 alors que la majorité d’entre eux avaient été vaccinés.
  • Trois d’entre eux ont dû être hospitalisés, mais aucune forme grave n’est à déplorer.
  • Ce qui prouve l’efficacité de la protection conférée par les vaccins anti-Covid, qui ont pour but d’éviter le développement de formes sévères de la maladie et l’engorgement des services de réanimation.

Vaccinés mais covidés. A Marckolsheim, dans le Bas-Rhin, une douzaine de résidents d’un Ehpad, la Résidence de Ried, ont été testés positifs au Covid-19 alors que la majorité d’entre eux ont été vaccinés. Sept de ces résidents ont même reçu leurs deux doses de vaccin Pfizer.

Alors, faut-il s’inquiéter de ces contaminations ? Que signifient-elles ? Elles montrent que si le virus continue de circuler, la vaccination permet en revanche d’éviter le développement de formes graves de la maladie, en particulier au sein des populations les plus vulnérables.

La circulation du virus pas empêchée

Parmi la douzaine de résidents positifs au coronavirus, trois ont dû être hospitalisés, indique France 3 Grand-Est ; deux pas vaccinés du tout et un n’ayant reçu que la première dose. Mais « les personnes hospitalisées le sont par prudence car ayant de fortes pathologies, et non parce qu’elles ont une forme sévère de la Covid », a précisé l’Agence régionale de santé (ARS) du Grand-Est. Au sein de l’Ehpad, des mesures sanitaires ont été prises afin de limiter la propagation du virus. Ainsi, outre le dépistage de l’ensemble des résidents et du personnel, l’établissement est fermé au public depuis le 27 mars. Sa réouverture est prévue pour le 8 avril, si l’évolution de la situation le permet. Un nouveau dépistage de contrôle devrait être réalisé la veille de la réouverture.

La vaccination de la majorité des résidents n’a donc pas empêché la circulation du virus. Et outre la douzaine de résidents contaminés, sept membres du personnel ont également été testés positifs au coronavirus. « La vaccination ne bloque pas la circulation du virus et les contaminations, rappelle le Dr Jean-Paul Hamon, médecin généraliste à Clamart et président d’honneur de la Fédération des médecins de France (FMF). Cela montre bien l’importance de vacciner massivement les personnels, car si la couverture vaccinale dans les Ehpad est élevée chez les résidents, on peut et on doit mieux faire s’agissant des soignants et intervenants qui s’en occupent au quotidien. C’est essentiel, insiste le médecin. En outre, il faut continuer à respecter des gestes barrières dans les Ehpad, surtout que tous les résidents n’ont pas encore reçu leurs deux doses du vaccin ».

Dans ces établissements, les résidents reçoivent des vaccins à ARN messager, de Pfizer ou de Moderna, principalement du premier cité. Et ce n’est qu’après injection des deux doses que l’immunité complète s’acquiert. « Elle commence à se développer environ deux semaines après l’injection de la première dose, indique le Dr Hamon. La deuxième dose est administrée 21 jours plus tard pour le Pfizer et 28 jours plus tard pour le Moderna. Et on considère que l’immunité complète est acquise 15 jours après la seconde injection ».

Le vaccin, une protection contre les formes graves

Une fois cette immunité acquise, « la personne vaccinée est protégée des formes graves, explique le Dr Hamon. C’est cela qu’on attend du vaccin : empêcher les formes sévères de Covid-19 et les hospitalisations. Car la pression exercée par le Covid-19 sur l’hôpital reste extrêmement forte, en particulier dans les services de réanimation, qui sont saturés. Les premières vagues de l’épidémie ont montré que les résidents âgés d’Ehpad n’ont pas de lits en réanimation, d’où l’importance de les vacciner pour éviter qu’ils n’en aient besoin ».

Sur le terrain, les vaccins anti-Covid remplissent leur contrat. « Dans un Ehpad de Clamart, les familles de deux résidents n’ont pas souhaité que leur proche soit vacciné. Ensuite, deux soignants ont été testés positifs et les ont contaminé, ce qui a donné lieu à un dépistage de l’ensemble des résidents, raconte le médecin. Parmi ceux vaccinés, deux – de 94 et 98 ans – ont eu un test PCR positif, mais sans développer aucun symptôme, et leur PCR de contrôle quelques jours plus tard est revenue négative. On voit bien, alors que les personnes âgées ont une immunité plus faible et répondent moins bien que le reste de la population aux vaccins, que les  vaccins anti-Covid protègent très efficacement, même les personnes très âgées ».

A ce jour, en France, « 95 % des personnes âgées​ résidant en Ehpad ou USLD (unités de soins de longue durée) ont reçu leur première dose de vaccin, indique le ministère de la Santé. Et 73 % ont d’ores et déjà reçu leurs deux injections ».