Coronavirus : « Le nombre de patients en réanimation va encore augmenter », prévient Olivier Véran

EPIDEMIE Le ministre de la Santé était l’invité du journal télévisé de TF1 à 13h

F.P. avec AFP
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Le ministre de la Santé visite le centre de prévention CheckPoint Paris.
Le ministre de la Santé visite le centre de prévention CheckPoint Paris. — LOUISE MERESSE/DICOM/SIPA

Dernière respiration avant de se confiner et d’attaquer l’école à la maison : le week-end de Pâques touche à sa fin lundi, avec une nouvelle vague de restrictions pour tenter de freiner l’épidémie de Covid-19.

Ce lundi, au journal télévisée de 13h de TF1, Olivier Véran, ministre de la Santé, a justifié ces mesures par la dégradation de la situation sanitaire. La situation reste tendue, rappelle-t-il, « puisque chaque jour, en moyenne, 40.000 Français se font tester positif au coronavirus ».

« Deux cartes de France se dessinent »

Deux cartes se dessinent, dresse le ministre : « A l’est, la tension épidémique et sanitaire est élevée, mais nous constatons les premiers frémissements qu’il va falloir consolider. A l’ouest, le niveau de tension épidémique est plus faible, mais la dynamique, en revanche, plus forte. »

Pour Olivier Véran alors, « cela nous conforte dans l’idée d’avoir appliqué à tout le pays des mesures de restriction puisque nous allons éviter ainsi à l’ouest du pays de rejoindre la situation très problématique connue à l’Est. »

Le pic des contaminations atteint dans la semaine ?

Si le ministre de la Santé espère que la France atteigne le pic des contaminations de cette troisième vague dans la semaine, il ne s’attend pas pour autant à une baisse des hospitalisations d’ici à la fin du mois d’avril. « Il y a toujours deux à trois semaines d’écart entre le pic des contaminations et le pic des cas graves », rappelle-t-il. Même avec l’entrée en vigueur de ces nouvelles mesures de restriction, depuis le 3 avril, « dans les trois prochaines semaines, quoi qu’il advienne, le nombre de patients en réanimation va continuer d’augmenter, mécaniquement », prévient Olivier Véran.

Jusqu’à atteindre les 7.000 malades en réanimation comme lors du pic de la première vague ? Le ministre de la Santé n’écarte pas cette hypothèse. « Nous sommes déjà à 5400 malades en réanimation », indique-t-il.

Pas un problème de logistique, mais un enjeu de livraison

Côté vaccination, Olivier Véran a annoncé lundi que 2 millions de Français avaient été vaccinés en une semaine. Selon lui, le pays « n’a aucun enjeu de logistique, mais de livraison de vaccins », a-t-il dit sur TF1. Il assure que 10 millions de doses auront été inoculées d’ici à la mi-avril, comme le prévoyait le gouvernement. Cet objectif sera même anticipé « de quelques jours ».

Interrogé sur des centres de vaccination qui tournent au ralenti en raison d’un manque de doses de vaccin contre le covid-19, Olivier Véran a assuré qu’il n’y avait pas de problème de « logistique », mais de livraison. « Nous avons fait le choix de vacciner en flux tendu. Oui, il y a des moments où il n’y a plus de doses dans les frigos », a-t-il déclaré.

Multiplication des grands centres de vaccination

Le gouvernement affiche sa confiance sur les approvisionnements espérés des labos pharmaceutiques pour atteindre cet objectif. Et table aussi sur une démultiplication des centres et personnels pour les administrer.

On attend mi-avril l'arrivée du vaccin Johnson & Johnson, qui nécessite une seule injection, avec 600.000 premières doses avant mai. Elles devraient facilement trouver preneurs, alors que le vaccin d’AstraZeneca reste plombé par des doutes sur son innocuité, malgré les assurances des autorités sanitaires.

Du côté des vaccinateurs, les hôpitaux d’instruction des armées français vont augmenter leurs capacités d’accueil pour vacciner jusqu’à 50.000 personnes par semaine, a annoncé samedi soir le ministère des Armées.

Les grands centres de vaccination vont aussi se multiplier sur le territoire. Comme le Stade de France qui accueillera mardi ses premiers volontaires, avec un premier objectif de 10.000 injections par semaine. Pour mieux tracer l’évolution de l’épidémie, des autotests seront disponibles en pharmacie à partir du 12 avril.