Coronavirus : Contagiosité, dangerosité... 3 Français sur 4 sont inquiets des nouveaux variants

INFO « 20 MINUTES » « 20 Minutes » publie aujourd’hui son 4e Baromètre de la santé YouGov, en partenariat avec Doctissimo

Jean Bouclier

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Des passants dans la rue à Lyon, en août 2020.
Des passants dans la rue à Lyon, en août 2020. — Jeff Pachoud
  • Chaque mois, 20 Minutes, en partenariat avec Doctissimo, présente son Baromètre de la santé YouGov sur les connaissances et les comportements des Français vis-à-vis du coronavirus.
  • Ces dernières semaines, ce sont bien sûr les variants du coronavirus qui retiennent l’attention de la population. Et qui l’inquiètent, notamment à cause de leur contagiosité.
  • Autre enseignement : seule une personne sur cinq pense que la France pourra échapper à un nouveau confinement.

Depuis plusieurs semaines, les variants du coronavirus ressemblent à une épée de Damoclès au-dessus de la tête des Français. Elle n’est pas encore tombée, tant mieux. Mais elle n'est retenue que par un fil. Preuve en est, la mise en garde, jeudi dernier, du ministre de la Santé, Olivier Véran : « Les semaines qui s’annoncent sont clés, la vigilance doit être absolue. ».

Pas étonnant, donc, que ces variants (le britannique, le sud-africain et le brésilien) soient redoutés par les Français. Ces derniers sont 3 sur 4 à être inquiets de leur présence dans le pays, selon les résultats du 4e volet du Baromètre santé YouGov que 20 Minutes dévoile aujourd’hui, en partenariat avec Doctissimo. « Il y a de l’incertitude, de l’inconnu par rapport à l’épidémie. Donc, fatalement, des craintes », analyse le Dr Michaël Rochoy, ancien chef de clinique de médecine générale à Lille. Et le fait d’en parler sans cesse n’aide pas. C’est « l’inquiétude médiatique », pointe le médecin généraliste, désormais installé à Outreau (Pas-de-Calais).

La contagiosité avant la dangerosité

Le degré d’angoisse n’est pas le même selon les âges. Les 18-24 ans sont moins préoccupés (66 %) que les plus de 55 ans (77 %). Logique, sachant que ces derniers représentent le public le plus à risque. Et le niveau de l’appréhension diffère d’une région à une autre : on s’inquiète plus des variants dans le Grand-Est, l’une des régions les plus touchées par l’épidémie, qu’en Bretagne, l’un des territoires les plus épargnés.

Une inquiétude qui se porte d’abord sur la dangerosité des variants (citée dans 20 % des cas) ou la crainte que les vaccins ne soient pas assez efficaces (28 %). Mais c’est avant tout leur contagiosité (36 %) qui alarme, sachant qu’au dernier pointage jeudi, 36 % des cas repérés en France étaient des variants anglais et 5 % les deux autres. « L’émergence de variants peut être plus ou moins gênante, relativise le Dr Rochoy. Car la variation n’est pas un terme péjoratif. On peut imaginer des variants plus transmissibles mais moins létaux, ce qui serait au final une bonne nouvelle ».

Reste que l’inconnu fait peur. Et met à mal les certitudes. Alors qu’en janvier, les Français étaient 54 % à juger leur niveau de connaissance du virus « bon », ils ne sont plus que 47 % dans ce cas. Dans le même temps, la « bonne » connaissance des moyens de se protéger a baissé de 6 points, à 70 %.

Pas de reconfinement ? Seul un Français sur cinq y croit

Derrière cette inquiétude face aux variants, se cache aussi celle du risque de nouvelles restrictions de liberté. Le gouvernement a fait le pari, fin janvier, de ne pas reconfiner le pays. Et garde (pour le moment) le cap. Une stratégie appropriée d’après 57 % de la population. Mais cela tiendra-t-il ? Là, l’optimisme n’est pas vraiment majoritaire : seule une personne sur cinq pense qu’il n’y aura pas de nouveau confinement. A l’inverse, une sur quatre estime qu’il faudra en repasser par là. Et une sur trois que des reconfinements locaux vont sans doute intervenir. Encore faut-il savoir de quel type de confinement il s’agira. « Le premier n’était pas le même que le deuxième, et le couvre-feu est encore autre chose. Le confinement, ça ne veut plus dire grand-chose », s’interroge Michaël Rochoy.

Détail intéressant : alors que les jeunes rencontrent les pires difficultés dans leurs études, leur vie sociale ou sur le marché de l’emploi, ils sont près de la moitié (44 %) à estimer qu’un confinement généralisé est nécessaire. Soit près du double des plus de 55 ans. Pourquoi ? D’abord par pragmatisme, estime le généraliste. « Il y a la volonté de réduire fortement la circulation du virus pour pouvoir revivre comme avant. Une coupure brève, mais importante, pour rouvrir un maximum de choses ensuite ». Mais aussi, peut-être, par altruisme : « Ils ont autour d’eux des personnes à risque et souhaitent les protéger au maximum ».

Dur dans la tête

En voilà une belle preuve de solidarité ! D’autant plus appréciable que la santé mentale des 18-24 ans n’est pas au beau fixe. Toujours selon notre baromètre YouGov, leur « moral » est davantage impacté que le reste de la population dans bien des domaines : baisse de motivation (77 % pour les jeunes, 60 % au global), fatigue générale (70 contre 55 %), pensées dépressives (51 % contre 39 %) et pensées suicidaires (18 % contre 9 %).

A l’approche du premier anniversaire du confinement, le temps semble de plus en plus long. Si bien qu’un Français sur deux affirme avoir des sautes d’humeur à cause de la crise. « Parmi mes patients, beaucoup souffrent d’anxiété, me parlent d’insomnies », assure le Dr Rochoy.

L’adhésion à la vaccination augmente

Mais il y a une lumière (le vaccin) au bout du tunnel. Faute de livraisons suffisantes de doses, le rythme est toujours lent en France, et jugé comme tel. Mais les intentions de se faire vacciner augmentent : 54 % de la population ira se faire inoculer quand viendra son tour, c’est 4 points de plus qu’en janvier.

« La différence (avec le début de la campagne de vaccination), c’est sans doute que de nombreuses personnes en ont parlé avec un professionnel de santé, qui leur a dit de le faire, note Michaël Rochoy. Il y a aussi un effet boule de neige ». Car plus il y a de personnes vaccinées, plus il y a de personnes qui souhaitent être vaccinées. Les plus jeunes devront encore attendre un peu. Mais pour eux, conclut le médecin, ce sera « comme un très beau cadeau de Noël ».

* Enquête réalisée en ligne sur 1.000 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus, sur le panel propriétaire YouGov France, du 15 au 16 février 2021.

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