Coronavirus dans les Hauts-de-France : Près de la moitié des habitants ont eu des soins annulés

EPIDEMIE Un sondage de France assos santé met en avant des chiffres alarmants sur les déprogrammations de soins

Mikaël Libert

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Une consultation pour la prise en charge d'un patient atteint du Covid-19 (illustration).
Une consultation pour la prise en charge d'un patient atteint du Covid-19 (illustration). — Clément Carpentier / 20 Minutes
  • En raison de l’épidémie de coronavirus, de nombreux soins non urgents ont été déprogrammés.
  • Dans les Hauts-de-France, une étude montre que 45 % des personnes interrogées ont subi une annulation de soin.
  • Il existe un impact sur le moral des patients, mais un tiers dénonce un impact sur leur santé.

Annulations collatérales. Ce que l’on sait, c’est que les services de santé ont dû, pour faire face à l’épidémie de coronavirus, libérer de la place où ils le pouvaient. Les mesures sanitaires, particulièrement les confinements, ont eu comme effet la déprogrammation de nombreux soins qui n’étaient pas considérés comme urgents. Les patients ont, eux aussi, annulé ou reporté des soins de leur propre initiative. France assos santé, structure regroupant des associations agréées d’usagers du système de santé, a pu chiffrer ces annulations de soins grâce à un sondage.

L’enquête a été réalisée en décembre auprès de 800 personnes âgées de plus de 18 ans et résidant dans les Hauts-de-France. Il en résulte que 45 % des sondés « déclaraient avoir eu des soins annulés » depuis le début de la crise du coronavirus. Des annulations de fait dans le cadre de déprogrammation mais aussi liées à un renoncement de la part des personnes interrogées.

Un impact sur le moral et sur la santé

Pour autant, ce sont bel et bien les « déprogrammations par les professionnels de santé » qui constituent la part la plus importante des annulations de soins, 35 % selon l’étude. Il s’agit de consultations ou d’interventions prévues qui ont été décalées ou complètement annulées.

Même si les soins ou les interventions urgentes ont été maintenus, les déprogrammations de soins « mineurs » ont affecté les répondants. Quatre personnes sur dix déclarent que cela a eu un « impact sur leur moral » et une sur trois sur leur « santé physique ». Près de la moitié (44 %) des personnes qui ont subi une déprogrammation de soin affirme aussi que l’intervention prévue n’a pu être reprogrammée que « plusieurs mois après ».

Dernière information édifiante de cette étude : il s’avère que les déprogrammations et les renoncements de soins touchent plus particulièrement les zones rurales. Dans l’Aisne par exemple, le renoncement aux soins lié à l’indisponibilité des professionnels de santé dépasse de 9 % la moyenne nationale.