TikTok : Le phénomène Carla Valette, cette étudiante en médecine qui réussit à rendre cool la santé

RESEAUX Etudiante en médecine à Toulouse, Carla Valette a réussi en moins de quatre mois à séduire plus de 900.000 d’abonnés sur TikTok en parlant santé

Béatrice Colin

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Carla Valette, étudiante en médecine à Toulouse, dispense son savoir santé dans de mini-vidéos funky sur TikTok.
Carla Valette, étudiante en médecine à Toulouse, dispense son savoir santé dans de mini-vidéos funky sur TikTok. — Carla Valette
  • Depuis le mois de novembre, Carla Valette, une étudiante en médecine toulousaine, parle santé sur TikTok.
  • Avec plus de 918.000 abonnés, elle distille avec humour ses connaissances médicales apprises sur les bancs de la fac.
  • Un succès auquel la jeune femme de 23 ans, simple et discrète, ne s’attendait pas.

Elle est timide mais elle se soigne. Carla Valette, étudiante en médecine en cinquième année à Toulouse, a choisi une nouvelle forme de thérapie pour vaincre ses appréhensions en public :  TikTok. Et le remède semble fonctionner. Aujourd’hui, les courtes vidéos « santé » de la jeune femme de 23 ans sont suivies par plus de 918.000 abonnés.

Lorsqu’elle crée son compte il y a un peu moins d’un an, l’idée de partager ses connaissances médicales acquises sur les bancs de la faculté n’était pas une priorité. « Et puis j’ai vu qu’il existait des comptes à l’étranger qui le faisait, je trouvais ça sympa, je me suis alors dit que j’allais faire les choses à ma façon, de façon simple et utile, tout en étant cadré », poursuit Carla qui, en novembre, a décidé de se lancer. D’autant que ce réseau social était jusqu’alors peu utilisé par les membres de la communauté médicale.

Et cela a rapidement plu puisqu’en quatre mois elle a multiplié par dix son nombre de followers, sans coup de pub ni soutien d’influenceurs bien connus. Parlant à un public jeune, elle connaît leurs codes et le langage qu’ils emploient, sait choisir les images qui vont leur parler. « Les gens viennent spontanément, ça se fait tout seul et c’est ce qui est le plus gratifiant », reconnait-elle.

Ni « docteur love », ni condensé du Vidal

Elle y parle coloscopie, phobie ou encore vasectomie, en moins de trente secondes elle vulgarise le jargon médical, sans chichi, ni vulgarité mais toujours avec le sourire. Elle aborde aussi beaucoup la sexualité, sans se transformer pour autant une docteur love au féminin. « Ce sont les sujets qui font le plus de vues. Du coup j’ai compris qu’il y avait besoin d’informer à ce niveau-là. Mais je ne me spécialise pas là-dedans. Je réfléchis aux problèmes de santé et aux questions les plus fréquentes dans la société, je parle de chirurgie, d’appendicite, d’urologie, de greffes de peau, je touche à tout et vois ce qui plaît », insiste l’externe originaire du Tarn.

Si elle prend du plaisir à tourner ses vidéos et les partager, sa priorité reste ses études. Et comme cela ne lui prend pas des heures, elle arrive aisément à concilier les deux. Elle ne s’interdit pas à terme de passer à une version plus aboutie, comme une chaîne YouTube, mais pas avant d’avoir terminé son externat.

Son succès est tel qu’elle a réussi à séduire les responsables d’un compte certifié qui produit du contenu éducatif. Contrairement aux petits jobs étudiants qu’elle a exercés jusqu’à présent, là elle prend du plaisir à réaliser un travail rémunéré. Si elle assure que « son quotidien n’a pas changé », cette aventure lui a permis en tout cas de passer un cap, celui « d’être plus à l’aise en société, même si je suis toujours timide », assure Carla, avec sincérité. Oubliant presque un instant que, chaque jour, elle parle à des milliers de personnes en toute simplicité.