Coronavirus : Près de quatre jeunes sur dix ont pris du poids depuis le premier confinement, selon notre baromètre OpinionWay

CONFINEMENT, UN AN APRES Notre baromètre #MoiJeune 20 Minutes – OpinionWay indique également que 18 % des 18-30 ans ont totalement arrêté le sport

Oihana Gabriel
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Illustration d'une personne prenant son tour de taille.
Illustration d'une personne prenant son tour de taille. — Pixabay
  • Un an après l’entrée en vigueur du confinement, décrété le 17 mars 2020 pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, 20 Minutes s’intéresse aux conséquences des douze mois écoulés sur la vie des Français. Et notamment celle des jeunes.
  • Notre baromètre #MoiJeune 20 Minutes – OpinionWay s’est notamment penché sur l’hygiène de vie des 18-30 ans. Résultat : 39 % des jeunes disent avoir pris du poids depuis un an, quand 23 % ont fait moins de sport et 18 % ont totalement arrêté.
  • Pas facile, en effet, de garder la ligne quand l’alimentation devient un des seuls plaisirs du quotidien et que les possibilités de faire du sport sont limitées.

La pizza du vendredi soir, une petite glace devant la télé, une bière pour se remonter le moral… Un an après le premier confinement, les petits plaisirs de la mi-vie en couvre-feu ou en confinement se résument souvent à du gourmant ou à de l’alcoolisé. De quoi soigner (avec modération) son mental, mais pas forcément sa bedaine. Résultat : de nombreux Français lisent sur leur balance l’impact d’un an de Covid-19. Même les plus jeunes.

Selon notre baromètre #MoiJeune 20 Minutes – OpinionWay*, 68 % des 18-30 ans ont vu leur poids changer depuis la crise. Plus en détail, 39 % des jeunes interrogés ont pris du poids pendant cet « annus horribilis » ; 7 % de façon importante et 32 % de façon modérée. Sur la page Facebook de notre  groupe Moi Jeune, Benyamin témoigne et ne cache pas que la solitude et le manque de sport n’ont pas aidé à garder la ligne. « Je faisais du cyclisme et du badminton. Badminton, c’est fermé. Cyclisme, c’était pas possible pendant les confinements, explique-t-il. J’ai pris trois kilos pendant le premier confinement (fait avec mes parents, en faisant gaffe), près de 20 kg depuis octobre en étant seul, en faisant moins attention et en travaillant. »

« Beaucoup allaient courir en sortant du travail »

Ce surpoids se conjugue donc avec une raréfaction des activités sportives. Toujours selon notre baromètre, 23 % des 18-30 ans interrogés ont fait moins de sport depuis un an. Et 18 % ont totalement arrêté. Pas étonnant quand les sports collectifs restent interdits pour les adultes et au vu des derniers mois gris et froids, peu propices au footing pour les plus courageux…

« Auxquels s’ajoute le couvre-feu dès 18 heures depuis des mois, rappelle Vanessa Bedjaï-Haddad, nutritionniste et diététicienne à Paris. Beaucoup de jeunes allaient courir en sortant du travail. » Difficulté supplémentaire : la fermeture des salles de sport. « Je n’ai jamais été sportive et je suis incapable d’en faire chez moi (j’ai essayé tant de fois), mais après le confinement, j’ai ressenti dans toutes les fibres de mon corps le besoin de bouger, explique Chloé. Je me suis inscrite à une salle de sport l’été dernier et c’était vraiment top ! Je faisais plusieurs sessions par semaine et je me sentais vraiment bien. Puis deuxième confinement et depuis, plus rien. J’avais fait tellement de progrès, c’est comme m’être pris un gros stop. »

En jogging, on sent moins les kilos

Pour Vanessa Bedjaï-Haddad, il y a vraiment eu deux phases dans cette longue année. « Une première au printemps, où les jeunes ont pu perdre du poids. Moins de bars, de restos, d’occasions de boire. Il y avait l’excitation de l’inconnu, l’envie de cuisiner… » Et de ne pas lâcher la demi-heure d’abdos-fessiers devant l’écran ou le footing en soirée. « Mais très vite, quand ce nouveau rythme s’est installé, j’ai constaté une lassitude, et beaucoup de jeunes se sont mis à commander leurs repas, reprend la diététicienne. Manger est devenu un réconfort et la seule source de distraction. »

Même avec de la bonne volonté, pas facile donc de ne pas craquer. « J’essaye de faire attention et je prends du temps pour faire plus de cuisine, raconte Astrid. Mais j’avoue avoir mon petit verre de vin certains soirs pour le moral. J’ai quand même pris trois kilos. » Et qui dit nourriture dit aussi sociabilité. « On va moins se balader parce qu’avec le masque, c’est moins agréable, souligne-t-elle. Quand on se retrouve, c’est pour manger. Le nouveau loisir, c’est la gourmandise ! » Preuve, selon elle, de cette nouvelle tendance : le succès des boutiques de bubble tea, de pâtisseries et de sucreries, où les jeunes se pressent.

D’autant qu’avec le télétravail et les cours en ligne, les jeunes marchent de moins en moins. Et ont énormément d’occasions de grignoter… « Quand on est en jogging toute la journée, on sent moins les kilos qui s’installent, rigole Vanessa Bedjaï-Haddad. J’entends beaucoup dans mon cabinet "je ne les ai pas vus venir". »

« Vous avez des circonstances atténuantes »

Mais la diététicienne l’assure : il suffit de peu pour retrouver un peu d’équilibre. Choisir un poke bowl ou une salade au lieu d’une pizza quand on commande, marcher quotidiennement, prendre les escaliers, manger léger quand on fait moins de sport… « Il ne faut pas que le discours soit trop anxiogène, avec l’alimentation ou le sport : vous avez des circonstances atténuantes, ce n’est facile pour personne ». Selon elle, cette année moyennement saine pour de nombreux Français, en particulier les jeunes, ne risque pas de provoquer des dégâts à long terme. « Les kilos, ça se perd. À condition de se remettre au sport quand on le pourra. Et de ne pas se décourager ou mettre la barre trop haut. »

Et pour la diététicienne, l’espoir est sauf car il y a une vraie prise de conscience, ces dernières années, sur l’hygiène de vie dans la jeunesse. « Certains ont de mauvaises habitudes, mais en connaissance de cause. C’est une première étape. Les enfants sont sensibilisés à l’école, au travers de la télé. Cette conscience va protéger cette génération d’excès. Pour l’instant, ce n’est pas évident. Mais l’important, c’est que ces mauvaises habitudes ne s’installent pas. »

* Étude #MoiJeune 20 Minutes – OpinionWay réalisée en ligne du 25 au 26 février 2021 auprès d’un échantillon représentatif de 695 jeunes âgés de 18 à 30 ans (méthode des quotas).

Si vous avez entre 18 et 30 ans, vous pouvez participer au projet « #MoiJeune », une série d’enquêtes lancée par 20 Minutes et construite avec et pour les jeunes. Toutes les infos pour vous inscrire en ligne  ici.