Coronavirus : 500 familles italiennes réclament 100 millions d’euros à l’Etat

JUSTICE Plusieurs centaines de familles italiennes victimes de la pandémie de coronavirus comptent porter plainte contre l’Etat en raison de sa gestion de la crise sanitaire

20 Minutes avec AFP

— 

Des familles italiennes victimes de la pandémie de Covid-19 vont porter plainte contre l'Etat.
Des familles italiennes victimes de la pandémie de Covid-19 vont porter plainte contre l'Etat. — Antonio Calanni/AP/SIPA

Environ 500 familles de victimes de la pandémie de Covid-19 vont déposer une plainte au civil et réclamer cent millions d’euros à l’Etat italien soupçonné de graves omissions dans la gestion de la crise, rapportent mercredi les médias.

La plainte vise le chef du gouvernement Giuseppe Conte, le ministre de la Santé Roberto Speranza et Attilio Fontana, président de la Lombardie, région la plus touchée par la pandémie avec près de 25.000 des quelque 70.000 morts enregistrés en l’Italie depuis février.

Plusieurs enquêtes en cours

Cette plainte au civil fait suite à environ 300 plaintes au pénal, selon une association de proches des victimes à l’origine de ces procédures judiciaires, le Comité « Noi denunceremo » (nous dénoncerons), déposées au cours des derniers mois, essentiellement auprès du parquet de Bergame (nord).

Le parquet mène plusieurs enquêtes distinctes liées à cette tragédie. Les avocats de « Noi denunceremo » reprochent « de graves omissions aux autorités publiques régionales lombardes et au gouvernement central » dans l’organisation de la riposte à la pandémie, écrit mercredi le quotidien local Bergamonews sur son site.

Absence de plan anti-pandémies et retards

Ils critiquent, entre autres, l’absence d’un plan national anti-pandémies mis à jour et les retards dans la création d’une « zone rouge » en février, comprenant deux communes du département de Bergame, Nembro et Alzano Lombardo, particulièrement touchées par le coronavirus.

Les premières « zones rouges » ont été établies fin février sur décision du gouvernement italien et ont concerné une dizaine de municipalités en Lombardie, notamment Codogno, la ville du « patient numéro un ».

Début mars, l’épidémie a continué de se propager, avec deux foyers plus importants, dans les deux communes de Nembro et d’Alzano mais la zone rouge n’y a été instaurée que le 9 mars, les autorités régionales et le gouvernement de Rome se rejetant la responsabilité de ce retard.