Coronavirus : Des médecins libéraux dénoncent une répartition des vaccins « aux dépens des soignants »

VACCINATION Dans certains hôpitaux, les rendez-vous de vaccination des soignants ont été annulés pour laisser la place aux personnes âgées et à risques

20 Minutes avec AFP

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Des personnels soignants du service de réanimation de l'hôpital Larrey à Toulouse en septembre 2020 (illustration)
Des personnels soignants du service de réanimation de l'hôpital Larrey à Toulouse en septembre 2020 (illustration) — Tristan Reynaud/SIPA

Regrettant l’ouverture de « trop nombreux petits centres » sous la pression des élus locaux, l’Union régionale des médecins libéraux d’Ile-de-France estime, ce mardi, que la vaccination des professionnels de santé contre le coronavirus est « ralentie » au profit d’autres publics prioritaires (personnes âgées, malades chroniques).

Dans les hôpitaux chargés de la vaccination des soignants, « ordre a été donné (…) d’annuler purement et simplement des centaines de rendez-vous » pour la première dose et de reporter la seconde de 21 à 28 jours, affirme l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) représentant les 21.000 médecins libéraux franciliens dans un communiqué.

Vacciner ceux « qui sont en première ligne »

L’instance dénonce une « décision opportuniste » prise « pour alimenter les trop nombreux petits centres ouverts précipitamment » afin de « satisfaire la demande pressante des collectivités » et prévient qu’elle « n’accompagnera pas (cette) stratégie déséquilibrée ».

« Nous demandons de continuer l’effort de vaccination de tous les soignants à risque​ », déclare son président, le radiologue Daniel Silberman, qui estime que l’agence régionale de santé (ARS) et le ministère doivent « assumer la difficulté d’avoir des vaccins » car « il n’y en a pas pour tout le monde ». Au moment où « on s’attend à une troisième vague épidémique », le choix « ne peut en aucun cas se faire au détriment de ceux qui sont en première ligne », insiste-t-il, ajoutant que les soignants « ne comprendraient pas qu’on diminue leur protection parce qu’il y a une situation de pénurie ».