Rennes : Un nouveau traitement contre le cancer du foie testé au CHU

RECHERCHE Un patient de 59 ans a été traité grâce à un procédé d’immunothérapie cellulaire

J.G. avec AFP

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Illustration de chercheurs.
Illustration de chercheurs. — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
  • Un nouveau traitement contre le cancer du foie vient d’être testé sur un patient au CHU de Rennes.
  • L’expérimentation a été menée en utilisant une approche d’immunothérapie cellulaire.
  • Des tests similaires sont également menés à Paris et Marseille.

C’est l’un des cancers les plus difficiles à prendre en charge. Son incidence ne cesse pourtant de progresser avec plus de 10.000 nouveaux cas par an en France. A Rennes, un nouveau traitement contre le cancer du foie vient d’être testé sur un patient dans le cadre d’une étude internationale. L’expérimentation a été menée par les équipes du CHU et du centre Eugène Marquis grâce à une approche d’immunothérapie cellulaire, qui consiste à « reprogrammer » des globules blancs du patient pour qu’ils attaquent le cancer.

Cette technique est déjà utilisée depuis plusieurs années pour traiter des cancers « liquides » (leucémie, lymphomes) pour lesquels les traitements classiques n’ont pas fait leurs preuves mais elle ne l’est pas encore pour les cancers « solides ». Le patient sélectionné, âgé de 59 ans, est atteint d’un « hépatocarcinome » à un stade avancé, la forme la plus fréquente du cancer du foie et celle qui cause le plus de décès. Les traitements classiques n’ont pas permis à ce stade de faire régresser la maladie chez ce patient.

Les résultats connus d’ici deux à trois ans

« Pour l’instant, le traitement s’est bien passé, il est toutefois trop tôt pour parler d’efficacité. Les résultats ne pourront être connus qu’une fois l’étude terminée et analysée, d’ici 2 à 3 ans », précise le professeur Roch Houot du CHU de Rennes.

La technique consiste schématiquement à « prendre des globules blancs du patient, qui normalement sont faits pour reconnaître les microbes, et à les reprogrammer en laboratoire pour reconnaître les cellules cancéreuses, avant de les réinjecter dans le sang », précise Roch Houot. Les lymphocytes sont « équipés à leur surface d’un petit récepteur qui les rend capables de reconnaître les cellules cancéreuses et de les détruire », ajoute-t-il.

Outre Rennes, deux autres hôpitaux français, à Marseille et Paris, participent à cet essai. D’autres essais thérapeutiques devraient être lancés dans les prochains mois sur d’autres cancers.