Rennes : 60 % des étudiants sont « en détresse psychologique », selon une étude scientifique

SOLITUDE Un étudiant sur cinq avoue souffrir de troubles dépressifs et près de 40% évoquent des troubles anxieux

Camille Allain

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Des étudiantes sur le campus de Rennes 2 à Villejean.
Des étudiantes sur le campus de Rennes 2 à Villejean. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

On ne peut plus faire semblant de ne pas savoir. Confrontés à des cours majoritairement distillés à distance, à l’absence de vie sociale et à une précarité grandissante, les étudiants français vont mal. De nombreux témoignages, appuyés de plusieurs enquêtes​, sont venus le rappeler ces dernières semaines. Jeudi, c’est une nouvelle étude scientifique réalisée à Rennes qui est venue confirmer les craintes. D’après cette enquête, 60 % des étudiants interrogés sont en état de « détresse psychologique ». Pire, un étudiant sur cinq avoue souffrir de troubles dépressifs et près de 40 % évoquent des troubles anxieux.

L’observatoire national de la vie étudiante avait dévoilé les résultats d’une enquête menée suite au premier confinement. Un tiers des étudiants présentait des signes de détresse psychologique. Mais depuis ? Quel impact a eu le deuxième confinement ? Comment ces derniers vivent-ils l’absence de vie sociale, notamment ceux qui sont loin de chez eux. L’étude « Cover » menée à Rennes avait pour but de répondre à ces questions. Pour cela, environ 4.000 étudiants issus de l’École des hautes études en santé publique, de la Rennes School of Business et de Sciences po ont été invités à répondre à un questionnaire en ligne. Près de 800 d’entre eux y ont répondu, soit une mobilisation importante pour ce genre d’enquête.

Cinquante et un pourcent des sondés déclarait « se sentir mal ou plutôt mal »

D’après le groupe de chercheurs issus de l’Ehesp, de l’Institut Pasteur et de Santé Publique France, plus d’un étudiant sur deux « déclarait souffrir d’un sentiment de solitude et près d’un quart bénéficiait d’un faible soutien social ». L’enquête révèle par ailleurs que ses femmes sont « davantage à risque de détresse psychologique et de troubles anxieux » que les hommes. Les auteurs de ces travaux de recherche plaident pour la mise en place d’actions de prévention, notamment sur le plan psychologique, mais aussi pour une reprise « au moins partielle » des cours en présentiel.

Il y a quelques jours, c’est le syndicat de l’université Rennes 2 Union Pirate qui avait dévoilé les inquiétants résultats de son questionnaire en ligne. Cinquante et un pourcent des sondés déclarait « se sentir mal ou plutôt mal ». Pour 56 % d’entre eux, la situation s’est même dégradée depuis novembre et la diffusion d’un même questionnaire. D’après le syndicat étudiant, 21 % des sondés auraient eu des pensées suicidaires ces derniers mois.