Coronavirus : Les décès en hausse de 9 % en 2020, selon l'Insee

MORTALITE En 2020, 667.400 décès toutes causes confondues ont été comptabilisés en France, soit 9 % de plus qu’en 2018 ou 2019

M.A.

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Dans un hôpital français.
Dans un hôpital français. — Frederic DIDES

En raison de l’épidémie de coronavirus, l’année 2020 a été marquée par une hausse de la mortalité. Selon un bilan provisoire de l’Insee, dévoilé ce vendredi, la France a enregistré 9 % de décès supplémentaire cette année, par rapport à 2019.

En 2020, 667.400 décès, toutes causes confondues, ont été comptabilisés en France, c’est 9 % de plus qu’en 2018 ou 2019, soit 53.900 morts supplémentaires. Selon l’Insee, les deux vagues épidémiques n’ont pas eu les mêmes conséquences, « avec une première vague en mars-avril plus forte et plus brève que la deuxième (à partir de septembre) », explique l’Institut national de la statistique et des études économiques.

La grippe saisonnière moins meurtrière que d’habitude

Le coronavirus a notamment fait grimper la mortalité en flèche avec un excédent de mortalité de 27.300 personnes (+ 27 %) entre mars et avril, de 1.100 personnes entre mai et août et de 33.000 personnes (+ 16 %) entre septembre et décembre. Ces excédents résultent des malades du Covid-19, mais également « des décès en moins ou en plus associés à cette période particulière avec par exemple, un effet protecteur du confinement sur certaines causes de décès », note l’Insee. En revanche, la grippe saisonnière a provoqué une surmortalité moindre que les années passées : « 7.500 décès en moins ont eu lieu en janvier et février 2020 par rapport à la même période de 2019 », ajoute l’Institut de statistiques.

Sans grande surprise, les régions avec la hausse la plus significative sont celles le plus touchées par l’épidémie de coronavirus : l’Ile-de-France et le Grand-Est. Mais les régions frappées par l’épidémie n’ont pas été les mêmes d’une vague à l’autre. Lors de la première vague, l’Ile-de-France et le Grand-Est ont été le plus touchés « avec des excédents de mortalité respectivement de + 90 % et + 55 % par rapport à la même période de 2019 ». En revanche, depuis septembre, les régions où l’excédent de mortalité est le plus élevé sont l’Auvergne-Rhône-Alpes (+ 38 %), la Bourgogne Franche-Comté (+ 26 %) et la Provence-Alpes-Côte d’Azur (+ 21 %).

Pas plus de mortalité chez les moins de 65 ans

Ainsi, sur l’ensemble de l’année, ce sont l’Ile-de-France (+ 18 %), Auvergne-Rhône-Alpes (+ 14 %), Grand-Est (+ 13 %), Bourgogne Franche-Comté (+ 11 %) et Hauts-de-France (+ 10 %) qui ont observé le plus d’excédents de mortalité. A l’inverse, sept régions n’ont pas eu ou eu peu de décès supplémentaires (moins de 5 %) : la Bretagne, la Nouvelle-Aquitaine, les Pays-de-La-Loire et l’Occitanie, la Martinique, la Guyane et La Réunion.

L’Insee note qu’il n’y a pas eu spécialement de hausse de la mortalité en 2020 pour les moins de 65 ans (+ 2 % entre 50 et 64 ans, – 1 % entre 25 et 49 ans et – 6 % pour les moins de 25 ans). L’augmentation a été observée uniquement chez les personnes âgées de 65 ans et plus et de manière homogène, avec + 10 % supplémentaires quelle que soit la tranche d’âge, décrypte l’Insee. Côté sexe, la hausse de la mortalité est un peu plus marquée pour les hommes (+ 10 %) que pour les femmes (+ 8 %).