Limoges : Cas rarissime d’un homme mort de la rage après avoir été en contact avec des chauves-souris

VIRUS Un diagnostic rétrospectif a permis d’établir qu’un homme, décédé à Limoges en 2019 d’une inflammation du cerveau d’origine inexpliquée, avait contracté la rage après avoir été mordu ou griffé par une chauve-souris

20 Minutes avec AFP

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Chauve-souris en plein vol
Chauve-souris en plein vol — Libre de droit

Il s’agit d’une première en France métropolitaine. Un homme est mort de la rage à Limoges, vraisemblablement après avoir été mordu ou griffé par une chauve-souris, a-t-on appris mercredi auprès de l’Institut Pasteur.

Le sexagénaire avait succombé à une encéphalite, une inflammation du cerveau, d’origine inexpliquée, en août 2019. Un partenariat noué entre l’hôpital Necker et l’Institut Pasteur, visant à identifier les causes des encéphalites non documentées, a conduit à l’analyse génétique d’échantillons post mortem. Ces analyses à l’hôpital Necker de Paris ont démontré qu’il avait contracté un lyssavirus, l’European Bat LyssaVirus de type 1 (EBLV-1), abrité par les chauves-souris.

« Cela démontre qu’il existe des cas de rage que l’on peut rater »

« C’est grâce à ce diagnostic rétrospectif que ce cas a été mis au jour. Cela démontre qu’il existe des cas de rage que l’on peut rater », a expliqué Laurent Dacheux, responsable adjoint du centre national de référence de la rage à l’Institut Pasteur.

« La trace de ce virus a été identifiée à ce moment-là, en novembre 2020. En pleine période de coronavirus, et cette découverte est passée inaperçue », continue Laurent Dacheux. Ce cas exceptionnel a finalement été évoqué dans un article de vulgarisation scientifique sur le site Mesvaccins.net et mis en lumière par le quotidien régional Le Populaire du Centre.

En contact avec des chauves-souris qui nichaient dans son grenier

Concernant la chauve-souris européenne, « cela fait trente-cinq ans qu’un décès de ce type n’était pas arrivé dans le monde. Et en France métropolitaine, il s’agit bien d’une première », assure Laurent Dacheux.

« Nous avons eu un décès identique en 1985 en Russie. Deux autres décès concernant des chiroptérologues [scientifiques étudiant les chauves-souris] dans lesquels est impliquée une autre espèce de lyssavirus de chauves-souris, le EBLV-2, ont été répertoriés en 1985 en Finlande et un autre en Écosse en 2002 », a-t-il ajouté, estimant que « le patient décédé à Limoges a semble-t-il été en contact avec des chauves-souris qui nichaient dans son grenier ».

En France, la rage est officiellement éradiquée depuis 2001, souligne le chercheur. « Le dernier cas répertorié en France et concernant les animaux non volants, remonte à 1998 ».