Vaccination : L’Union européenne a publié son contrat passé avec AstraZeneca pour lui rappeler ses engagements

TRANSPARENCE Ursula Von Der Leyen a souhaité publier ce contrat par souci de transparence, alors que le laboratoire AstraZeneca a annoncé d’importants retards de livraison du vaccin

20 Minutes avec AFP

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Ursula Von Der Leyen, la présidente de la Commission européenne, le 20 janvier 2021 au Parlement européen à Bruxelles.
Ursula Von Der Leyen, la présidente de la Commission européenne, le 20 janvier 2021 au Parlement européen à Bruxelles. — Francisco Seco/AP/SIPA

Bruxelles veut être transparente dans son bras de fer avec AstraZeneca. L' Union européenne a publié ce vendredi le contrat de précommandes de vaccins anti-Covid signé avec le laboratoire suédo-britannique AstraZeneca, sous pression après avoir annoncé d’importants retards de livraisons, quelques minutes après l'annonce faite par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

« Nous voulons le publier aujourd’hui, nous sommes en discussions avec l’entreprise au sujet des parties [du contrat] qui devraient être noircies » pour des raisons de confidentialité, avait déclaré la chef de l’exécutif européen à la radio allemande Deutschlandfunk.

Un contrat pour 400 millions de doses

L’UE réclamait avec insistance ces derniers jours le feu vert du groupe pharmaceutique pour publier ce contrat signé en août, portant jusqu’à 400 millions de doses de ce vaccin. Le torchon brûle entre Bruxelles et AstraZeneca, depuis que le groupe a annoncé la semaine dernière une « baisse de rendement » sur un site de fabrication européen et indiqué à l’UE ne pouvoir livrer au premier trimestre qu'« un quart » des doses initialement promises aux Vingt-Sept.

Le contrat d'une quarantaine de pages, mis en ligne par la Commission, est amputé de nombreux passages jugés «confidentiels». Il prévoit que le groupe fera «de son mieux» pour augmenter ses capacités de production.

Une «baisse de rendement»

«AstraZeneca s'est engagé à faire tous les efforts raisonnables pour mettre sur pied des capacités pour produire 300 millions de doses du vaccin, sans en tirer de bénéfice ni essuyer de pertes», indique le texte, qui mentionne l'option de l'UE pour commander 100 millions de doses supplémentaires.

« Cette clause «faire de son mieux» ne s’appliquait que lorsqu’il n’était pas encore certain qu’un vaccin serait développé. Depuis, le temps a passé, le vaccin est là (…) et il y a des quantités extrêmement précises de livraisons dans le contrat », a réagi Ursula von der Leyen sur la radio allemande.

Une «baisse de rendement»

AstraZeneca a argué d'une «baisse de rendement» sur un site de fabrication européen pour expliquer ne pouvoir livrer au premier trimestre qu'«un quart» des doses initialement promises aux Vingt-Sept.

Une explication jugée «insatisfaisante» par la Commission européenne, qui a ordonné une inspection du site industriel belge concerné, géré par un sous-traitant du groupe. Selon l'exécutif européen, le contrat prévoit que la production aurait lieu dans quatre usines, deux dans l'UE et deux au Royaume-Uni -- mais ces indications n'étaient pas lisibles dans le texte rendu public vendredi.

Une décision sur l'autorisation ce vendredi

Dans un entretien à certains médias, le PDG d'AstraZeneca, le Français Pascal Soriot, avait assuré devoir réserver aux Britanniques la production des usines au Royaume-Uni.

Un argument fermement contesté par Bruxelles: le contrat spécifie que les usines installées au Royaume-Uni «doivent contribuer aux efforts d'Astrazeneca pour livrer les doses de vaccins à l'UE», a souligné vendredi le porte-parole de la Commission.

L’Agence européenne des médicaments (EMA) doit donner également vendredi son avis très attendu sur l’autorisation du vaccin AstraZeneca/Oxford dans l’UE, au lendemain d’une recommandation des autorités allemandes à ne pas l’utiliser pour les plus de 65 ans.