Coronavirus : C’est aux maires « de décider des modalités d’un reconfinement éventuel », affirme Baroin

EPIDEMIE Le président de l'Association des maires de France s'est montré très critique contre l'Etat et le gouvernement

J.-L.D. avec AFP

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François Baroin, président de l'Association des maires
François Baroin, président de l'Association des maires — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Le président de l’Association des maires de France François Baroin veut confier aux maires le soin de « décider des modalités d’un reconfinement éventuel » ou du « couvre-feu ».  « Je demande un réexamen de l’état d’urgence sanitaire pour permettre aux maires d’avoir un rôle actif dans la gestion et l’organisation des mesures de prévention sanitaires », a expliqué le maire (LR) de Troyes dans un entretien publié ce dimanche par Le Parisien.

« C’est à eux de décider des modalités d’un reconfinement éventuel, d’un couvre-feu et de son heure, de rouvrir ou de fermer les établissements qui reçoivent du public et ce, en lien avec le représentant de l’Etat et l’agence régionale de santé (ARS), en fonction de l’évolution locale du virus », a-t-il plaidé. Il demande aussi que « les ARS soient coprésidées par les présidents de région ».

Un an d’état d’urgence, trop lassant ?

« La territorialisation fait partie de nos revendications légitimes depuis le début parce que, dans la proximité, les élus locaux savent mieux faire que l’Etat » qui, selon lui, « amplifie » les problèmes « par son manque de moyens pour agir en proximité ».

François Baroin s’inquiète également pour les libertés publiques car « un an d’état d’urgence, c’est beaucoup, la question de son maintien se pose vraiment, car l’urgence devient la norme ». Il considère que « cette réduction spectaculaire des libertés fondamentales », devrait faire l’objet d’un contrôle par le Parlement « tous les quinze jours ».

« Je ne crois pas qu’on puisse enfermer un pays durablement »

« On ne comprend plus rien de ce que fait le gouvernement et de ce que fait le président de la République » qui « annonce des décisions tout seul », a déploré pour sa part sur LCI le maire EELV de Grenoble Eric Piolle. Le potentiel candidat écologiste à la présidentielle réclame donc « plus de clarté » sur « la stratégie du président de la République » qui a engagé une « course entre la vaccination et le confinement ». « Quels sont les critères pour dire si cette course est gagnée ou pas ? », a-t-il interrogé. Pour sa part, le chef du Modem François Bayrou, allié d’Emmanuel Macron, a estimé qu’éviter le reconfinement était « un pari absolument juste ».

« Je ne crois pas qu’on puisse enfermer un pays durablement », a-t-il ajouté sur franceinfo et France Inter, en estimant qu’Emmanuel Macron avait voulu faire le pari de rendre « cette situation de lutte contre le virus socialement et familialement acceptable ». Pour lui, il faut « aujourd’hui réfléchir à de nouvelles décisions » comme « rendre le plein air » qui « n’est pas un lieu de contamination » à la population - parcs, quais, bois, forêt - en l’informant mieux sur les gestes barrières.

« Il y a un travail d’éducation populaire très important qui pour l’instant, je trouve, n’a pas été fait », a-t-il jugé, estimant que « les Français ne sont pas très au clair sur la manière dont le virus se transmet ».