Coronavirus à Marseille : Course contre la montre pour « traquer » le variant britannique « aux quatre coins de la ville »

EPIDEMIE Les autorités déploient différents dispositifs pour tenter d’identifier l’ampleur déjà importante du cluster de coronavirus à Marseille, avec au moins huit cas de Covid-19 issu du variant britannique

Mathilde Ceilles

— 

Les marins-pompiers sont en première ligne pour tenter d'estimer l'étendue de l'épidémie à Marseille
Les marins-pompiers sont en première ligne pour tenter d'estimer l'étendue de l'épidémie à Marseille — Daniel Cole/AP/SIPA
  • Un cluster lié au variant britannique du Covid-19 a été détecté à Marseille.
  • Pour l’heure, huit cas de personnes atteintes de ce variant ont été détectés, et 23 cas positifs au Covid-19.
  • Les autorités ont multiplié les tests pour tenter d’endiguer l’épidémie.

L’alerte a été donnée au maire de Marseille par le ministère de la Santé ce samedi en fin d’après-midi. Un « cluster élargi familial » lié au variant de la Covid-19 dit de souche britannique, particulièrement contagieux, a été détecté dans la deuxième ville de France. Selon des déclarations de la première adjointe de Marseille en charge notamment de la santé, Michèle Rubirola, qui a pu s’entretenir avec le professeur Didier Raoult, en charge de détecter ce virus mutant chez les patients concernés, huit cas positifs au variant britannique ont d’ores et déjà été recensés par l’IHU à Marseille, émanant de ce même cluster.

La première personne qui a contracté ce variant s’est fait tester le 31 décembre. « Cette personne fait partie d’une famille française de cinq personnes, résidant au Royaume-Uni et ayant séjourné en France durant les congés de fin d’année », écrit l’ARS dans un communiqué. « Quand la personne est arrivée d’Angleterre, la personne avait un test négatif, affirme le maire socialiste de Marseille Benoît Payan. Elle était en période d’incubation. Elle ne savait pas quand elle est arrivée qu’elle était porteuse du virus. »

Branle-bas de combat

Or, tout au long de son séjour, cette personne, à l’occasion notamment de fêtes familiales, a rencontré beaucoup de monde, par petit groupe, selon nos informations. Au total, pas moins de 45 cas contacts ont d’ores et déjà été identifiés par l’ARS. Et, sur ces 45 individus, 23 ont été testés positifs au Covid-19. Des tests continuent d’être réalisés pour savoir s’il s’agit de cas liés au virus mutant britannique.

Face à une épidémie qui prend de l’ampleur à une vitesse exponentielle, les autorités ont sonné le branle-bas de combat à Marseille. « Désormais, chaque minute compte pour endiguer la propagation de la souche anglaise », s’alarme Benoît Payan qui annonce la mise en place d’un dispositif inédit. « Une équipe de 40 marins-pompiers a été mobilisée » dès samedi soir, selon l’édile. Ce dimanche matin, « nos équipes sont allées tester cinq premières adresses, des tests de surface ont été réalisés », ajoute le socialiste.

Un de ces immeubles « a révélé des traces de Covid » dans les parties communes, selon Benoît Payan. Aussi, selon le maire, « par précaution nous avons pratiqué des tests sur les 30 résidents de l’immeuble. Les résultats sont en cours mais deux personnes de l’immeuble sont positives à la Covid-19 et ont été invitées à s’isoler ». Pour deux autres immeubles, les marins-pompiers n’ont pas trouvé de trace de Covid-19 dans les parties communes mais leurs eaux usées vont faire l’objet d’une vigilance particulière.

« Une traque du virus aux quatre coins de la ville »

« Nous sommes prêts à entamer une traque du virus aux quatre coins de la ville, confie-t-on du côté des marins-pompiers. Nous avons mis trois cellules en alerte. La première, la cellule Comète, est composée d’experts capables de tracer le Covid dans les eaux usées. Nous avons également mobilisé deux cellules mobiles d’intervention biologique qui sont armées pour réaliser des tests PCR rapides dont les résultats sont disponibles en moins de vingt minutes, et que nous pouvons déployer rapidement pour tester en urgence des individus qu’on pourrait nous désigner. » « Nous nous tenons prêts également à envoyer si besoin des équipes de décontamination, ainsi que des unités médicales d’urgence », précise Benoît Payan dans un communiqué envoyé samedi dans la soirée.

Le maire propose également de multiplier les tests de dépistage dans les écoles, et notamment dans celles situées dans les zones exposées. Selon La Provence, ces clusters se concentrent dans les 7e, 8e, 9e et 12e arrondissements de la ville. Une information que Benoît Payan a refusé de confirmer pour l’heure.

Ce dernier a lancé toutefois un appel à l’Etat pour l’accompagner dans cette traque du virus, non sans une certaine anxiété. « J’espère que le gouvernement nous a prévenus dès qu’il avait la certitude qu’on avait affaire à un virus mutant, confie le socialiste. Et je leur demande une chose. Contrôlez les ports, contrôlez les aéroports. Il ne faut pas laisser de trou dans la raquette. » Dans un communiqué, la préfecture des Bouches-du-Rhône rappelle la mise en place de contrôles pour tous les passagers aériens en provenance du Roayume-Uni « depuis la connaissance du variant du virus »