Coronavirus en Paca : « Je suis contre de nouvelles restrictions », prévient le président de la région Renaud Muselier

INTERVIEW Le président LR de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur Renaud Muselier appelle à un renfort des contrôles dans les départements en vigilance renforcée de la région  

Propos recueillis par Mathilde Ceilles

— 

Le président de la région Paca Renaud Muselier
Le président de la région Paca Renaud Muselier — Daniel Cole/AP/SIPA
  • Le Var et les Bouches-du-Rhône échappent au confinement, tandis que les Hautes-Alpes rejoignent la liste des départements en vigilance renforcée.
  • Le Premier ministre a appelé les départements de ces régions à prendre en revanche de nouvelles mesures.
  • Le président LR de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur Renaud Muselier s’oppose à de nouvelles restrictions, au profit d’un renfort des contrôles.

Pas de confinement, mais des mesures renforcées qui doivent être prises urgemment par les préfets. Alors que le Premier ministre Jean Castex a annoncé que le Var et les Bouches-du-Rhône ​échappaient au confinement, le président LR de région Provence-Alpes-Côte d’Azur Renaud Muselier appelle à un renfort des contrôles, en lieu et place de potentielles nouvelles mesures restrictives.

Les Hautes-Alpes rejoignent le Var et les Bouches-du-Rhône dans la liste des départements dits en vigilance renforcée. Comprenez-vous cette décision du gouvernement ?

Les Hautes-Alpes connaissent une poussée, mais plus en taux de réanimation qu’en taux d’incidence. Il faut rester vigilant. Après, l’essentiel dans notre région, c’est quand même que les Bouches-du-Rhône et le Var échappent au confinement. C’est quand même ce qu’on avait demandé. Il y a un changement de méthode très net avec maintenant des critères qui restent les mêmes pour renforcer des mesures sanitaires territorialisées, comme je le réclame depuis des mois. Aujourd’hui, il faut surveiller ces différents territoires, en se basant notamment sur les eaux usées qui permettent d’anticiper l’évolution à plusieurs jours. Et il faut surtout un ciblage maximal de la vaccination appliquée dans les Alpes-Maritimes.

Mais cela ne pose-t-il pas un problème d’équité entre les territoires ?

Mais non ! C’est une question de logistique par rapport à un foyer épidémique ! Quand on a un foyer, il faut l’éteindre, il faut les aider. Quand ça brûle, on envoie le Canadair ! Là, il faut augmenter le nombre de doses dans les Alpes-Maritimes qui connaissent une souffrance majeure en raison du confinement le week-end. Il faut cibler les vaccinations en prenant des doses dans les départements moins touchés.

Le Premier ministre appelle à prendre dès vendredi soir des mesures supplémentaires dans les départements en vigilance renforcée. Pensez-vous qu’il faille fermer les plages dans le Var ou à Marseille, comme l’a fait Christian Estrosi à Nice ?

Mais ici, on n’a pas du tout les mêmes chiffres ! Christian a été obligé de faire comme ça, avec un taux de remplissage des réanimations de 123 %, un taux de positivité de 10 % et une incidence entre 600 et 700. Chez nous, il faut contrôler de façon très stricte tous les lieux de regroupement.

Lesquels ?

Tous les lieux de regroupement naturels. Il suffit de voir ce qu’il s’est passé le week-end dernier. Sur le Vieux-Port, personne ne portait le masque. Donc il faut des contrôles pour faire en sorte que la distanciation et les gestes barrières soient respectés ! Avec le maire de Marseille, nous avons une concordance absolue sur le sujet.

Donc vous vous opposez à ce que les préfets prennent de nouvelles restrictions ?

Je suis contre, et ça, je l’ai dit depuis le début. Je pense qu’il faut apprendre à vivre avec la maladie, en se donnant les moyens pour cela, comme n’importe quel malade. Donc il faut des contrôles, et aussi des expérimentations, comme ouvrir les terrasses comme cela se fait en Italie.