Vaccination : Un « terrible gâchis »… Coup de gueule après le choix de Valneva de privilégier le Royaume-Uni

COVID-19 La biotech française, basée à Nantes, va produire son vaccin au Royaume-Uni et le livrera là-bas en premier. Un constat qui met en colère la présidente de la région Pays-de-la-Loire

Frédéric Brenon

— 

Le Premier ministre britannique Boris Johnson (à droite) visite l'unité de production de la biotech française Valneva, en Ecosse, le 28 janvier 2021.
Le Premier ministre britannique Boris Johnson (à droite) visite l'unité de production de la biotech française Valneva, en Ecosse, le 28 janvier 2021. — W.Cheung/AFP
  • La biotech franco-autrichienne va lancer la production de son vaccin anti-coronavirus.
  • La production se fera en Ecosse, le Royaume-Uni ayant été le premier à soutenir financièrement Valneva.
  • Le patron de Valneva souhaitait pourtant produire en France, assure la présidente de la région Pays-de-la-Loire, Christelle Morançais.

Après les difficultés rencontrées par Sanofi et l'Institut Pasteur dans leur quête d’un vaccin contre le Covid-19, une partie des espoirs de la recherche française réside dans la biotech franco-autrichienne Valneva. Basée à Saint-Herblain en banlieue nantaise, celle-ci a fait savoir avoir qu’elle était en train d’achever avec succès ses essais cliniques et qu’elle s’apprêtait à lancer la production de son vaccin, lequel présente le grand avantage de se conserver dans un simple réfrigérateur. Sauf que ce vaccin sera développé et produit au Royaume-Uni (Ecosse). Et les 60 millions de premières doses sorties d’usine seront distribuées aux citoyens britanniques à l’automne 2021.

La France et l’Europe, qui s’apprêtent également à passer commande de 60 millions de doses, ne seront, elles, pas livrées avant courant 2022. Un décalage qui s’explique par le fait que c’est bien le Royaume-Uni qui avait, en premier, pris le risque de financer le programme d’essais de Valneva puis s'était engagé financièrement​ sur un potentiel de 190 millions de doses. « Pour ne pas être en retard, nous sommes allés au premier gouvernement qui nous a aidés. Il est logique que, contractuellement, on se soit engagés à les livrer en premier », justifie Franck Grimaud, directeur de Valneva.

Le gouvernement alerté dès le moi de juin

Cette priorité britannique suscite en tout cas la colère de plusieurs élus envers le gouvernement français. A commencer par la présidente de la région Pays-de-la-Loire, Christelle Morançais (LR). « C’est un terrible sentiment de gâchis et d’incompréhension qui domine face à cet échec français et européen », déplore-t-elle. L’élue affirme avoir alerté dès le 9 juin le gouvernement « sur le formidable potentiel de la société Valneva dans la recherche d’un vaccin anti-Covid et sur l’opportunité de développer, en Loire- Atlantique, une filière de production française, ce qui était d’ailleurs la ferme intention de son dirigeant. Cette lettre et les relances qui ont suivi sont malheureusement restées lettre morte. »

Amère, d’autant plus que la France n’est pas particulièrement en avance dans la distribution des autres vaccins, Christelle Morançais juge « indispensable que l’Etat fasse preuve de beaucoup plus d’agilité et de réactivité pour soutenir et défendre nos entreprises à la pointe dans la lutte contre le virus ».

Le vaccin de Valneva a été développé via une technologie déjà éprouvée, à base de virus inactivé, à l’opposé de l’ARN messager, la solution utilisée par Pfizer/BioNTech et Moderna.