Coronavirus à Limoges : Le virus traqué dans les eaux usées quartier par quartier

DEPISTAGE MASSIF Après la découverte de traces de Covid-19 dans les eaux usées, l’ARS a organisé un dépistage pour les habitants du secteur concerné mais peu d’entre eux se sont présentés

20 Minutes avec AFP

— 

Un test de dépistage du Covid-19
Un test de dépistage du Covid-19 — FRANCOIS GREUEZ/SIPA
  • A Limoges un dépistage massif dans un quartier de la ville a été organisé mercredi après la détection de traces de Covid-19 dans les eaux usées.
  • Mais peu d’habitants sur les 6.000 concernés se sont manifestés, par manque d’information.

La traque du virus s'organise au niveau microlocal à Limoges. Une campagne de dépistage PCR  ciblée sur un quartier précis y a été organisée mercredi après la découverte de traces de  Covid 19 dans les eaux usées. Les habitants du secteur concernés ont été conviés à se rendre dans le gymnase ou l'école spécialement aménagés pour se soumettre aux tests.

« Nous avons détecté un taux significatif se situant au-dessus de cinq logs de génome viral par litre d'effluent dans le secteur Jean-le-Bail, où vivent 6.000 personnes », note la professeure Sophie Alain, virologue au CHU de Limoges. L’Inserm, laboratoire dans lequel elle exerce, fait partie du réseau Obépine (Observatoire épidémiologique dans les eaux usées), qui analyse les eaux des stations d’épuration en France.

Analyses dans les collecteurs d'effluents

Mais c’est de manière plus précise, dans les collecteurs d’effluents et donc quartier par quartier, que les services de la communauté urbaine Limoges Métropole effectuent leur traque souterraine du virus avant d’envoyer les échantillons au CHU pour analyse. « Si le virus circule dans l’un de ces collecteurs, cela permet de déterminer précisément quelles sont les rues concernées et d’être très réactifs pour organiser un dépistage », continue Sophie Alain.

L'intérêt de ces recherches, déjà effectuées en France dans des Ehpad et les hôpitaux, est double : les actions peuvent être ciblées pour contenir la circulation du virus et les analyses permettent d’anticiper la vague de contamination. « La positivité des eaux usées apparaît 3, 4 jours, voire une semaine avant que les premiers cas ne soient hospitalisés, ce qui nous permet d’être très réactifs. »

Un manque d'information de la population

« La réactivité en la matière est indispensable. Lundi, on visitait le gymnase et l’école, le mardi, les couloirs de circulation et les salles de dépistage étaient montés », notait Bernard Bertin, directeur de la santé à la Ville de Limoges. Mais sur les 6.000 personnes concernées, beaucoup ne se sont pas déplacées par manque d’information. A 14 heures pour le seul gymnase Jean-le Bail, 36 personnes s’étaient présentées, soit un peu plus de sept habitants par heure. 

« L’information n’est peut être pas passée comme elle aurait dû », reconnait-on à l’ARS. « Vendredi soir, tous les acteurs se sont réunis. Lundi matin, le communiqué a été validé et il a été diffusé mardi. L’opération s’est montée en urgence. Si on avait plus de temps, dans un monde parfait, il faudrait faire du boitage et une campagne d’affichage, reconnaissait un responsable de l’ARS. Nous essaierons de mieux alerter la population la prochaine fois ».