Coronavirus : Le variant détecté au Royaume-Uni est bien « 50 % à 74 % » plus contagieux

VIRUS Une étude confirme les craintes du gouvernement britannique sur la contagiosité de ce variant du virus

20 Minutes avec AFP

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Le shopping de Noël à Londres, en période de coronavirus, le 24 décembre 2020.
Le shopping de Noël à Londres, en période de coronavirus, le 24 décembre 2020. — Alex Lentati/LNP/Shutterstock/SIPA

Les craintes du gouvernement britannique autour de la contagiosité accrue du nouveau variant de coronavirus, détecté sur son sol quelques jours avant les fêtes de Noël, étaient malheureusement fondées.

Selon une étude tout juste mise en ligne, ce nouveau variant est bien « 50 % à 74 % » plus contagieux que les souches jusqu’ici en circulation. Une estimation non publiée dans une revue scientifique ni analysée par des experts indépendants mais qui s’appuie « sur la base des données préliminaires disponibles », selon l’un de ses auteurs, Nick Davies, biologiste à la London School of Hygiene and Tropical Medicine (LSHTM).

22 mutations sur le génome

Cette estimation est en outre cohérente avec celle de « 50 % à 70 % » présentée lundi lors d’une conférence de presse par d’autres chercheurs, membres du groupe qui conseille le gouvernement britannique sur les virus respiratoires émergents, le NERVTAG. Le Premier ministre du Royaume-Uni, Boris Johnson, avait lui-même évoqué dès le week-end dernier une contagiosité supérieure de 70 %.

Détecté pour la première fois en septembre en Grande-Bretagne, ce variant baptisé VOC 202012/01 présente 22 mutations sur son génome. L’une en particulier, nommée N501Y, se situe au niveau de la protéine Spike (spicule) du coronavirus, une pointe à sa surface qui lui permet de s’attacher aux cellules humaines pour les pénétrer, jouant donc un rôle clé dans l’infection virale.

Un variant qui « pourrait représenter 90 % des cas d’ici mi-janvier » au Royaume-Uni

Un quart des nouvelles infections détectées en novembre dans les zones concernées étaient liées à ce variant début novembre, un chiffre passé à plus de 60 % début décembre. Et « si la tendance actuelle se prolonge, le nouveau variant pourrait représenter 90 % des cas d’ici mi-janvier », selon Nick Davies.

Les chercheurs de la LSHTM « n’ont pas pour le moment trouvé d’éléments indiquant que les individus qui contractent le nouveau variant présentent un risque accru d’hospitalisation ou de décès ». Mais la probable « forte augmentation » du nombre de cas provoquée par cette mutation pourrait selon eux avoir d’importantes conséquences sur le bilan de l’épidémie.

« L’augmentation récente du nombre d’infections » dans plusieurs régions « pourrait continuer et se propager à toutes les régions du Royaume-Uni sans mesures rapides », avertissent-ils.

Ce nouveau variant ne circule pas exclusivement au Royaume-Uni, plusieurs cas ayant notamment été détectés en Belgique début décembre.