Confinement : Quelles régions pourraient rejoindre les 16 départements déjà reconfinés ?

PANDEMIE Plusieurs membres du conseil scientifique ont estimé ce week-end dans la presse que le nouveau confinement pourrait être rapidement étendu

R. G.-V.
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Puisque le gouvernement incite plutôt a faire des activités en extérieur, où les risques de contamination sont moins grands, les parcs parisiens ont été pris d'assaut samedi.
Puisque le gouvernement incite plutôt a faire des activités en extérieur, où les risques de contamination sont moins grands, les parcs parisiens ont été pris d'assaut samedi. — LOUISE MERESSE/SIPA
  • Seize départements connaissent depuis samedi un confinement d’un nouveau genre.
  • Mais d’autres régions ont une situation épidémique inquiétante et pourraient elles aussi rentrer dans ce groupe de confinés.
  • 20 Minutes fait la revue des régions potentiellement sur le bord du confinement.

Il n’y a donc toujours pas de troisième confinement national en France : le gouvernement a préféré jeudi annonce un confinement « léger » pour 16 départements : ceux l’Ile-de-France et des Hauts-de-France ainsi que les Alpes-Maritimes, l’Eure et la Seine-Maritime. Néanmoins, Olivier Véran, le ministre de la Santé, l’a dit ce dimanche dans Le Parisien : « Les semaines devant nous seront difficiles, la vague monte. » Il y a donc fort à parier que les nouvelles mesures de confinement ont vocation à gagner d’autres départements. Plusieurs membres du conseil scientifique, qui ont parlé à la presse ce week-end, ne s’en sont d’ailleurs pas cachés. Revue de détail.

Auvergne-Rhône-Alpes

C’est la première région qui a été citée par Olivier Guérin, nouveau membre du Conseil scientifique dans une interview à Nice-Matin, samedi. Pourtant, à l’échelle de la deuxième région la plus peuplée de France (8 millions d’habitants et d’habitantes) le taux d’incidence n’est « que » de 231 infections pour 100.000 personnes d’après le site Covidtracker. Soit moins que le dernier seuil d’alerte, fixé à 250. La congestion des services de réanimation (80 % des lits occupés par des patients Covid-19) est importante, augmente mais ne flambe pas. D’ailleurs, au global, le nombre d’hospitalisation baisse plutôt. Les problèmes sont en fait plus localisés dans le Rhône et la Haute-Savoie. Dans ces deux secteurs, le taux d’incidence approche les 300 et les services de réanimation sont saturés.

Grand-Est

Dans le Grand-Est, ce qui inquiète c’est l’augmentation rapide des entrées en réanimation. Depuis début mars, le taux d’occupation des lits par des patients et patientes Covid-19 est subitement passé d’environ 60 à 84 %. Le nombre de cas lui aussi flambe. Dans le détail, les services de réanimation de la Moselle, au centre des attentions depuis quelques semaines sans pour autant passer sous le coup du confinement même le week-end, sont saturés. Mais c’est le département plus rural de l’Aube qui inquiète. Les entrées à l’hôpital en général et en réanimation flambent comme les cas : 142 % des lits occupés et une incidence à 350 cas pour 100.000 personnes.

Bourgogne-Franche-Comté

Ici, trois départements inquiètent : dans le Doubs, les services de réanimations sont plus que saturés avec l’équivalent de 120 % des lits (la référence du nombre de lits total est prise sur ce qui existait avant la crise sanitaire) occupés et cela depuis des semaines. Dans l’Yonne, la Nièvre et le Territoire de Belfort, s’il y a encore un peu de place à l’hôpital (entre 50 et 60 % d’occupation), c’est le nombre de cas qui flambe. Dans le dernier cité, un tout petit département, le taux d’incidence est déjà de 320 cas pour 100.000 personnes. À côté, la Côte-d’Or et la Saône-et-Loire ne sont « que » au premier seuil d’alerte avec un taux incidence autour de 135.

Provence-Alpes-Côte-d’Azur

Avec la Normandie, c’est la seule région concernée par le confinement pour partie seulement, puisque l’unique département des Alpes-Maritimes figure dans la première liste. Mais la situation sanitaire du reste de la région n’est pas bien meilleure. C’est peut-être même l’une des pires hors régions totalement confinées. Partout, sauf dans le Vaucluse, le taux d’occupation des services de réanimation dépasse les 100 %. Outre Nice, trois autres départements sont au-dessus des 250 cas pour 100.000 personnes, soit au-dessus du dernier seuil d’alerte : le Var (333), les Bouches-du-Rhône (315) et les Hautes-Alpes (274). Point positif : pas de flambée des cas ici, mais le nombre quotidien moyen de nouvelles contaminations reste très élevé alors qu’il n’y a plus de marge hospitalière.

Normandie

Dans l’autre région seulement en partie confinée (Eure et Seine-Maritime) on peut effectivement parler de flambée : à l’échelle régionale, on trouve ici le pire taux de reproduction de l’épidémie en France, 1,19. Ce qui veut dire qu’en moyenne 10 personnes contaminées transmettent le virus à 12 personnes. Le nombre de nouveaux cas quotidien augmente vite et fort : il a doublé en un mois pour s’établir désormais à plus de 1.200. Néanmoins, à part en Seine-Maritime, il y a un peu de place à l’hôpital : deux tiers « seulement » des lits de réanimation sont occupés par des malades du Covid-19. Enfin, outre les deux départements confinés, l’Orne dépasse aussi le dernier seuil d’alerte avec un taux d’incidence à 264.