Coronavirus dans l’Hérault : Pourquoi l’Etat n’a-t-il pas ouvert davantage de centres de vaccination dans le département ?

COVID-19 La collectivité avait proposé de transformer toutes les casernes et les gymnases des collèges en centres de vaccination

Nicolas Bonzom

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Une personne se fait vacciner au Covid-19 (illustration)
Une personne se fait vacciner au Covid-19 (illustration) — UGO AMEZ/SIPA
  • Le département de l’Hérault avait proposé à l’Etat d’ouvrir les gymnases des collèges et l’ensemble des casernes de pompiers pour créer des centres de vaccination.
  • L’Etat n’a pas saisi (ou très peu) cette opportunité.
  • Les services de l’Agence régionale de santé assurent cependant qu’un maillage équilibré du territoire a été mis en place sur l’ensemble de l’Occitanie.

Les services de l’Etat en Occitanie n’ont pas saisi la main tendue du département de l’Hérault. Le 7 janvier, Kléber Mesquida (PS), son président, proposait de transformer les 48 gymnases des collèges en centres de vaccination. du Covid-19. « Il y a des parkings, c’est accessible, il y a des locaux annexes », soulignait l’élu.

Il mettait aussi, à disposition de la campagne de vaccination, l’ensemble des 70 casernes des sapeurs-pompiers du département. Disséminées aux quatre coins de l’Hérault, elles donnaient, indiquait Kléber Mesquida, l’assurance d’avoir une couverture parfaite du territoire : « Parce qu’il n’est pas envisageable qu’un million d’habitants aille à Montpellier ou Béziers pour se faire vacciner », confiait le président du département.

Une couverture fine du territoire, assure l’ARS

Mais les services de l’État n’ont pas saisi cette opportunité. Ou très peu. Sur les 24 centres de vaccination ouverts dans l’Hérault ce lundi, il n’y a aucun gymnase de collège, et seulement trois centres de secours des sapeurs-pompiers : ceux de Saint-Pons-de-Thomières, de Vaihauquès et d’Olonzac. Par ailleurs, pour cette dernière commune, la préfecture indiquait, le 13 janvier, que ce n’était qu’une ouverture « ponctuelle ». Les autres centres de vaccination du département ont été ouverts dans des hôpitaux, des cliniques, des maisons de santé, des salles municipales ou aménagés sur des places.

Pourquoi l’Etat n’a pas répondu à l’appel du département ? Questionné à ce sujet, Pierre Ricordeau, directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie, assure qu’une couverture fine du territoire a été mise en place partout en Occitanie. En tenant compte de la « répartition spatiale de la population ». Vingt-quatre centres dans l’Hérault, c’est suffisant, pour l’ARS. Au regard des bassins de vie, mais aussi… des doses.

La question de la livraison des doses

« Dans chacun des départements, les préfets ont conduit une concertation avec les acteurs professionnels, les collectivités territoriales et les élus, pour avoir le maillage le plus équilibré entre la contrainte qui nous est imposée par les conditions particulières de conservation et de transport des doses Pfizer, le fait que nous avons un nombre limité de doses pour le moment, et le souci de la proximité », confie Pierre Ricordeau.

En moyenne, il y a ainsi dans la région Occitanie un centre de vaccination pour 50.000 habitants. « Ce qui est supérieur à la norme nationale qui avait été proposée [un centre pour 100.000 habitants] », reprend Pierre Ricordeau. Et tous sont déjà bien saturés, il est presque mission impossible d’obtenir un rendez-vous pour la très prisée piqûre.

Le maillage du territoire pourrait évoluer, en fonction de la réception des doses de vaccin. A la fin de la semaine dernière, l’Occitanie en avait reçu 130.000. Des livraisons, de l’ordre de 50.000, devraient avoir lieu chaque semaine. Elles seront acheminées vers les centres de vaccination, sans discrimination entre zones rurales et urbaines.