Coronavirus : La vaccination des personnes à risque, comment ça marche ?

EPIDEMIE Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a assuré ce lundi, que le cap du million de Français vaccinés contre le Covid-19 serait « largement atteint d’ici la fin du mois » de janvier

Manon Aublanc

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Un patient reçoit une dose d'un vaccin contre le Covid-19, à Strasbourg le 4 janvier 2021.
Un patient reçoit une dose d'un vaccin contre le Covid-19, à Strasbourg le 4 janvier 2021. — Jean-Francois Badias/AP/SIPA
  • Jusqu’à présent, la vaccination était réservée aux résidents des Ehpad et aux soignants de ces établissements.
  • A partir de ce lundi, la vaccination est désormais accessible aux plus de 75 ans ne vivant pas en maison de retraite et aux personnes présentant des pathologies à « haut risque ». 
  • « 20 Minutes » répond à vos questions sur la vaccination des personnes dites « à risque ».

Après les résidents des Ehpad et leurs soignants, place aux seniors de plus de 75 ans mais également aux personnes présentant des pathologies à « haut risque ». A partir de ce lundi, la vaccination contre le coronavirus s’élargit en France, avec 6,4 millions de personnes appelées à se faire vacciner.

S’il est assez facile d’identifier les personnes âgées de plus de 75 ans, il est moins évident de savoir qui est considéré « à risque ». Qui est concerné ? Comment la vaccination se déroule-t-elle ? 20 Minutes répond à toutes les questions que vous vous posez sur la campagne de vaccination des personnes les plus vulnérables.

Qui est concerné ?

Près de 800.000 personnes « atteintes de maladies particulièrement graves », dites « à risque », peuvent se faire vacciner dès ce lundi, a indiqué le Premier ministre, Jean Castex, jeudi lors de sa conférence de presse. Dans le détail, il s’agit des personnes atteintes de cancers et de maladies hématologiques malignes en cours de traitement par chimiothérapie ; des personnes atteintes de maladies rénales chroniques sévères (dont les patients dialysés) ; des personnes transplantées d’organes solides, transplantées par allogreffe de cellules-souches hématopoïétiques ; des personnes atteintes de polypathologies chroniques et présentant au moins deux insuffisances d’organes ; des personnes atteintes de certaines maladies rares et particulièrement à risque en cas d’infection et des personnes porteuses de trisomie 21. La liste complète des maladies est disponible sur le site du ministère de la Santé.

« Les personnes ciblées sont celles qui présentent plus de risques », explique Michaël Rochoy, médecin généraliste, chercheur en épidémiologie et membre du collectif « Du côté de la science ». Pour le spécialiste, la liste n’est pas forcément idéale : « Un enseignant de 55 ans, obèse, asthmatique, qui travaille au contact d’enfants a plus de risques qu’une personne transplantée qui reste à son domicile », avance le médecin, qui plaide pour la création d’un score individuel par patient en fonction de l’âge, du poids, de la pathologie ou du métier exercé. « Ça permettrait de classer les gens par ordre de priorisation. » Pour les personnes en situation de handicap, « une fiche en Facile A Lire et à Comprendre (FALC) » est disponible sur le site du secrétariat d’Etat pour « faciliter la compréhension du processus de vaccination et permettre la bonne information de tous », a précisé la secrétaire d’Etat, Sophie Cluzel, jeudi.

Comment prendre rendez-vous ?

Pour se faire vacciner, il faut prendre rendez-vous dans un centre de vaccination. Comme pour les personnes âgées de plus de 75 ans, le rendez-vous se prend par Internet ou par téléphone. Les personnes « à risque » peuvent appeler le numéro vert 0800 009 110, ouvert 7 jours sur 7, de 6 heures à 22 heures. La prise de rendez-vous peut aussi se faire en ligne sur le site Santé.fr ou sur l’une des trois plateformes privées choisies par le gouvernement : Doctolib, Maiia et Keldoc. Néanmoins, selon le médecin, ce dispositif peut poser problème pour certaines personnes : « Pour les personnes en situation de handicap ou celles très dépendantes, il faut l’aide du médecin traitant, de l’aide soignant ou même de la famille pour prendre rendez-vous », recommande Michaël Rochoy.

Si Olivier Véran a indiqué, jeudi, que les personnes à risque devaient présenter une ordonnance de leur médecin traitant pour prendre rendez-vous dans un centre de vaccination, Michaël Rochoy estime qu’il s’agit simplement « d’une préconisation ». « Avoir une ordonnance de son médecin traitant, c’est mieux, ça veut dire qu’on a réalisé la consultation pré-vaccinale avec un spécialiste qui nous connaît, mais ce n’est pas obligatoire. Il y a des médecins dans tous les centres de vaccination qui pourront réaliser cette consultation si besoin », rassure-t-il.

La vaccination est-elle obligatoire ?

Non, la vaccination n’est pas obligatoire, mais elle est gratuite et fortement recommandée pour les personnes à risque, comme pour les personnes de plus de 75 ans. Pour le médecin généraliste, le vaccin protège individuellement et limite les risques de transmission, mais il protège également collectivement : « Les personnes à risques sont celles qui ont le plus de chances d’être en réanimation et la priorité, c’est de lutter contre la surcharge des services de santé », explique-t-il. Pour cette catégorie, parfois isolée depuis le début de l’épidémie, le vaccin « pourra permettre de reprendre une vie un peu plus normale, de sortir, de recevoir la visite de ses proches avec des risques moindres », ajoute Michaël Rochoy.

Les demandes de rendez-vous, ouvertes vendredi, ont été marquées par un afflux, avec plus d’un million de rendez-vous déjà pris dans les 833 centres « ouverts et accessibles à la réservation », selon Olivier Véran. Mais tous les seniors n’ont pas pu s’inscrire, générant quelques crispations. « Il n’y a pas assez de vaccins pour tout le monde », a souligné Jacques Battistoni, président du syndicat de généralistes MG France dans le Journal du Dimanche. Prédisant « un faux début » lundi, il reproche au gouvernement de ne pas lancer une campagne de masse, mais « d’organiser des files d’attente ! ». Olivier Véran a tenté de rassurer, ce lundi, assurant que le cap du million de Français vaccinés contre le Covid-19 serait « largement atteint d’ici la fin du mois ».