Coronavirus : Un Français sur deux approuve le couvre-feu à 18h et se dit prêt à être vacciné

INFO « 20 MINUTES » Le Baromètre de la santé YouGov pour « 20 Minutes », en partenariat avec Doctissimo, dévoile que les Français sont en ce début d’année résignés face aux restrictions et que la moitié d’entre eux est prête à se faire vacciner

Oihana Gabriel

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Ouverture du centre de vaccination anti covid-19 a la Mairie du 13eme arrondissement de Paris, le 18 janvier 2021.
Ouverture du centre de vaccination anti covid-19 a la Mairie du 13eme arrondissement de Paris, le 18 janvier 2021. — ISA HARSIN/SIPA
  • Chaque mois, 20 Minutes, en partenariat avec Doctissimo, présente son Baromètre de la santé YouGov sur les connaissances et les comportements des Français vis-à-vis du coronavirus.
  • En janvier, la perspective d’un troisième confinement est dans tous les esprits, malgré une lassitude et des critiques vis-à-vis des restrictions qui perdurent pour les restos, la culture et la montagne.
  • Si davantage de Français souhaitent se faire vacciner, le nombre d’opposants à la vaccination augmente également.

Un couvre-feu étendu, la crainte d’un reconfinement, des vacances au ski qui s’éloignent, la vaccination qui accélère… Après neuf mois de pandémie de Covid-19 et de restrictions, l’horizon est encore loin de s’éclaircir. Comment les Français jugent-ils les dernières annonces du gouvernement ? Ont-ils changé d’opinion sur la vaccination ?

Depuis novembre 2020, 20 Minutes publie chaque mois un baromètre sur la crise sanitaire, réalisé par YouGov, en partenariat avec Doctissimo. L’occasion de suivre les évolutions de l’opinion publique.

Les Français respectueux du couvre-feu… mais critiques

Depuis samedi dernier, la totalité de la France est passée à un couvre-feu de 18h à 6h. Selon notre baromètre *, 92 % des Français disent respecter cette mesure. Si quelques fêtes clandestines peuvent donner l’impression que certains outrepassent les contraintes, ce chiffre rappelle que la majorité des Français s’est adaptée à des mesures lourdes et longues. « Les gens respectent globalement le confinement ou le couvre-feu, on le voit sur les données de mobilités, analyse Pierre Parneix, médecin de Santé Publique et d’hygiène hospitalière au CHU de Bordeaux. Par contre, beaucoup surestiment leur application des gestes barrières. L’hygiène a progressé, mais pas suffisamment. Dans tous les magasins où du gel est proposé à l’entrée, quand c’est contrôlé, le public se désinfecte les mains. Sinon, les trois quarts ne le font pas. »

Plus étonnant, le couvre-feu élargi est justifié pour plus de la moitié des sondés. Alors que 6 sur 10 jugent le maintien de la fermeture des restaurants injustifié (58 %), tout comme celle des établissements culturels (56 %) ou encore des remontées mécaniques à la montagne (59 %). « Des données internationales montrent que plus les restaurants sont petits, plus il y a de monde, plus il y a de transmission, reprend Pierre Parneix. Comment faire respecter une règle de façon unanime ? Ce que les gens n’imaginent pas, c’est que rouvrir un restaurant, un cinéma, c’est réinstaurer des situations à risque autour. Aller au cinéma avec un masque et des distances, pourquoi pas ? Mais les gens peuvent se regrouper à dix devant le cinéma. » Et fumer une cigarette en cercle ou partager un moment de convivialité…

Des Français résignés ?

Les Français ne valident donc pas ces décisions, mais semblent résignés. En effet, 37 % pensent qu’un troisième confinement est probable et représente la meilleure solution… contre 49 % pensant qu’il est probable, mais le regrettent. Sans surprise, la principale inquiétude du moment concerne les nouveaux variants, notamment celui découvert en Angleterre, déjà présent en France : 7 Français sur 10 se disent inquiets de leur arrivée. « Les gens voient les chiffres au jour le jour, le plateau haut des contaminations, reprend le médecin. Et ils savent que la situation a dégénéré très vite en Angleterre et en Irlande. La période est plutôt au pragmatisme… »

Un pragmatisme qui se lit également quand on les interroge sur les vacances de février. Le gouvernement a en effet tranché : les vacances ne seront pas synonymes de poudreuse et de montagne. Mais cela devrait avoir peu d’impact sur les plans des Français. En effet, les deux tiers n’avaient pas prévu de partir, 20 % étaient dans l’attente avant de planifier quelque chose et 9 % ont préféré annuler.

Les nouveaux protocoles pour l’école rassurent

Le gouvernement a aussi annoncé jeudi dernier un renforcement du protocole pour les cantines et une campagne de dépistage massive à l’école. Une bonne idée selon la moitié des personnes interrogées : 58 % sont rassurés par la généralisation des tests à l’école et 60 % par le protocole sanitaire renforcé dans les cantines. « Maintenir l’éducation de nos jeunes, c’est un impératif, tranche Pierre Parneix. Renforcer les protocoles, cela attire l’attention sur les points critiques pour optimiser l’organisation. Mais ce qui compte, c’est la déclinaison effective et la capacité à superviser. C’est sûr qu’il faut davantage aérer les classes, mais qui va avoir les capteurs de CO2 ? »

Moins de vigilance mais plus d’opposition aux vaccins

Autre sujet de premier plan : la vaccination. Alors que depuis lundi, les Français de plus de 75 ans et ceux souffrant d’une pathologie qui les rend vulnérable aux virus peuvent se faire vacciner, l’opinion semble avoir légèrement évolué.  Dans notre premier baromètre, en novembre, 34 % des répondants souhaitaient se faire vacciner rapidement. Cette fois, 50 % affirment qu’ils iront se faire vacciner dès qu’ils seront concernés, 12 % qu’ils ne savent pas et 39 % qu’ils n’iront pas. Pour quelles raisons ? Dans le détail, 40 % évoquent le manque de recul sur l’efficacité du vaccin (- 6 points depuis décembre), 27 % craignent les effets secondaires (- 4 points depuis décembre), mais 21 % disent être contre les vaccins (+ 6 points depuis décembre). La vigilance s’estompe, tandis que l’opposition franche se renforce.

Des résultats encourageants pour un pays champion de la défiance vaccinale, salue Pierre Parneix. « Si on arrivait à vacciner 50 % des Français, avec près de 20 % de la population qui a été exposée au coronavirus, on ne serait pas loin d’avoir contrôlé l’épidémie. Sauf avec un nouveau variant qui rendrait la vaccination inefficace… Les Français perçoivent que la situation est critique. L’enjeu n’est pas de convaincre les récalcitrants, mais de faciliter l’accès à la vaccination aux volontaires. »

L’annonce mardi de cinq décès de personnes qui venaient de se faire vacciner risque-t-elle de faire basculer à nouveau l’opinion publique ? « La transparence est une bonne démarche, martèle le médecin de santé publique. Il faut que les gens soient le mieux informés pour se forger leur opinion. Avec des incertitudes, on ne pourra pas savoir avant longtemps quels sont les effets à long terme de ces vaccins. Mais il faut aussi remettre ce chiffre de cinq décès en perspective : on est à presque 300 morts par jour du Covid-19 et on n’a pas fini de payer un lourd tribut… »

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* Baromètre de la santé YouGov pour 20 Minutes, en partenariat avec Doctissimo, réalisé auprès de 1.023 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus. Sondage effectué en ligne, sur le panel propriétaire YouGov France, du 15 au 18 janvier 2021.