Coronavirus : La vaccination ne suffira pas à éviter la hausse des hospitalisations, assure l’Institut Pasteur

ETUDE Une étude de l’Institut Pasteur explique que la vaccination doit s’accompagner de mesures sanitaires supplémentaires

20 Minutes avec AFP

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A l'Institut Pasteur à Paris. (archives)
A l'Institut Pasteur à Paris. (archives) — LIONEL BONAVENTURE / AFP

La progression de la campagne de vaccination contre le Covid-19 en France ne permettra pas, sans restrictions supplémentaires, d’éviter un bond des hospitalisations à un niveau supérieur au pic de la première vague, estime une étude de l’Institut Pasteur publiée mercredi. Ce rebond des hospitalisations, en légère baisse depuis début février, serait lié à la progression du variant d’origine britannique du coronavirus, estimé 50 % plus contagieux que la souche historique. Il devrait représenter la majorité (56 %) des nouveaux cas dès le 1er mars et la quasi-totalité (91 %) un mois plus tard, selon les modélisations des chercheurs.

Dans l’hypothèse où 100.000 doses de vaccins par jour seraient distribuées jusqu’en avril, puis 200.000 par la suite, « on s’attend à avoir 28 % d’hospitalisations en moins au 1er avril, et 46 % au 1er mai », par rapport à un scénario où on n’aurait pas de vaccin disponible, a expliqué Simon Cauchemez, responsable des modélisations mathématiques des maladies infectieuses à l’institut. « On voit que la vaccination » a un réel « impact sur le système de santé », observe-t-il. Mais même si elle « réussit très fortement à atténuer l’impact des variants », la situation restera « compliquée sans réduction supplémentaire des taux de transmission ».

Ecraser la dynamique l'épidémie pour retarder la reprise

Si le calendrier de ce nouveau pic est difficile à prévoir, « dans la majorité des scénarios on s’attend à ce qu’il y ait une reprise ». Le nombre de nouvelles hospitalisations pourrait frôler 4.500 par jour, contre environ 3.750 au pic de la première vague, et un peu plus de 2.500 pour la deuxième. Les hôpitaux français ont enregistré 9.362 hospitalisations sur les sept derniers jours, selon Santé publique France, soit une moyenne de 1.337 par jour. Pour éviter cette situation, « on a des approches qui marchent bien contre le virus historique, mais qui risquent d’être insuffisantes contre le variant britannique », estime Simon Cauchemez, évoquant notamment le couvre-feu.

Alors que le gouvernement a annoncé un confinement localisé le week-end dans les Alpes-Maritimes et à Dunkerque, l’équipe de chercheurs ne se prononce pas sur l’efficacité de telle ou telle mesure. Mais elle constate qu'« atteindre des réductions importantes du taux de transmission permettrait d’écraser la dynamique de l’épidémie et d’avoir un redémarrage plus tard, à un moment où plus de monde sera vacciné », souligne Simon Cauchemez.

Dans une autre étude, l’Institut Pasteur estime par ailleurs qu’environ 17 % de la population adulte a désormais été infectée par le virus Sars-CoV-2 et donc « pourrait avoir acquis une immunité (au moins partielle et de court terme) ». Ce taux varie fortement selon les régions, de quelque 5 % en Bretagne à 30 % en Ile-de-France. Proche de 25 % chez les 20-39 ans, il décroît ensuite avec l’âge, jusqu’à environ 11 % chez les plus de 70 ans. A la sortie du premier confinement, en mai, l’organisme de recherche estimait « que cette proportion devait se situer aux environs de 5 % au niveau national.