Coronavirus en Bretagne : Suspendue, la vaccination AstraZeneca va reprendre dans les hôpitaux

EPIDEMIE A Brest et Morlaix, la campagne de vaccination des soignants a été temporairement arrêtée en raison d’effets secondaires

Camille Allain

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Illustration d'un soignant prêt à recevoir une injection du vaccin AstraZeneca.
Illustration d'un soignant prêt à recevoir une injection du vaccin AstraZeneca. — Remo Casilli/SIPA
  • Jeudi, les hôpitaux de Brest et Morlaix avaient suspendu la vaccination de leurs soignants en raison d’effets secondaires.
  • Les unités anti-covid avaient vu plusieurs professionnels souffrir de maux de tête et de fièvre après l’administration du vaccin AstraZeneca.
  • La vaccination va reprendre ce vendredi, assure l’ARS Bretagne, qui veut rassurer sur l’aspect « classique » de ces effets secondaires.

La vaccination des soignants a bien été suspendue dans plusieurs établissements de santé bretons qui utilisaient les doses AstraZeneca jeudi. L’information révélée par Le Télégramme a été confirmée ce vendredi par le directeur de l’Agence régionale de santé bretonne Stéphane Mulliez. « Nous avons reçu des signalements de la part de certains établissements de santé d’effets secondaires non graves comme la fièvre et les céphalées (maux de tête). Ces effets secondaires ont conduit à des arrêts de travail. » A Morlaix et Brest, plusieurs soignants ayant reçu leur injection ont dû rentrer chez eux en raison des effets secondaires provoqués par le vaccin utilisé pour les moins de 65 ans. La direction des deux établissements du Finistère avait pris la décision de suspendre leur campagne jeudi.

D’après l’Agence régionale de santé, les deux hôpitaux vont reprendre la vaccination de leurs soignants dès ce vendredi. « Nous leur avons transmis les recommandations de l’ANSM (Agence du médicament) qui conseille d’échelonner les vaccinations dans les services afin d’éviter de trop nombreux arrêts de travail dans une même unité. La prise de paracétamol est conseillée pour diminuer les désagréments », précise Stéphane Mulliez. Au centre hospitalier de Vannes, 18 % des soignants vaccinés ont pris un arrêt maladie. Un chiffre que les autorités sanitaires tentent de relativiser. « Ces arrêts sont de très courte durée, souvent de vingt-quatre heures. Les effets indésirables décrits sont assez classiques dans le cadre d’une vaccination », assure le directeur de l’ARS Bretagne, qui a écarté « toute suspicion » autour d’un éventuel lot défaillant.

Moins de 150 déclarations au niveau national

En France, 149 déclarations de syndrome grippal ont été enregistrées parmi les 10.000 personnes vaccinées entre le 6 et le 10 février. Ces symptômes, souvent de forte intensité (fièvre élevée, courbatures, maux de tête) ont touché des professionnels de santé d’âge moyen de 34 ans. « Ces effets indésirables sont connus et décrits avec les vaccins », indiquait l’ANSM dans un communiqué.

La vaccination des soignants va donc se poursuivre dans la région, notamment « en raison de la nécessaire continuité des activités de santé ». Samedi, 14.000 doses du vaccin du groupe pharmaceutique né de la fusion du Suédois Astra et du Britannique Zeneca avaient été réceptionnées en Bretagne. Un peu plus de 15.000 nouvelles doses sont attendues.

La Bretagne reste la région la moins touchée

Depuis le 4 janvier et le début de la campagne de vaccination, 137.000 injections ont été réalisées, soit 3,25 % de la population bretonne, contre 3 % pour la moyenne nationale. La région reste la moins touchée par le coronavirus en France. Jeudi, elle affichait un taux d’incidence de 104 pour 100.000 habitants, contre 200 pour la moyenne française. Avec un taux à 175, la métropole rennaise inquiète davantage les autorités. Un peu plus de 1.200 personnes ont perdu la vie en raison du Covid-19 dans la région.