Coronavirus à Amiens : Espoir d'un traitement contre le Covid-19 avec une étude clinique reconnue « priorité nationale »

RECHERCHE Une étude clinique contre le coronavirus, menée par le centre hospitalier d’Amiens, va bénéficier du label « priorité nationale de recherche »

Gilles Durand

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Le centre hospitalier universitaire d'Amiens.
Le centre hospitalier universitaire d'Amiens. — Baziz Chibane / SIPA
  • Le centre hospitalier d’Amiens a reçu, en janvier, le label « priorité nationale de recherche » pour une étude clinique baptisée Cov-NI.
  • Il s’agit d’un traitement original basé sur les interférons-béta inhalés et testés sur des patients atteints du Covid-19.

Edit, le 29 mars : La région Hauts-de-France précise, par la voix du vice-président (UDI) chargé du dossier, Daniel Leca, que la demande de subvention du mois de mai n’émanait pas officiellement du CHU d’Amiens. « La première demande date du 23 juillet et nous y avons répondu favorablement en finançant 63 % de l’étude », explique-t-il à « 20 Minutes ».

Le centre hospitalier d’Amiens a plus de chance que l’Institut Pasteur de Lille. L’établissement de santé et de recherche a reçu, en janvier, le label « priorité nationale de recherche » pour une étude clinique baptisée Cov-NI. Il s’agit d’un traitement original testé sur des patients atteints du Covid-19.

C’est ce même label ministériel qui a été refusé à Pasteur pour accélérer les recherches sur le repositionnement d’un médicament prometteur, déjà sur le marché, et qui avait fait ses preuves lors de recherches in vitro.

La piste des interférons

De leur côté, les chercheurs d’Amiens se sont engagés sur une autre piste : celle des interférons, une protéine de défense face aux virus. L’originalité du traitement réside dans l’administration d’une molécule – dont le nom est tenu secret – directement dans les poumons, là où se concentre le virus. A noter que cette méthode d’interférons-béta inhalés est davantage utilisée en Chine qu’en Europe.

« Cela nous permet d’avoir des concentrations suffisantes pour les effets antiviraux recherchés tout en limitant les effets indésirables car cela ne passe pas dans le sang », explique, sur le site des Hauts-de-France, Aurélien Mary, docteur en sciences et en pharmacie et pharmacien clinicien en service de réanimation au CHU d’Amiens.

Des recherches engagées en février 2020

Les premiers travaux de recherche avaient commencé en février 2020. A cette époque, le CHU d’Amiens était le premier à accueillir des patients atteints du Covid-19. Les malades venaient de l’Oise où les premiers foyers épidémiques étaient apparus à Creil.

Des projets concrets de recherche sur le Covid-19 avaient alors été rapidement mis en place par les chercheurs du CHU d’Amiens. Mais l’essai clinique n’a démarré qu’à l’automne 2020 sur des patients atteints de la Covid-19 à Amiens. Une phase de recrutement auprès d’autres centres hospitaliers de la région avait ensuite été lancée.

En fonction de l’évolution du patient, le traitement dure une dizaine de jours. Le suivi dure ensuite environ un mois. Selon Le Courrier Picard, une vingtaine de patients ont déjà subi ces soins. Contacté par 20 Minutes pour connaître les premiers résultats de cette étude clinique, le CHU d’Amiens n’a pas donné suite.

Subvention de 200.000 euros de la région

Cette étude a pourtant bénéficié de l’appui financier de la région des Hauts-de-France à hauteur de 1300.000 euros, en octobre 2020. Une demande subvention pour soutenir cet essai clinique avait déjà été proposée, en mai, par le Rassemblement national (RN), force d’opposition au conseil régional. Demande refusée à l’époque par l’exécutif.

Dans un communiqué, le RN exprime sa satisfaction de voir ce projet de recherche labellisé, tout en regrettant « tant de temps perdu ». « L’Etat labellise cette étude presque un an après le déclenchement du processus lié à cet essai. Quand on voit l’urgence de la situation, nous ne pouvons que regretter la lenteur des décisions. »