Coronavirus : La pandémie indirectement responsable de la hausse de la mortalité infantile en Asie du Sud

JEUNESSE En Asie du Sud, le recours aux services de santé a forcément diminué à la faveur des divers confinements décrétés dans les pays

20 Minutes avec AFP

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Dans une école indienne, le 14 mars 2021. (illustration)
Dans une école indienne, le 14 mars 2021. (illustration) — Keshav Singh/Hindustan Times/Shutterstock/SIPA

La pandémie de Covid-19 pourrait avoir indirectement contribué à augmenter la mortalité infantile en Asie du Sud en 2020, avec 228.000 décès d’enfants supplémentaires, ainsi que 11.000 décès maternels et 3,5 millions de grossesses non désirées, indique l’ONU dans un rapport publié ce mercredi. L’étude commandée par l’Unicef, l’agence des Nations unies pour l’enfance, accuse des « réductions drastiques de l’accès et du recours aux services de santé publique essentiels » en raison de la pandémie à travers l’Inde, le Pakistan, le Népal, le Bangladesh, l’Afghanistan et le Sri Lanka, où vivent 1,8 milliard de personnes au total.

« Le recul de ces services essentiels a eu un impact dévastateur sur la santé et la nutrition des familles les plus pauvres », a déclaré George Laryea-Adjei, directeur régional de l’Unicef. « Il est absolument vital que ces services soient entièrement restaurés pour les enfants et les mères qui en ont désespérément besoin, et que tout soit fait pour que les gens se sentent en sécurité en y accédant », a ajouté George Laryea-Adjei.

35 % de vaccination DTP en moins en Inde

Ces chiffres se fondent sur des changements réels observés comparés aux données antérieures à la pandémie en Asie du Sud où, pour la seule année 2019, 1,4 million d’enfants de moins de cinq ans sont morts, dont 63 % étaient des nouveaux-nés. Les pays de la région, comme ailleurs dans le monde, ont imposé des mesures de confinement strictes pour lutter contre la propagation du coronavirus. De nombreuses restrictions ont depuis été assouplies. Mais selon le rapport, même là où les services de santé n’ont pas été fermés, le nombre de personnes y ayant recours a diminué.

Au Bangladesh et au Népal, par exemple, le nombre de jeunes enfants soignés pour une malnutrition aiguë sévère (MAS) accuse une chute de plus de 80 %, tandis que la vaccination DTP des enfants a fortement diminué en Inde (-35 %) et au Pakistan (-65 %). Quelque 420 millions d’enfants en Asie du Sud ont été privés de scolarité en raison de la pandémie, ajoute le rapport qui s’alarme que neuf millions d’enfants risquent de ne jamais retourner à l’école.

Une telle situation risque de favoriser l’augmentation des mariages d’enfants, mais aussi 400.000 grossesses d’adolescentes supplémentaires, ainsi qu’une augmentation du nombre de décès maternels et néonatals, ou encore des taux élevés de retards de croissance des enfants.