Coronavirus : Extension du couvre-feu, campagne de vaccination... Que faut-il retenir de l'interview d'Olivier Véran au « 20 Heures » de France 2 ?

EPIDEMIE Le ministre de la Santé était l'invité du « 20 Heures » ce mardi sur France 2

L.C.

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Le ministre de la Santé sur le plateau du JT de France 2, le 29 décembre 2020.
Le ministre de la Santé sur le plateau du JT de France 2, le 29 décembre 2020. — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

A l’approche de la nouvelle année, Olivier Véran a présenté les pistes du gouvernement pour gérer l’épidémie de coronavirus. Le ministre de la Santé était l’invité du journal télévisé de 20 Heures de France 2, ce mardi. Après le conseil de défense présidé le matin même par Emmanuel Macron, Olivier Véran a annoncé que l’exécutif avait « écarté l’idée d’un confinement » mais envisageait une « extension du couvre-feu » dans certains territoires dès le 2 janvier prochain.

« Nous sommes sur un plateau depuis environ trois semaines avec en moyenne 15.000 nouveaux cas quotidiens. C’est encore trop », a d’abord rappelé le ministre. Et de déclarer qu'une concertation allait « démarrer avec les élus locaux pour prendre les mesures nécessaires ». 

Extension du couvre-feu

« Nous écartons l’idée du confinement généralisé ou local », a-t-il précisé. Mais « nous allons proposer une extension du couvre-feu, qui pourrait démarrer à 18 heures le soir [contre 20 heures actuellement] dans les départements et métropoles où le taux d’incidence serait au-dessus du niveau national ». 

Olivier Véran a identifié quatre régions dans lesquelles « la situation est plus problématique : le Grand Est, la Bourgogne Franche-Comté, la région Auvergne-Rhône-Alpes, et le département des Alpes-Maritimes en région Paca ». Le ministère de la Santé avait précisé à la presse, en fin d’après-midi, que 20 départements seraient visés. Selon plusieurs médias, parmi lesquels nos confrères du Parisien, il s’agit des suivants : Allier, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Ardèche, Ardennes, Aube, Doubs, Jura, Marne, Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle, Nièvre, Haut-Rhin, Haute-Saône, Saône-et-Loire, Vosges, Yonne et le Territoire de Belfort.

Cette mesure pourrait entrer en vigueur dès le 2 janvier 2021. Elle « durera le temps nécessaire pour vérifier une stabilisation voire une amélioration de la situation sanitaire », a-t-il ajouté.

Pas d’annonce sur les lieux culturels et de restauration

A propos de « la clause de revoyure » des restrictions, prévue le 7 janvier, le ministre s’est montré prudent. « Considérant la situation sanitaire, il paraît difficilement concevable de lever les contraintes », a expliqué Olivier Véran, disant attendre « de voir l’effet de Noël, éventuellement du nouvel an. D’ici début janvier, nous y verrons plus clair. De toute évidence, on ne pourra pas lever la totalité des contraintes ».

Concernant la réouverture des lieux de culture, « ce n’est pas à moi de me prononcer, les décisions seront annoncées courant de la semaine prochaine », a-t-il répondu. De même pour la réouverture des restaurants, pour l’instant fixée au 20 janvier. « Il paraît difficile de se projeter dans un hiver clément qui nous permettrait de sortir la tête de l’eau ». « Il faut donner de la visibilité aux acteurs », promet-il.

Des précisions sur le calendrier de vaccination

Le ministre a détaillé le calendrier de la campagne de vaccination. Il a rappelé que « les personnes âgées vulnérables en établissement collectif » étaient prioritaires. Le vaccin sera disponible d’ici fin janvier pour les « professionnels de santé de 50 ans et plus ou qui souffrent de maladies qui les exposent à des risques de forme grave ».

« Ensuite viendra le temps de la population générale », a-t-il ajouté, précisant que « les Français recevront des bons de l’Assurance maladie invitant à se faire vacciner ».

Réponses aux critiques sur la lenteur de la campagne

Depuis dimanche, moins de 100 personnes ont été vaccinées alors que l’objectif est d’arriver à un million d’ici fin février. Olivier Véran a répondu aux critiques sur la lenteur de la campagne vaccinale française. « Nous avons fait le choix de nous reposer sur les médecins, de le faire [le vaccin] dans les Ehpad et non de faire se déplacer [les résidents d’Ehpad], nous recueillons le consentement auparavant. Je ne confonds pas vitesse et précipitation. Cet écart dans le démarrage il est assumé. Ce qui compte c’est que fin janvier nous aurons rattrapé ce décalage et ce qui compte c’est que nous protégions tout le monde ».

« Je n’aurai aucune difficulté à me faire vacciner », assure Olivier Véran. « Je veux même vous dire mon impatience à être protégé par le vaccin. Je pense que c’est une chance pour l’humanité (…). Je ne veux pas prendre la place de quelqu’un qui est plus faible que moi. Je laisse la place à celles et ceux qui doivent en bénéficier en priorité ».