Coronavirus : « Je suis devenue méfiante »… «Je préfère les effets secondaires à la réa »… Ils sont partagés sur le vaccin AstraZeneca

TEMOIGNAGES La France a stoppé temporairement ses injections. 20 Minutes a demandé à ses internautes leur réaction à cette annonce

Pierre Cloix

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Le régulateur européen reste « fermement convaincu » des bénéfices du vaccin d'AstraZeneca
Le régulateur européen reste « fermement convaincu » des bénéfices du vaccin d'AstraZeneca — David Mdzinarishvili/TASS/Sipa U/SIPA
  • Huit pays européens ont suspendu la vaccination AstraZeneca, après le signalement de possibles effets secondaires.
  • Nous avons demandé à nos internautes ce qu'ils pensaient de cet arrêt.
  • Les avis sont partagés, entre inquiétudes et confiance dans le corps médical.

Depuis quelques jours, on n’entend (et on ne lit) plus que le nom de cette entreprise : «AstraZeneca ». En cause ? Son vaccin contre le covid-19, qui pourrait comporter des effets indésirables, voire des risques pour la santé. Si le régulateur européen reste « fermement convaincu » des bénéfices du sérum, le fait que plusieurs pays de l’Union, dont la France, aient pris la décision de stopper net son administration a fait lever les sourcils, que ce soit du côté des autorités de santé, des politiques ou simplement des citoyens qui pourraient, tôt ou tard, être concernés par le vaccin suédo-bitannique.

« Je préfère avoir quelques effets secondaires que de me retrouver sur un lit de réa »

Parmi eux, nos lecteurs s’interrogent. Et sur les dizaines de témoignages que nous avons reçus, beaucoup font le même constat : La vaccination semble être la seule issue vers la sortie de crise, il n’y a pas de temps à perdre : « Beaucoup de bruit pour rien… Professionnelle de santé, âgée de 40 ans, j’ai été vaccinée le 11 février. Ayant eu le Covid depuis moins de 6 mois, on m’a prévenu lors de l’injection d’effets indésirables augmentés du fait que j’avais encore des anticorps.
J’ai confiance au corps médical. Je n’ai jamais douté. J’ai vécu le Covid dans les unités Covid où nous avons vu beaucoup de gens partir seuls… Ma motivation est simple à ce moment-là, dire stop. Stop à ces fins de vie inhumaines, stop à nos conditions de vie dégradées. Avec l’espoir d’un retour à là normal le plus rapide possible…
Tout s’est bien passé. J’ai eu un peu mal au point d’injection et je dirai que j’ai dû avoir une petite montée de fièvre légère qui a été très vite soulagée par un Doliprane. Puis plus rien. Un vaccin quoi. Si ! Le sentiment d’avoir bien fait. Aucun regret. », explique Émilie. Même son de cloche du côté d’Isabelle : « J’ai déjà eu ma 1re injection d’AstraZeneca et à part une petite fatigue deux jours après, rien d’anormal pour un vaccin… J’espère pouvoir faire ma 2e injection début mai. Je préfère être vaccinée et les infos que je trouve très anxiogènes ne me feront pas changer d’avis… Je préfère avoir quelques effets secondaires que de me retrouver sur un lit de réa et encombrer des services hospitaliers qui n’en peuvent plus… Donc remettez ce vaccin sur le marché. » Des « infos anxiogènes » qui pourraient bien avoir de graves conséquences, si l’on en croit Dominique : « Autour de moi peu de gens acceptent de se faire vacciner. Cette décision d’arrêter le vaccin va alimenter les théories du complot et c’est catastrophique. »

De la méfiance, tout de même

C’est un fait, ces décisions de pauses ou d’arrêts des injections d’AstraZeneca ont un impact sur les populations et, en conséquence, sur nos lecteurs aussi. Ce vaccin ayant déjà été mis en doute lors de sa mise sur le marché, ces derniers jours n’ont pas contribué à apaiser les avis à son sujet. Certains, comme Christian, sont catégoriques : « Mon médecin généraliste m’a prescrit une vaccination vendredi prochain. J’espère que ce ne sera pas le vaccin AstraZeneca sinon je refuse de me faire vacciner. » D’autres, comme Nadine, illustrent l’impact des déclarations des derniers jours : « Ce que j’apprends du vaccin AstraZeneca ne me rassure pas… Donc je préfère attendre… J’ai 62 ans et je ne me ferai pas faire ce vaccin. » Inquiétude aussi pour Marie-Ange, mais contrebalancée par une conviction forte : « Après cette dernière annonce de suspension, je suis devenue méfiante. Je dois normalement me faire vacciner jeudi 17 et je pense y aller, mais avec le nœud au ventre. Nous n’avons pas le choix si nous voulons retrouver une liberté sans peur de choper ce virus et surtout sans que l’on puisse contaminer nos aînés si fragiles. J’espère que tout se passera bien et cela permettra peut-être à ceux qui m’entourent et qui ont des craintes de suivre mon exemple et d’accepter de se faire vacciner. »

Et pour la deuxième injection ?

L’autre interrogation que l’on a pu relever à plusieurs reprises concerne ceux qui se sont déjà fait injecter une première dose du sérum suédo-britannique. Comme Anne-Marie, certains seraient inquiets si les injections devaient s’arrêter totalement : « J’ai reçu ma première dose il y a quelques jours… Je ne suis pas inquiète à ce sujet, mais inquiète de savoir comment cela va se passer pour la deuxième dose ! Un autre vaccin… effets "interactifs" entre les deux… troisième dose prévue si ce n’est pas le même ? J’espère sincèrement que la vaccination avec l’AstraZeneca pourra reprendre. » Fabrice aussi angoisse : « J’espère que ma deuxième injection, prévue à la mi-mai aura bien lieu. Et si oui avec quel vaccin ? Utiliser autre chose que l’AstraZeneca pour la deuxième injection m’inquiéterait… »

Pour l’instant, c’est la grande inconnue. Laurent Chambaud, directeur de l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), que nous interrogions ce matin a déclaré : « Est-ce que les personnes vont faire une deuxième injection par AstraZeneca ou par un autre vaccin, en fonction de leur complémentarité ? Ça reste à déterminer. »