Vaccination : Katalin Kariko, la pionnière du vaccin en ARN messager optimiste sur la reprise d’une vie normale cet été

RECHERCHE La chercheuse Katalin Kariko pense que les doutes de certains sur ces nouveaux vaccins seront vite dissipés

R. G.-V.

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Katalin Kariko, l'ARN messager pour les vaccins, c'est elle.
Katalin Kariko, l'ARN messager pour les vaccins, c'est elle. — HANDOUT / FAMILY HANDOUT / AFP

Elle est optimiste et sans complexes : Katalin Kariko est la chercheuse pionnière les vaccins en ARN messager, les vaccins « nouvelle génération ». C’est cette méthode qui, pour la première fois, est au cœur des premiers vaccins validés contre le Covid-19 : celui de Pfizer/BioNTech et celui de Moderna. Cette chercheuse a été l’une des seules, ces dernières décennies, à croire en l’avenir de l’ARN messager, ce cousin de l’ADN, pour la santé. Mais elle a tenu bon : jusqu’en 2005 et ses premiers bons résultats, obtenus avec le médecin immunologiste Drew Weissman, elle comptait beaucoup de détracteurs.

Bien que la technique soit nouvelle, l’ARN messager, qui est contenu naturellement dans nos cellules, est connu depuis longtemps. C’est notamment ce qui fait que la chercheuse américano-hongroise n’a que peu de craintes au sujet des vaccins actuellement commercialisés. « Si cela avait été légal, je me serais déjà fait vacciner au laboratoire, mais j’ai toujours aimé être à cheval sur les règles », a expliqué Katalin Kariko au journal espagnol El Pais.

Bientôt le Nobel ?

Même les nouveaux variants du virus récemment découverts ne l’inquiètent pas plus que ça. Toujours dans El Pais, la chercheuse explique : « Au cours des essais cliniques, nous avons prélevé du sang sur les sujets vaccinés et créé des copies de la totalité des variantes du coronavirus présentes dans le monde entier. Le sang de ces patients, qui contient des anticorps, a réussi à neutraliser 20 variantes mutées du virus. »

Pour Katalin Kariko, la victoire contre la pandémie de coronavirus ne serait qu’une question de temps, de mois même. « Ces vaccins vont nous sortir de cette pandémie. En été, on pourra probablement reprendre le chemin de la plage et une vie normale. » Elle ne croit pas que les gens douteront longtemps devant l’efficacité de ces vaccins et aussi devant le nombre de décès qui s’accumulent.

Et après ? Certains et certaines la voient déjà remporter le prix Nobel de chimie. Après des années d’ostracisme, ça serait une grosse récompense, mais elle n’y pense pas vraiment : « Au cours des 40 dernières années, je n’ai pas reçu une seule récompense pour mes travaux, pas même une petite tape dans le dos. Pas besoin de cela. Je sais ce que je fais et suis consciente que c’était important. Et puis, je suis trop âgée pour changer. Ça ne m’est pas monté à la tête. Je ne porte pas de bijoux et je possède cette vieille voiture de toujours. »