Coronavirus : Pourquoi le bilan du Covid-19 pourrait être amplifié de 30 % dans un futur proche ?

PANDEMIE Une étude menée dans deux régions de France prévient des conséquences de la non-hospitalisation de nombreuses victimes d’infarctus

Mikaël Libert

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Illustration coronavirus à Lille.
Illustration coronavirus à Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • Une étude menée dans deux régions de France montre une nouvelle conséquence dramatique de l’épidémie de coronavirus.
  • De nombreuses personnes ayant eu un infarctus n’ont en effet pas été hospitalisées. Le nombre de prises en charge a effectivement baissé de 20 %.
  • Cela pourrait se traduire par un nombre de décès important en raison de cette non prise en charge.

Futures victimes collatérales. Une étude lilloise montrait déjà, mi-décembre, que le bilan officiel des victimes du Covid-19 ne prenait pas en compte les malades qui étaient décédés d’un arrêt cardiaque à domicile. Cette sous-évaluation de plus de 12 % pourrait finalement être pire encore. Une nouvelle étude, publiée dans la prestigieuse revue médicale The Lancet Regional Health, évoque une amplification de 30 % du bilan de l’épidémie liée à la santé cardiovasculaire.

L’étude en question a été menée dans les Hauts-de-France et dans les Pays-de-la-Loire. Les données recueillies dans l’ensemble des centres hospitaliers prenant en charge les infarctus ont permis de déterminer le nombre d’infarctus du myocarde survenus durant le premier confinement. « Les chercheurs ont ainsi constaté une baisse de 20 % des admissions pour infarctus du myocarde à l’hôpital, induisant une surmortalité liée à la maladie en 2020 », résume le CHU de Lille dans un communiqué.

Une baisse des hospitalisations qui « pèsera lourd »

La conséquence est à l’image de ce qui a été constaté par le centre Oscar Lambret, à Lille, au sujet des retards de diagnostic des cancers : « Cette baisse du nombre d’hospitalisations pour infarctus pèsera lourd indirectement dans le bilan total des décès à lier à l’épidémie », prévient le CHU de Lille. Dans les deux régions étudiées sur une période de sept semaines, « les chercheurs évoquent un chiffre proche de 600 patients qui ont présenté un infarctus sans être hospitalisés », précise l’étude. Sur cette même période, 1.800 patients sont décédés du COVID-19, soit une différence d’environ 30 %.

Les chercheurs estiment que cette baisse spectaculaire des hospitalisations après un infarctus est essentiellement due « à une auto-limitation de l’accès aux soins des patients qui a été aggravée par le confinement ». Ils insistent donc auprès de la population pour rappeler « l’importance de la continuité de soins, notamment dans le domaine des maladies cardiaques, même en période Covid ».