Coronavirus dans le Grand-Est : « On est revenus au pic de novembre, avant le second confinement », alerte l’ARS

EPIDEMIE Aucun des dix départements de la région Grand-Est n’est (pour le moment) reconfiné

Thibault Gagnepain
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Un patient atteint du Covid-19 transféré à Strasbourg : la scène date de mai mais se reproduit actuellement.
Un patient atteint du Covid-19 transféré à Strasbourg : la scène date de mai mais se reproduit actuellement. — Jean-Francois Badias/AP/SIPA
  • Le Grand-Est n’a aucun de ses dix départements reconfinés mais ce n’est pas pour ça que la situation sanitaire est idyllique. Elle est même « préoccupante », selon l’agence régionale de santé.
  • « Le taux d’incidence est élevé partout, aucun des départements n’y échappe », a détaillé la préfète de la grande région, Josiane Chevalier. « On a une forte pression sur notre système hospitalier. On est dorénavant à 135 % de notre capacité initiale de réanimation », a ajouté la directrice régionale de l’agence régionale de santé.
  • L’Alsace accueille depuis une dizaine de jours des patients de Moselle.

La situation sanitaire dans le Grand-Est est « préoccupante ». La préfète de la région et la directrice de l’agence régionale de santé (ARS) locale l’ont répété lundi à l’occasion d’un point presse. Et ce même si aucun des dix départements n’est aujourd’hui concerné par le reconfinement actuel.

« Le taux d’incidence est élevé partout, aucun n’y échappe », a déclaré la représentante de l’Etat Josiane Chevalier. Les chiffres l’illustrent avec notamment, en ce 22 mars, 441 cas positifs au Covid-19 pour 100.000 habitants dans l'  Aube, le département le plus touché. Longtemps objet d’inquiétude, la  Moselle est revenue à un taux plus en dessous de la moyenne nationale [291 contre 308]. « Les choses se sont améliorées, notamment grâce à une campagne massive de vaccination », confirme la préfète.

En Alsace, l’épidémie est pour le moment mieux maîtrisée, avec environ 240 cas positifs pour 100.000 habitants dans le Bas-Rhin, et un peu plus de 165 dans le Haut-Rhin. Avec toutefois des disparités :  Strasbourg est la métropole la plus touchée du Grand-Est avec un taux d’incidence qui a dépassé les 300 (311).

Cela n’empêche pas ses hôpitaux, avec celui de Colmar, d’accueillir aujourd’hui des patients mosellans. « Il y a un à deux transferts quotidiens depuis une dizaine de jours mais il n’est pas prévu pour le moment qu’on aide d’autres régions », a expliqué Virginie Cayré.

« Forte pression sur notre système hospitalier »

La directrice de l’ARS du Grand-Est prévient : « On a une forte pression sur notre système hospitalier. On est dorénavant à 135 % de notre capacité initiale de réanimation. Il y a aujourd’hui 290 patients en réanimation, 40 de plus en une semaine. L’ensemble des indicateurs se dégrade… On est aujourd’hui revenus au pic de novembre, avant le second confinement, en termes de tension hospitalière. »

« La situation se dégrade dans la région. Il y a 14.000 nouvelles infections sur la semaine dernière, comme lors de la deuxième semaine de novembre, en plein deuxième confinement », appuie Michel Verney, de Santé publique France. « Cela affecte les dix départements de la région et toutes les classes d’âge. »

La vaccination va « s’accélérer très nettement en avril et mai »

D’où un appel répété à respecter les consignes sanitaires et le fameux credo « tester, alerter, protéger ». Justement, concernant la vaccination, 10 % des habitants du Grand-Est a déjà reçu au moins une dose. « Ça va s’accélérer très nettement en avril et mai », a promis Virginie Cayré en annonçant des livraisons massives de vaccins Pfizer/BioNtech et Moderna. « En avril, on en recevra un peu moins de 143.000 par semaine et un peu moins de 200.000 chaque semaine en mai. Contre 60.000 à 65.000 début mars. »

De nouveaux centres de vaccination pourraient alors être ouverts, ou ceux déjà existants être renforcés. « On est vraiment dans une course contre-la-montre », résume la préfète du Grand-Est qui a annoncé vouloir continuer à « éviter toutes les manifestations qui amèneraient des brassages de population. » Comme à Marseille dimanche,  où 6.500 personnes ont défilé pour un carnaval.