Coronavirus : Jean-François Delfraissy demande aux Français de « tenir bon » encore « trois à six mois »

DERNIERE LIGNE DROITE L’arrivée des vaccins pourrait vraiment améliorer la situation sanitaire d’ici l’été, avant ça, chaque relâchement se paiera rapidement

R. G.-V.

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Le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy.
Le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy. — Francois Mori/AP/SIPA

Le professeur Jean-François Delfraiss​y voit-il le bout du tunnel ? Sans qu’on puisse le qualifier d’optimiste, il demande, ce mercredi, dans une interview au Parisien, aux Français et aux Françaises de « tenir bon » encore « trois à six mois » face au Covid-19. « L’arrivée des vaccins n’aura pas d’impact sur le premier trimestre 2021 et très peu sur le deuxième. Ce début d’année ne sera pas différent de 2020 », dit le président du conseil scientifique, qui oriente les décisions politiques depuis le début de la crise sanitaire. « C’est le dernier effort », assure le professeur.

Au-delà des vaccins, dont on comprend bien que l’effet sur l’épidémie ne sera pas prégnant avant l’été, Jean-François Delfraissy insiste sur d’autres progrès scientifiques qui se font à bas bruit : « La science avance, dans le silence, mais elle avance. » De meilleurs tests antigéniques (plus rapides que les RT-PCR), des tests salivaires (moins invasifs) plus fiables doivent arriver cet hiver. Mais aussi « un nouveau médicament à base d’anticorps monoclonaux pourrait aussi être validé à la même période. Il s’agit d’isoler les anticorps des patients qui ont eu le Covid, de les reproduire en grande quantité en labo et de les injecter à titre préventif, pour éviter notamment des formes graves ».

Eviter une troisième vague, qui est toujours possible

Sur ce qui concerne plus directement les Françaises et les Français, c’est-à-dire les fêtes de fin d’année, Jean-François Delfraissy explique qu’il va limiter, à titre personnel, les contacts : « Je ne ferai pas de dîner mais je prendrai un verre et quelques petits fours avec une partie de ma famille le 24, et un verre avec l’autre partie le 25 » et rien pour le 31 décembre. « Je ne dis en aucun cas aux Français de m’imiter. Chacun agit comme il l’entend, comme un compromis entre soi-même et les membres de sa famille. »

Il rappelle néanmoins que tout relâchement se payera rapidement. « Ne préjugeons pas de ce qui va se passer [pendant les fêtes], mais préparons la rentrée. Il faut regarder de près l’évolution de l’épidémie pour que les autorités puissent prendre, si elles sont nécessaires, des décisions rapides. Avec le Covid, plus les mesures sont prises vite et sont fortes, plus elles sont efficaces. » Jean-François Delfraissy réaffirme qu’une troisième vague du virus est possible, mais qu’il faut tout faire pour l’éviter.