Coronavirus à Toulouse : Que sait-on du cluster de variant anglais qui touche un Ehpad ?

FLAMBEE Plusieurs cas du variant anglais ont été découverts au sein d’un important cluster qui touche un Ehpad de Toulouse. Deux personnes sont décédées parmi ses résidents infectés

Béatrice Colin

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Un Ehpad de Saint-Maur-des-Fossés, en juin 2020.
Un Ehpad de Saint-Maur-des-Fossés, en juin 2020. — Anne-Christine POUJOULAT / AFP
  • Depuis début janvier, sur les 67 résidants de l’Ehpad Saint-Exupéry de Toulouse, 42 ont été infectées par le coronavirus, ainsi que 19 membres du personnel.
  • Onze des résidents ont été testés positifs au variant anglais, parmi lesquels les deux personnes de 93 ans décédées.
  • Parmi les résidents touchés par le variant anglais, l’un d’eux avait déjà été testé positif au Sras-Cov2 lors d’une première vague épidémique en septembre dernier.

C’est une propagation rapide et anormale qui a mis la puce à l’oreille des responsables de l’Ehpad Saint-Exupéry et au pôle gériatrie du CHU de Toulouse il y a quelques jours. Après avoir été touché par une première vague en septembre, cet établissement géré par le CCAS a enregistré en début de mois une flambée de cas de coronavirus parmi ses résidants et personnels.

Sur les 67 personnes âgées, 42 ont été touchées et 19 des 80 membres du personnel. Deux des résidents, un homme et une femme de 93 ans sont depuis décédés. Les autres personnes âgées touchées ont été isolées dans une aile dédiée.

Onze cas de variant avérés

Parmi elles, « onze cas ont été testés positifs au variant anglais, il y a aussi onze autres cas probables pour lesquels nous attendons les résultats des analyses », a indiqué le directeur départemental de l’Agence régionale de santé de la Haute-Garonne. Soit 22 cas positifs probables au variant anglais parmi lesquels les deux personnes décédées.

« Cet Ehpad avait déjà connu une première vague de coronavirus au cours du mois de septembre avec plusieurs cas et trois décès. Nous avons constaté une nouvelle vague épidémique importante, ce qui nous a poussés à réaliser le séquençage, dont nous avons eu les résultats vendredi soir. Il n’y a pas de gravité plus importante dans les signes cliniques, ni moindre, que dans des établissements non touchés par la souche anglaise », avance le docteur Hélène Vilars, gériatre au CHU de Toulouse et qui coordonne la plateforme Covid pour les 135 Ehpad du département.

Un cas de patient réinfecté au variant

Parmi les cas positifs au variant anglais, on compte une personne âgée déjà touchée par le coronavirus lors de la première vague épidémique de septembre. « C’est une personne qui l’a eu une première puis une deuxième fois. Cette notion de réinfection a déjà été observée », indique le professeur Jacques Izopet, chef du service de virologie au CHU de Toulouse et dont le laboratoire a procédé aux séquençages.

Selon ce dernier, pour l’instant les résultats de l’enquête lancée au niveau nationale montre que « ce variant représente entre 1 et 2 % des cas positifs, dans notre région ce chiffre est de 1,5 % ».

Le patient zéro non identifié

Les autorités sanitaires ainsi que la direction de l’Ehpad sont toujours à la recherche du patient zéro qui aurait pu introduire la variant anglais au sein de l’établissement. Au début, elles ont pensé qu’il pouvait s’agit d’une des résidentes ayant effectué une sortie lors des festivités de fin d’année. « Elle a été mise à l’isolement et testée dans le cadre du protocole le 4 janvier. Les résultats du test, que nous avons eu le 7 a montré qu’elle était positive. Mais après le séquençage il s’est avéré que ce n’était pas le variant », indique Céline Cazaux, la responsable du secteur personnes âgées, au sein du CCAS de Toulouse.

Entre le dépistage du premier cas positif le 7 janvier et la découverte de la présence du variant anglais vendredi dernier, deux dépistages généralisés ont été organisés au sein de la structure. Et du séquençage pour vérifier l’intuition des responsables médicaux d’une possible présence du variant, à l’origine de cette flambée.

« Nous recherchons les cas contacts et ceux qui ont été en contact avec des visiteurs anglais ou des personnes de retour d’Angleterre. Le patient zéro positif au variant est toujours en recherche d’identification », a indiqué de son côté le directeur départemental de l’Agence régionale de santé de la Haute-Garonne, Laurent Poquet. Il peut avoir été amené par des visiteurs, des personnels ou les rares cas de résidents ayant pu sortir.

D’autres clusters à venir ?

C’est le premier cas de cluster au variant anglais dans une maison de retraite médicalisée en Occitanie. Mais cela pourrait ne pas être le dernier. En effet, parmi les douze clusters toujours actifs en maison de retraite la semaine dernière, certains donnent des signes du variant anglais au vu du nombre de cas.

« Il y a trois ou quatre endroits qui nous inquiètent et pour lesquels nous avons fait du criblage et du séquençage », relève le docteur Hélène Vilars. Mais au-delà des Ehpad, les autorités surveillent aussi de près les plus jeunes. Ils attendent en particulier les résultats pour un collège toulousain touché par de nombreux cas de Covid pour savoir s’il s’agit du variant anglais.