Coronavirus : Comment va se dérouler la campagne de dépistage à l’école avec les tests salivaires ?

DEPISTAGE Le ministère de l’Education nationale profite de la rentrée des élèves de la zone A pour démarrer une campagne de test massif à l’aide de tests salivaires

20 Minutes avec AFP
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Des tubes de tests salivaires, ici en Espagne.
Des tubes de tests salivaires, ici en Espagne. — OSCAR DEL POZO / AFP
  • Face au risque de contaminations accru au retour des vacances, l’Education nationale espère faire barrage avec des dépistages massifs dans les classes.
  • Jean-Michel Blanquer a annoncé ce samedi, le lancement d’une campagne de tests salivaires, plus simples à réaliser auprès de jeunes enfants et en collectivité.
  • Mais pour l’instant, le nombre de prélèvements prévus dans les deux prochaines semaines reste modeste.

Les vacances sont déjà terminées pour les élèves de la zone A qui retrouveront les salles de classe ce lundi avec un protocole sanitaire modifié à la marge seulement. Mais avec une nouveauté tout de même : le lancement d’une campagne de dépistage dans les établissements scolaires à l’aide des tests salivaires. 20 Minutes vous explique ce qu’il faut savoir sur cette méthode de recherche du Covid-19.

Comment ça marche ?

C’est clairement le test le plus simple sur le marché : le recueil de la salive se fait dans un tube fourni dans un kit de prélèvement, à ne pas mettre ensuite au réfrigérateur. Pas d’histoire de grand coton-tige dans le nez, qui pouvait rebuter certain et certaines. Le prélèvement ne doit pas être fait dans les trente minutes après avoir mangé, fumé ou s’être lavé les dents.

Outre le fait qu’il s’agit d’un test moins invasif (et donc pratique pour les jeunes enfants) il peut se faire à domicile, ou, en l’occurrence, à l’école. Seule condition : le délai de la remise de l’auto-prélèvement au laboratoire doit être le plus court possible et ne pas excéder cinq heures. Pour les enfants de moins de six ans, qui ne savent pas forcément cracher, il y a la possibilité de recueillir la salive à l’aide d’une petite pipette en privilégiant l’auto-prélèvement plutôt qu’au laboratoire, les blouses blanches ayant tendance à impressionner les enfants.

Un résultat fiable rapidement ?

Les résultats sont fiables, mais un peu moins que pour des tests naso-pharyngés. Lors d’une étude réalisée à Toulouse, où on a pratiqué sur les mêmes personnes un dépistage salivaire et un dépistage naso-pharyngé, les premiers ont pu détecter plus de 82 % des personnes effectivement positives, rapporte LCI. Ça fonctionne moins bien sur les personnes qui ont une charge virale plus faible, comme pour n’importe quel test. Néanmoins, ce « défaut » est compensé par la facilité du test et par le fait qu’une personne avec une faible charge virale est moins contagieuse.

En revanche, il ne s’agit pas d’un test rapide. Ces tests salivaires ne sont pas des tests antigéniques, ce sont aussi des tests PCR. Depuis le début de la pandémie, le bon sens populaire a fait de « test PCR » un synonyme de « test naso-pharyngé », ce qui n’est pas vrai. Un laboratoire doit se charger des analyses. Mais, après plusieurs semaines d’embolie du système à l’automne, le temps entre le prélèvement et le résultat d’un test PCR s’est beaucoup réduit.

Quel dispositif ?

La simplicité de ces tests, et surtout le fait qu’ils peuvent être réalisés ailleurs qu’en laboratoire, font qu’ils se prêtent bien aux dépistages dans des collectivités, comme c’est l’objectif ici. C’est d’ailleurs ce que recommande la Haute Autorité de santé (HAS) : il faut s’en servir « surtout pour le dépistage itératif [répété] dans des populations ciblées telles que les écoles, les universités, les Ehpad, le personnel soignant », a précisé Dominique Le Guludec, la directrice de la HAS.

Même s’ils se veulent massifs, ces prélèvements ne seront pas obligatoires. « Une autorisation parentale sera nécessaire », explique le ministère de l’Éducation nationale cité par Ouest-France. Jean-Michel Blanquer a assuré ce dimanche qu'« entre 50.000 et 80.000 tests » seraient réalisés « dès la semaine prochaine », pour atteindre 200.000 tests par semaine. Ces chiffres, s’ils paraissent importants, ne représentent néanmoins qu’une petite fraction des élèves en France. Près de 12,5 millions de personnes vont à l’école, au collège ou au lycée en France. Il faut encore ajouter plus d’un million de personnes pour inclure les personnels de l’Education nationale.