Ebola : La RDC annonce une « résurgence » dans l'est du pays, l'OMS dépêche une équipe sur place

EPIDEMIE Une femme est décédée le 3 février dernier, trois mois après l’annonce de la fin officielle de la onzième épidémie

20 Minutes avec agences

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Un homme se fait vacciner contre le virus Ebola, à Mbandaka en RDC, le 30 mai 2018.
Un homme se fait vacciner contre le virus Ebola, à Mbandaka en RDC, le 30 mai 2018. — Sam Mednick/AP/SIPA

Trois mois après la déclaration de la fin d’une épidémie précédente, la République démocratique du Congo a annoncé dimanche la « résurgence » d’ Ebola dans l’Est du pays. L’ Organisation mondiale de la santé (OMS) a dépêché sur place une équipe d’épidémiologistes après la mort d’une femme de cette maladie dans la zone de Biena dans le Nord-Kivu (Est).

« Il s’agit d’une cultivatrice, épouse d’un survivant de la maladie à virus Ebola, ayant présenté en date du 1er février, les signes typiques de cette maladie », très contagieuse, a indiqué le ministre congolais de la Santé Eteni Longondo, à la télévision nationale. La femme est décédée le 3 février et l’analyse de l’échantillon de son sang prélevé avant sa mort a abouti à un résultat positif au virus Ebola, a indiqué le ministère dans un communiqué.

Un risque de résurgence « permanent »

Le village de Biena se trouve sur le territoire de Butembo où « plus de 70 contacts ont été identifiés », écrit de son côté le bureau Afrique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un communiqué daté de dimanche. « La désinfection des sites visités par le patient est également en cours », ajoute l’OMS soulignant que Butembo « était l’un des épicentres de la précédente épidémie d’Ebola dans l’est de la RDC » et qu’il « n’est pas rare que des cas sporadiques surviennent après une épidémie majeure ».

Ce nouveau cas a été enregistré après l’annonce le 18 novembre 2020 de la fin officielle de la onzième épidémie de la maladie à virus Ebola dans la province de l’Équateur dans le nord-ouest. Celle-ci a causé le mort de 55 personnes sur 130 cas recensés. Le dernier malade d’Ebola avait été déclaré guéri dans cette province congolaise le 16 octobre dernier. Dimanche, le ministre Eteni n’a pas déclaré la douzième épidémie d’Ebola. Mais, il avait prévenu mi-novembre que « le risque élevé de résurgence (de la maladie à virus Ebola) reste permanent » en RDC.

Des vaccins pour enrayer les épidémies précédentes

Identifié en 1976 par Peter Piot et une équipe internationale dont le professeur congolais Muyembe, le virus Ebola se transmet à l’homme par des animaux infectés. La transmission humaine se fait par les liquides corporels, avec pour principaux symptômes des fièvres, vomissements, saignements et diarrhées.

Depuis la grande épidémie de 2013-2016 en Afrique de l’Ouest (11.000 morts), et l’exportation de quelques cas en Occident via des humanitaires, l’OMS redoute à chaque résurgence d’Ebola une propagation du virus dans le monde. En RDC, la dixième épidémie d’Ebola entre août 2018 et juin 2020, la plus meurtrière dans le pays, avait fait 2.299 morts, selon des chiffres de l’OMS. Pour enrayer cette 10e épidémie, la RDC avait eu recours pour la première fois à la vaccination sur plus de 320.000 personnes avec deux vaccins de deux laboratoires différents (Merck et Johnson & Johnson). La même stratégie avait été utilisée pour venir à bout de la 11e épidémie.