Coronavirus dans le Rhône : Le point sur la situation sanitaire dans le département, susceptible d’être reconfiné

COVID-19 Le département fait partie des vingt territoires placés sous surveillance renforcée selon les annonces faites ce jeudi par Jean Castex

Elisa Frisullo

— 

Illustration d'un service d'urgence à Lyon.
Illustration d'un service d'urgence à Lyon. — Elisa Frisullo / 20 Minutes
  • Le Rhône fait partie des vingt territoires placés sous surveillance renforcée et donc susceptibles d’être confinés le week-end, selon les annonces faites ce jeudi par Jean Castex.
  • « 20 Minutes » a étudié les indicateurs de suivi du Covid-19 pour y voir plus clair.

Après un plateau observé depuis plusieurs semaines et une pression maîtrisée dans les hôpitaux, l’épidémie de coronavirus est-elle sur le point de flamber de nouveau dans le Rhône? C’est en tout cas l’inquiétude du gouvernement qui a placé, ce jeudi, le département parmi les vingt territoires sous surveillance renforcée, susceptibles donc d’être confinés le week-end si la situation ne s’améliore pas.

Pour comprendre ce qui a motivé cette décision, 20 Minutes a scruté les indicateurs de suivi du coronavirus, mis à jour quotidiennement sur le site de Santé publique France.

Le virus circule un peu plus

Pour mesurer la circulation du virus dans la population, il faut s’attarder sur le taux d’incidence de la maladie. Sur la semaine glissante du 16 au 22 février, il s’établit à 221 cas pour 100.000 habitants contre 212 la semaine précédente. Un taux en hausse donc mais nettement inférieur à celui observé à l’automne au pic de la deuxième vague. Il était alors de plus de 930 pour 100.000 habitants début novembre.

Le variant anglais bien présent

Ce qui inquiète les autorités, c’est la part des variants et notamment du variant britannique dans les nouvelles contaminations. Il représente aujourd’hui la moitié des infections Covid-19 dans le Rhône, selon le virologue lyonnais Bruno Lina, membre du conseil scientifique national. Ce qui explique que le taux d’incidence a tendance à progresser, la forme britannique étant plus contagieuse.

La pression hospitalière encore maîtrisée

Dans les hôpitaux, où la situation s’est stabilisée depuis plusieurs semaines. Les hospitalisations repartent à la hausse. Pas de manière exponentielle mais suffisamment pour alerter les autorités. En une semaine, le nombre de malades Covid + hospitalisés dans le Rhône est passé de 779 à 797. En réanimation, la situation est stable avec 151 patients actuellement accueillis. Ils étaient 285 lors du pic épidémique de mi-novembre. L’occupation de ces services reste forte puisque depuis la décrue de l’épidémie en fin d’année, les lits supplémentaires ouverts au plus fort de la crise, ont été progressivement refermés.

Au sein des Hospices civils de Lyon par exemple, 180 lits sont « armés » actuellement pour les patients Covid + contre 277 lors du pic de novembre et 139 places dédiées à la réa en temps normal. Le taux d’occupation de ces services, qui rappelons-le accueillent des patients atteints d’autres pathologies que le coronavirus toute l’année, frôle donc toujours les 94 %.

La vaccination avance lentement

L’une des raisons qui fait craindre un rebond épidémique est la faible immunité de la population dans le département comme au niveau national. La vaccination, lancée en janvier, se poursuit chaque jour mais avance lentement. Au 24 février, selon les dernières données de Santé publique, 3,4 % de la population (tout âge confondu) a reçu au moins une dose de vaccin et 1,8 % les deux doses. Chez les plus de 75 ans, les plus exposés à une forme grave de la maladie, la couverture vaccinale est plus haute : 19,8 % d’entre eux ont reçu une première injection et 10,4 % les deux. Pour les résidents des Ehpad, les premiers à avoir été vaccinés contre le Covid dès début janvier, les taux progressent encore, avec 77,6 % des personnes ayant reçu la première injection et 41,5 % les deux doses.