Coronavirus : Que sait-on du nouveau variant dit « new-yorkais » ?

PANDEMIE Ce variant pourrait se révéler plus contagieux que les autres

Rachel Garrat-Valcarcel

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Un camion de tests de dépistage ambulant à New York. (illustration)
Un camion de tests de dépistage ambulant à New York. (illustration) — Lev Radin/Pacific Press/Shutterstock/SIPA
  • Après le variant « anglais », « brésilien » et « sud-africain », voici le variant « new-yorkais », qui flambe dans la métropole américaine.
  • A priori plus contagieux, il se rapproche du variant sud-africain, plus coriace à affronter pour les vaccins.
  • Les chercheurs se veulent néanmoins encore très prudents alors que les informations sont pour le moment parcellaires.

C’est le nouveau variant dont tout le monde parle et il est new-yorkais cette fois. Des variants du coronavirus, on en a déjà compté plus de 20.000 depuis le début de la pandémie, rappelle RTL, mais le grand public n’est sensibilisé à cette question que depuis le mois de décembre et l’émergence du variant « anglais ». Depuis, on parle aussi d’un variant dit « brésilien » et d’un autre dit « sud-africain ». 20 Minutes a voulu savoir ce qu’il en était de ce nouveau venu, outre-Atlantique.

Pourquoi ce variant est-il « new-yorkais » ?

Le nouveau variant a un nom scientifique : B.1.526. Comme d’habitude il prend plus communément le nom du pays ou de la région où il a été observé pour la première fois, qui n’est pas forcément la zone dans laquelle il est réellement apparu. Il peut avoir circulé à bas bruit pendant un temps, avant d’être effectivement repéré ailleurs. Dans ce cas, à New York, l’une des villes des Etats-Unis les plus touchées par la pandémie, notamment pendant la première vague. Si l’on en croit la presse américaine, c’est en novembre 2020 qu’il a été observé pour la première fois, sur l’île de Manhattan.

Tout est allé très vite depuis la fin 2020. D’après Le Figaro, fin février, au moins un quart des cas de Covid-19 à New York étaient des cas du nouveau variant. Ce n’était que 3 % des cas en janvier. Interrogé par le quotidien, Antoine Flahault, professeur en santé publique à l’université de Genève, n’est pas surpris : « Ce n’est pas un hasard que la mutation prenne de l’ampleur aux États-Unis : un variant a plus de champ libre dans des régions du monde où le virus circule beaucoup. » Rappelons aussi que la métropole new-yorkaise, et particulièrement Manhattan, est d’une des zones les plus densément peuplées du monde, ce qui aide au développement d’une épidémie.

Ce variant est-il plus dangereux que les autres ?

« Beaucoup d’inconnues subsistent », prévient le conseiller sanitaire en chef de l’administration américaine, Anthony Fauci. Deux études ont néanmoins récemment été réalisées aux Etats-Unis : la première par l’université new-yorkaise de Columbia, l’autre par un groupe de chercheurs du California Institute of Technology. Si le New York Times précise que ces études n’ont pas encore été relues par des pairs ou publiées dans une revue scientifique, comme le protocole scientifique l’exige, les résultats sont cohérents et montrent une réelle dissémination du variant.

Comme pour ces trois cousins plus connus, le variant new-yorkais se définit par une modification de la protéine spike, la « couronne » qui donne son nom au « coronavirus ». C’est avec cette protéine que le virus entre dans les cellules. Il s’agit donc d’une mutation qui rend le Covid-19 plus contagieux. Comme le rappelait Le Monde en janvier, « paradoxalement, un virus plus contagieux peut faire nettement plus de dégâts qu’un virus plus mortel ». Car c’est la contagiosité et la capacité du virus à se disséminer qui est le facteur-clé.

Par ailleurs, dans ces études, qui restent à confirmer, sur le nouveau variant, il semble que les personnes âgées soient encore plus durement touchées que d’habitude. Les patients contaminés par cette souche du Covid-19 déclarent plus souvent des cas graves et sont donc davantage hospitalisés.

Faut-il s’inquiéter de l’efficacité des vaccins ?

Il est encore un peu tôt pour avoir des indications claires à ce sujet. Bien sûr, chaque variant fait craindre une moindre efficacité du vaccin. En l’occurrence, l’inquiétude vient de fait que ce nouveau variant semble ressembler à celui dit « sud-africain », jusqu’ici plus difficile à combattre que le variant dit « anglais », par exemple. Dans Le Figaro, Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille, se veut sinon rassurant en tout cas prudent : il rappelle que « le vaccin Johnson & Johnson [le dernier sorti aux Etats-Unis] aurait 60 % d’efficacité » sur le variant sud-africain. De quoi donner de l’espoir pour le variant new-yorkais.

Un taux d’efficacité de 60 %, c’est évidemment moins bien que 90 %, mais ce n’est quand même pas rien. RTL a noté qu’Anthony Fauci jugeait que, même dans ces conditions, le vaccin « reste dans le coussin d’efficacité ». En matière de réduction des risques sanitaires, ce n’est pas « tout ou rien », un vaccin, une médication ou une mesure prophylactique (le confinement, les gestes barrières…) efficaces à 60 % restent un bon point pour tenter d’éviter, par exemple, la saturation des hôpitaux et, in fine, des décès.