Montpellier : La Croix-Rouge se rend 24 heures sur 24 au chevet des étudiants en détresse

MAL-ETRE C'est le Crous qui a sollicité l'association humanitaire pour proposer un accompagnement aux jeunes en situation de mal-être

Nicolas Bonzom
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La cité universitaire Vert Bois à Montpellier (illustration)
La cité universitaire Vert Bois à Montpellier (illustration) — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Le Crous, la Croix-Rouge et le CHU proposent désormais un dispositif pour accompagner les étudiants en situation de détresse à Montpellier.
  • Quand un jeune en difficultés est repéré par les services du Crous, une équipe de la Croix-Rouge est dépêchée dans sa chambre, pour l’écouter et le soutenir.
  • Un accompagnement est ensuite proposé, en fonction des besoins de l’étudiant.

Vie sociale effacée, perte d’un job, avenir flou… A Montpellier (Hérault), la Croix-Rouge est au chevet des étudiants en détresse. Depuis un mois, lorsqu’elle est alertée par le Crous, l’association dépêche aussitôt une équipe composée d’un professionnel de santé et de trois bénévoles formés au soutien psychologique, dans la chambre universitaire du jeune en situation de mal-être.

C’est le Crous qui a sollicité la Croix-Rouge et le CHU, après la fermeture totale des campus à l’automne, pour mettre en place une aide d’urgence aux étudiants en situation de tension psychique dans les chambres qu’il gère. « Nous avons tiré le constat des difficultés que rencontrent de nombreux étudiants, et des réponses pas forcément pertinentes dont nous disposions pour les prendre en charge, lorsqu’ils sont dans des situations critiques », explique Pierre Richter, le directeur général du Crous à Montpellier.

Dans sa chambre, l’étudiant est soutenu et écouté

Jusqu’ici, lorsque des étudiants en détresse étaient identifiés par le Crous, un médecin de garde était sollicité, ou ils étaient invités à se rendre aux urgences, ou chez un médecin de leur choix. « Une alternative qui n’était pas satisfaisante, relèvent les services du Crous, puisque près de 70 % des étudiants ne relevant pas d’une prise en charge médicale urgente ne se rendaient pas en consultation. »

Désormais, avec ce dispositif, baptisé Direct, la Croix-Rouge intervient rapidement, chez chaque étudiant dont les services du Crous ou des étudiants référents décèlent une situation aiguë de mal-être. Et ce, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Dans sa chambre, l’étudiant est soutenu et écouté. « Nous prenons le temps, explique Clément Marragou, le responsable départemental de la Croix-Rouge. Notre équipe peut rester trente minutes, une heure ou même une heure et demie auprès de l’étudiant, nous ne sommes pas dans le cadre d’une équipe qui a d’autres interventions à faire ensuite. »

Et, selon les cas, son maintien à domicile, avec un suivi psychologique, ou son accompagnement aux urgences peuvent être envisagés. Depuis son lancement, huit étudiants ont bénéficié de cette aide, dont sept ont été accompagnés au CHU. « Ce sont des étudiants qui, jusqu’ici, refusaient de se rendre à l’hôpital ou auprès d’un professionnel de la santé mentale, confie Clément Marragou. On se rend compte que ce dispositif est indispensable, il y a un véritable besoin. » Cet accompagnement, unique en France, pourrait bientôt être adopté par d’autres Crous en France.