Coronavirus : Non, les masques chirurgicaux ne sont pas bourrés de produits toxiques

FAKE OFF Contrairement à ce que suggère une publication Facebook largement partagée, les masques chirurgicaux ne sont pas empoisonnés

Charles Montmasson

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Une statue masquée, au Trocadéro, à Paris. (archives
Une statue masquée, au Trocadéro, à Paris. (archives — NICOLAS MESSYASZ
  • L’auteur d’un post devenu viral sur Facebook prétend que les masques chirurgicaux bleus contiennent du formaldéhyde et du toluène, deux substances dangereuses.
  • Il se demande si, avec l’obligation de porter un masque dans de nombreux lieux, « la population n’est pas en train de se suicider avec un poison lent ».
  • En réalité, aucune preuve scientifique n’étaye ces propos. L’Afnor rappelle que les règles européennes interdisent les substances dangereuses pour les masques chirurgicaux.

Toxique, le masque chirurgical devenu un objet de notre quotidien pour empêcher la propagation du Covid-19 ? C’est ce que laisse entendre, sur Facebook, un post publié jeudi dernier et qui avait été partagé plus de 800 fois ce mercredi soir. « Est-ce que la population n’est pas en train de se suicider avec un poison lent ? », va jusqu’à demander l’auteur de la publication, un groupe qui se présente par ailleurs sur Telegram comme un mouvement de résistance aux « cabalistes » qui contrôleraient le monde.

Le post Facebook est accompagné d’un schéma, où figurent deux têtes de mort, et ce texte : « Voici la toxicité du formaldéhyde et du toluène. Produits que nous retrouvons dans les masques bleus. » Les deux molécules citées sont représentées, accompagnées d’une liste d’effets toxiques.

Publication Facebook sur la prétendue toxicité des masques
Publication Facebook sur la prétendue toxicité des masques - Capture d'écran Facebook

FAKE OFF

Des masques chirurgicaux peuvent-ils vraiment contenir ces substances ? Pour le savoir, 20 Minutes a tout d’abord joint l’un des principaux fabricants français de masques – qui souhaite rester anonyme. La réponse est sans appel : « Tous nos masques sur le marché sont 100 % polypropylène, et ils sont testés pour la phytotoxicité. » Et la teinte bleue, alors ? « Elle n’est là que pour indiquer le sens, montrer comment mettre le masque, répond notre interlocutrice. Il existe aussi des masques verts ou blancs ! »

Et de souligner que les masques fabriqués par son entreprise sont utilisés depuis des années dans les blocs opératoires et les services hospitaliers. « Je ne maîtrise pas ce que font nos confrères », reconnaît-elle toutefois.

Des matériaux sous contrôle

20 Minutes a donc posé la question à l’Association française de normalisation (Afnor), garante du respect des normes dans l’Hexagone. Comme l’explique Rim Chaouy, responsable du pôle « santé et sécurité au travail » à l’Afnor, des règles encadrent strictement la vente de masques sur le territoire. « Sur la question des matériaux, la réglementation européenne relative aux dispositifs médicaux interdit toute substance dangereuse pour les masques chirurgicaux », souligne-t-elle. Un règlement européen de 2017, reprenant une directive de 1993, le précise.

Un texte qui affaiblit la théorie d’un marché qui aurait été envahi, au nez et à la barbe des autorités, par les masques toxiques.