Coronavirus : Petit guide pratique pour un autoconfinement efficace avant Noël

EPIDEMIE C’est une idée qui se répand au sein de la population française : s’autoconfiner durant les prochains jours pour minimiser les risques de contaminations à Noël

Jean-Loup Delmas

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Comment bien s'autoconfiner pour passer le Noël le plus sécurisé possible ?
Comment bien s'autoconfiner pour passer le Noël le plus sécurisé possible ? — Pixabay
  • Ce mardi, Jean Castex a autorisé les parents à ne pas emmener leurs enfants à l’école ce jeudi et vendredi.
  • Le but est de réduire au maximum les interactions à quelques jours de Noël afin de rendre les repas de famille les moins dangereux possible.
  • 20 Minutes vous explique comment réussir parfaitement votre autoconfinement.

Ce mardi, Jean Castex a annoncé sur Europe 1 que les parents pourraient ne pas envoyer leurs enfants à l’école ce jeudi et vendredi, à deux jours des vacances scolaires de fin d’année. Le Premier ministre suit l’avis du Conseil scientifique, qui recommande de limiter les interactions à une semaine de Noël pour prendre le moins de risque possible et d’empêcher les contaminations  au coronavirus lors des repas de famille.

Cette pratique consiste en quelque sorte à décider soi-même de se confiner et de rester chez soi afin de réussir ces fêtes de fin d’année. Comment réaliser un bon (et efficace) autoconfinement ? Petit guide pratique par 20 Minutes.

Quelle durée ?

« Le plus tôt possible », tranche le chercheur en épidémiologie Michaël Rochoy, qui vous encourage à vous autoconfiner dès la lecture de cet article si ce n’est pas déjà fait. Mais pour entrer plus en détail dans les délais, trois types de durée sont possibles :

  • Le délai d’incubation moyen, soit quatre jours. C’est le temps au bout duquel on commence à être contagieux. Avant cela, il est impossible de savoir si on a eu le virus ou pas, même par test, le virus est invisible. Après quatre jours, un test réussi révélera notre charge virale et montrera qu’on est contaminant, voire des premiers symptômes commenceront à apparaître ;
  • Une semaine au minimum, le temps que le virus se développe et passe logiquement son pic de contagiosité. C’est d’ailleurs peu ou prou le délai choisi par les autorités. Avec les enfants sautant l’école le jeudi et vendredi, et étant chez eux dès le mercredi midi, cela laisse sept jours avant Noël ;
  • La combinaison des deux, quatre jours d’incubation suivis de sept jours pour être contaminant, soit onze jours. A chaque mesure restrictive mise en place (notamment le confinement, le couvre-feu…), c’est à peu près la durée estimée avant de voir les premiers effets.

Si je respecte totalement l’autoconfinement de onze jours, suis-je certain de ne pas être contaminant ?

Eh bien non, pas du tout si vous vivez à plusieurs. Prenons l’exemple d’une famille de deux parents et une enfant. L’enfant attrape le virus ce lundi 14 à l’école. Le temps d’incuber, nous sommes le 18 lorsqu’elle commence à être contaminante. Sa mère l’attrape le 20 lors du repas du dîner avec sa fille. Le 24 pile pour Noël, elle entre dans son pic de contamination, au moment d’aller voir grand-père et grand-mère. Et le scénario peut se poursuivre longtemps. Le père qui l’attrape par exemple du coup le 25 et devient contaminant pile pour sa soirée du Nouvel an, etc.

C’est pour cela que le confinement met plus de trois semaines avant d’effacer tous les cas de coronavirus notamment, à cause de cet effet rebond intrafamilial. D’où l’intérêt également de s’autoconfiner au plus tôt, appuie Michaël Rochoy. Il atteste : « On peut être asymptomatique chez une personne, mais pas chez mille personnes. » Comprenez que plus le nombre de contaminations intrafamiliale augmente, plus il risque statistiquement d’y avoir au moins une de ces personnes présentant des symptômes, ce qui devrait mettre en alerte toute la famille.

Tous mes efforts ne deviendront-ils pas vains lorsque j’irai prendre le train pour voir ma famille ?

C’est un peu le scénario catastrophe. Vous faites tout comme il faut et vous attrapez le virus gare Montparnasse le 24 décembre pour le refiler à vos grands-parents sans le vouloir. Sauf qu’en réalité, cela n’a que très peu de chances d’arriver. Déjà parce que le virus ne se montre quasiment pas contaminant lors des trois premiers jours, ce qui devrait empêcher une transmission pour le repas de Noël.

Ensuite et surtout parce que Michaël Rochoy l’assure, « les trains sont rarement des lieux de transmissions du virus », avec le port du masque, une hyperaération et filtration de l’air. Seul risque, si vous mangez à côté d’une personne inconnue, mais cela est facilement évitable.

Qu’est-ce que je ne dois surtout pas faire durant un autoconfinement ?

Tout le monde n’a pas la chance ou la possibilité de télétravailler. Néanmoins, même les personnes faisant du présentiel peuvent renforcer leur prudence, avec une règle simple : éviter la moindre personne non-masquée. « Une personne en présentiel devra faire particulièrement attention à manger seule et éviter tout repas, verre ou autre à plusieurs », appuie Michaël Rochoy. De même pour les enfants : « Il faut éviter au maximum les cantines qui sont des lieux de propagation connus du coronavirus, et faire à son enfant une gamelle ou un sandwich qu’il puisse s’isoler pour manger. » Ou ne pas l’emmener à l’école, comme cela est désormais permis ce jeudi et ce vendredi. Evidemment, à dix jours de Noël, « on évitera également de remettre son enfant en cours de musique, de théâtre, de danse, de sport, et de toute activité non-masquée », ce qu’un décret autorise à partir de ce mardi.

Le chercheur en épidémiologie le rappelle, les lieux de restauration collective sont aujourd’hui désignés comme étant les plus contaminants et en tête des clusters. Avec cette simple règle, « on évite la majorité des risques ». De fait, même en autoconfinement, « il est encore possible de faire ses courses ou autre, maintenant que le port du masque est obligatoire dans les lieux clos », indique Michaël Rochoy. Qui ne voit pas une si grande différence entre un hypermarché et un marché d’extérieur : « Il faut juste faire attention à ce que la jauge soit respectée et que le magasin ne soit pas trop rempli. » 

L’autoconfinement remplace-t-il un test ?

Le chercheur en épidémiologie l’assure : « Il est absolument impossible que tout le monde se fasse tester pour Noël », sans parler de la fameuse période de latence de contamination qui peut rendre invisible le virus lors d’un test le 23 et vous rendre contaminant le 24 et 25. « Au contraire, tout le monde peut prendre des mesures pour s’autoconfiner au mieux. » Evidemment, rien n’interdit le doublon autoconfinement + test si les places sont disponibles, mais même avec toutes ces précautions, petit rappel d’une évidence par Michaël Rochoy : « Il faudra faire très attention à Noël et au repas de famille, et adopter le plus de mesures barrières possible. »

In fine, l’idéal serait que ces mesures préventives avant Noël deviennent en fait la norme même en janvier et février, plutôt qu’elles soient juste une excuse pour un Noël tactile et contaminant.