Coronavirus : « Les gens sont perdus » assure Marjorie, membre du collectif citoyen sur le vaccin

DEMOCRATIE PARTICIPATIVE En place depuis le 16 janvier 2021, 17 hommes et 18 femmes composent ce collectif de 35 citoyens tirés au sort, dont Marjorie, originaire de la Drôme, fait partie

Emilie Petit
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Coronavirus: A quoi sert le collectif citoyen sur le vaccin ? — 20 Minutes
  • Le collectif citoyen a tenu, le 29 mars, sa troisième session plénière au palais d’Iena, à Paris.
  • Originaire de la Drôme, Marjorie fait partie des 35 tirés au sort et chargés de faire remonter les interrogations des Français sur la stratégie vaccinale adoptée par le gouvernement.
  • Le but ? Permettre au gouvernement d’ajuster sa campagne de vaccination.

Macron l’avait annoncé en novembre 2020. Deux mois plus tard, le collectif citoyen sur le vaccin a pris ses quartiers en distanciel, et a tenu, le 29 mars, sa troisième session plénière au palais d’Iena, à Paris, QG du Cese (Conseil économique, social et environnemental).

« On ne se connaissait pas. La première fois qu’on s’est parlé, c’était sur Zoom ! », se souvient Marjorie. Originaire de la Drôme, elle fait partie des 35 tirés au sort et chargés de faire remonter les interrogations des Français sur la stratégie vaccinale adoptée par le gouvernement.

Faire entendre la voix de la ruralité

« On reproche souvent le fait que les décisions soient prises depuis Paris. Donc lorsqu’on m’a annoncé que j’avais été tirée au sort, j’ai accepté pour que l’on puisse entendre un peu plus la ruralité. Car je connais bien : j’habite un village de 800 âmes dans la Drôme », explique-t-elle. Depuis début janvier, le quotidien de Marjorie est donc principalement rythmé par les réunions avec ses collègues du collectif – trois par mois – et surtout, beaucoup de terrain.

« Je me rends dans les centres de vaccination, j’ai rencontré le préfet de mon département, la directrice de l’ARS, entre autres. Et je vais aussi sur les marchés pour interroger les citoyens », détaille-t-elle. En somme, Marjorie a chaussé, pour quelques mois, les souliers d’une politique, l’ambition et l’appât du pouvoir en moins. « Moi, par contre, je ne veux être ni ministre, ni députée, ni quoi que ce soit d’autre. Citoyenne, ça me va bien », assure-t-elle en riant.

Une communication jugée trop négative

Au côté des autres membres du collectif, elle tente donc de récolter les principales inquiétudes des citoyens. Le but ? Permettre au gouvernement d’ajuster sa campagne de vaccination. « La plupart des peurs qui nous sont remontées tournent surtout autour du manque de recul par rapport aux vaccins, et sur leurs possibles effets secondaires. Les gens sont perdus », résume-t-elle.

Résultat : les premières recommandations du collectif ont porté sur la communication. Forcément. « Nous avons constaté que dans les centres de vaccination, aucun message positif n’était véhiculé. Tout tourne autour des effets secondaires, des risques, de la prévention. Et c’est tout ! », résume-t-elle.

« Je me sens complètement légitime »

Loin de « sortir leurs propositions de sous le chapeau » s’amuse Marjorie, le collectif est épaulé par plusieurs intervenants, tels que des médecins, des infirmiers, des maires, des représentants d’étudiants et de commerces. Et travaille en étroite collaboration avec le « monsieur vaccin » du gouvernement, Alain Fisher. « C’est vraiment une belle expérience, assure-t-elle. C’est très enrichissant ».

Et lorsqu’il faut faire face, en séance plénière, aux membres du gouvernement, Marjorie tient bien haute la barre. Tirée au sort, lors de la dernière présentation, ce 29 mars, pour porter la voix des 35, elle n’a pas cillé devant les membres du gouvernement et du Cese : « je me sens vraiment très à l’aise dans ce collectif, et à titre personnel, je me sens complètement légitime ».

Malgré l’expérience de démocratie participative mitigée de la Convention citoyenne, Marjorie reste confiante sur la suite donnée aux travaux du collectif citoyen sur le vaccin : « Contrairement à la Convention citoyenne, nous ne sommes pas là pour écrire des textes de lois. Et même si on ne nous le dit pas clairement, on entend parfois, dans les médias, lors d’interview de personnalités du gouvernement, certaines de nos recommandations. Donc on a le sentiment que le message passe ! »