Coronavirus : Une femme de 78 ans a reçu la première dose de vaccin en France

EPIDEMIE Il s’agira avant tout de vaccination symbolique, la véritable campagne massive débutera plus en janvier

J.-L.D. avec AFP

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Mauricette, première vaccinée française contre le coronavirus
Mauricette, première vaccinée française contre le coronavirus — Thomas SAMSON / AFP / POOL

Une femme de 78 ans a été ce dimanche la première personne vaccinée en France contre le Covid-19, à l’hôpital René-Muret de Sevran, en Seine-Saint-Denis. « Je suis émue », a déclaré la septuagénaire, première vaccinée, Mauricette, une ancienne aide ménagère, vaccinée vers 11 heures au sein de l’unité de soins de longue durée de l’hôpital René-Muret de Sevran, établissement de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Une lueur d’espoir dans la lutte contre le coronavirus au surlendemain de Noël : comme elle, une vingtaine de personnes âgées et de soignants seront les premiers Français à se faire vacciner ce dimanche contre le Covid-19, au terme d’une année endeuillée par un virus qui a fait plus de 62.500 morts dans le pays.

Après le feu vert donné le 21 décembre au produit de l’américain Pfizer et de l’allemand BioNTech par l’Union européenne, presque tous ses Etats membres lancent simultanément leur campagne vaccinale, ouverte avec un jour d’avance par l’Allemagne, la Hongrie et la Slovaquie.

Commencer à protéger les plus fragiles

Le vaccin, acheminé ce samedi dans l’Hexagone sous bonne escorte, était particulièrement attendu en France, où le virus circule activement et la présence de son variant britannique, possiblement plus contagieux, a été confirmée ce vendredi chez un patient. « Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser flamber l’épidémie à nouveau », a prévenu dans le Journal du dimanche le ministre de la Santé, Olivier Véran. Interrogé sur l’éventualité d’un troisième confinement, il s’est dit prêt à prendre « les mesures nécessaires, si la situation devait s’aggraver ».

Quoi qu’il en soit, Olivier Véran voit une « très bonne nouvelle » dans le lancement de la campagne de vaccination. « Ce vaccin protège 95 % des individus contre les cas de forme grave et va sauver beaucoup de vies », a estimé le ministre, satisfait de pouvoir « commencer à protéger les plus fragiles d’entre nous ».

Deux Ehpad en symbole

Le lancement symbolique de la campagne vaccinale française a lieu ce dimanche dans deux structures d’hébergement de personnes âgées, l’une située en Seine-Saint-Denis, département qui a payé un lourd tribut au Covid, l’autre en Bourgogne-Franche-Comté, une des régions où le taux d’incidence du virus est le plus élevé.

Dans la matinée, une dizaine de résidents de plus de 75 ans de l’unité de soins de longue durée de l’hôpital René-Muret à Sevran (Assistance publique - Hôpitaux de Paris), ainsi qu’un de leurs médecins de plus de 65 ans, se verront administrer une première dose du vaccin.

Montée progressive du nombre de vaccin

En début d’après-midi, ce sera au tour d’une autre dizaine de pensionnaires du centre gériatrique de Champmaillot, dépendant du CHU de Dijon, et d’un médecin spécialiste âgé de plus de 65 ans, de recevoir à leur tour le Pfizer-BioNTech, baptisé Comirnaty en référence à la technologie employée (ARN messager, mRNA en anglais).

La montée en puissance de la campagne vaccinale sera progressive : elle concernera la semaine prochaine 23 établissements dans les régions de Paris, Lyon, Lille et Tours, avant de s’intensifier pour atteindre une centaine de lieux dans les deux premières semaines de janvier.

15 millions de personnes d’ici l’été

Le gouvernement s’est fixé d’ici fin février l’objectif d’un million de vaccinés parmi les plus âgés et les plus vulnérables, particuliers et soignants, dans les 7.000 Ehpad et autres établissements assimilés. Suivront « tous les retraités de plus de 65 ans » jusqu’au printemps, puis le reste de la population âgée de 16 ans et plus, toujours sur une base volontaire.

Le gouvernement espère avoir vacciné « 15 millions de personnes à l’horizon de cet été », a précisé Matignon samedi, une échéance légèrement retardée par rapport à ce qui avait été envisagé.