Coronavirus : L’épidémiologiste Arnaud Fontanet s’attend à un regain de l’épidémie en mars

VAGUES La faute aux différents variants du coronavirus, plus contagieux

20 Minutes avec AFP
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Arnaud Fontanet. (archives)
Arnaud Fontanet. (archives) — Jacques Witt/SIPA

Une « poussée » de l’épidémie de Covid-19 est probable en mars, avec l’arrivée en France de nouveaux variants du coronavirus, a estimé ce dimanche l’épidémiologiste membre du Conseil scientifique Arnaud Fontanet. « Les scénarios montrent qu’on devrait arriver à tenir jusqu’au mois de mars. Malheureusement, par rapport aux variants, qui sont vraiment un changement dans la donne de cette épidémie, je n’ai pas d’argument rationnel pour vous dire qu’on ne va pas subir une progression de l’épidémie qui pourrait commencer en mars-avril », a-t-il expliqué lors de l’émission Le Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.

« Avant que le variant commence à faire parler de lui-même – et selon les scénarios qu’on a aujourd’hui c’est plutôt au mois de mars que sa poussée devrait se faire sentir –, eh bien il faut vider justement ces lits d’hôpitaux et ces lits de réa (nimation) », a-t-il ajouté. Il a rappelé que le Royaume-Uni, avant l’apparition d’un variant en novembre, maîtrisait à peu près l’épidémie, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

Pas de reprise post-Noël

En France, « il n’y a pas eu de reprise de l’épidémie aussi sévère que ce qu’on redoutait après les fêtes de fin d’année, mais il y a quand même une petite augmentation qui n’est pas anodine », a relevé Arnaud Fontanet. « Ce qui est vraiment embêtant, c’est qu’on part avec un niveau d’occupation des lits qui est très élevé, en cette fin de deuxième vague », selon lui. « Et du coup on n’a pas beaucoup de marges de manoeuvre si l’épidémie redémarrait ».

Il n’a pas préconisé de confinement dans l’immédiat. « C’est bien d’essayer de tout tenter pour ne pas aller vers un confinement, qui est une mesure toujours extrêmement lourde au niveau économique et social. En gardant quand même en tête que plus les mesures sont prises tôt, plus elles sont efficaces, donc il y a un dilemme », a expliqué cet épidémiologiste.

Objectif 100 % de vaccinés

D’après lui, en l’absence de traitement efficace, la proportion des Français se faisant vacciner contre le Covid-19 devra être la plus élevée possible si le temps confirme que les différents vaccins sont sans danger. « Pour moi ça devrait être 100 %. A partir du moment où on sait que le vaccin marche, et que le vaccin n’a pas d’effet indésirable, pourquoi s’en priver ? ». Car pour arrêter la circulation du virus, « il faudra toucher des populations plus larges », a-t-il détaillé.

« Maintenant qu’on sait que ces variants sont finalement plus transmissibles que le virus qu’on connaissait, ça veut dire aussi que la couverture vaccinale devra être plus importante que ce qu’on anticipait jusqu’à présent », d’après ce médecin qui conseille le gouvernement.