Rémunérations, manque d'effectifs et de reconnaissance... Les sages-femmes en grève ce mercredi

SOCIAL Les syndicats vont être reçus à 15 heures par le cabinet du ministre de la Santé

X.M.
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Une sage-femme lors de la manifestation du 26 janvier 2021 à Paris (illustration).
Une sage-femme lors de la manifestation du 26 janvier 2021 à Paris (illustration). — SEVGI/SIPA

Les conditions de travail de plus en plus difficiles des sages-femmes les poussent ce mercredi à organiser une journée de grève nationale. C’est la troisième fois depuis le début de l’année que la profession se mobilise. « Le corps médical avait déjà manifesté le 26 janvier, puis le 10 février », rappelle en effet France Inter.

Le ministre de la Santé étant en déplacement ce mercredi à Dunkerque pour discuter de la propagation très rapide du coronavirus dans cette ville du Nord, les représentants syndicaux n’ont obtenu un rendez-vous à 15 heures qu’avec son cabinet. Comme l’explique Elisa Étienne, sage-femme au centre hospitalier de Valence dans la Drôme depuis 17 ans, à la radio publique, le but sera de rappeler aux autorités l’importance d’une profession « en manque d’effectifs, sous rémunérée et au statut médical non reconnu ».

Des rémunérations sources de la colère

Il faut dire que la question des salaires cristallise les mécontentements. « Une sage-femme en fin de carrière gagne 3.000 euros, c’est le salaire des jeunes diplômés dentistes », compare la sage-femme drômoise, qui dit n’avoir pas dépassé les 1.700 euros mensuels en début de carrière. Et, le coup de pouce du gouvernement en 2020 lors du Ségur de la Santé n’aura pas apaisé la situation.

La revalorisation pour les sages-femmes n’aura été que de 183 euros par mois, soit celle dédiée aux professions non médicales. « Les professions médicales ont été augmentées de plus de 1.000 euros : pourquoi une différence de traitement pour les sages-femmes ? », s’indigne Elisa sur France Inter.

Une prochaine action le 8 mars

L’organisation nationale syndicale des sages-femmes (ONSSF) appelle donc ce mercredi les professionnels à se réunir devant les établissements hospitaliers et les ARS du pays.

Outre la hausse des effectifs dans les maternités, le syndicat veut obtenir la reconnaissance de ce métier comme profession médicale. Et peu importe la réponse du ministère de la Santé. L’ONSSF a déjà appelé à une nouvelle journée d’actions le 8 mars. La date n’a pas été choisie au hasard : c’est en effet celle de la Journée internationale des droits des femmes.