Coronavirus : Transport, dîner, cadeaux… Comment maximiser ses chances de ne pas attraper ou transmettre le Covid-19 à Noël ?

PRECAUTIONS Voyage en voiture, retrouvailles en famille, dîner partagé… « 20 Minutes » vous donne les conseils à suivre pour slalomer entre les gouttelettes du virus

Oihana Gabriel

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Illustration de Noël en temps de Covid-19.
Illustration de Noël en temps de Covid-19. — Pixabay
  • Noël approche, et le Covid-19 est toujours là. Le gouvernement conseille de limiter les convives à six adultes.
  • On sait maintenant que les repas partagés sont les moments où le coronavirus se diffuse le plus.
  • Alors, comment partager un moment convivial en respectant au maximum les gestes barrières ? 20 Minutes vous délivre une petite liste de conseils, étape par étape.

On invite Mamie ? On garde les masques ? On bannit l’alcool et les bisous ? Organiser Noël n’a jamais autant ressemblé à un casse-tête chinois que cette année. Car ces retrouvailles, malgré les frustrations accumulées par une année en pointillé, ne pourront être l’occasion d’un relâchement des gestes barrières. Difficile d’évaluer le risque précisément. « La transmission n’est pas si élevée au sein même d’un foyer : si quelqu’un a le coronavirus, une personne qui vit avec lui aurait 35 % de risque de l’attraper », avance  Virginie Courtier-Orgogozo, généticienne à l’Institut Jacques Monod. Le problème, c’est qu’on ne peut pas savoir si cette personne n’infectera personne ou fait partie des super-propagateurs. D’où le conseil du gouvernement d’une jauge de six adultes au réveillon.

Mais comment faire ? C’est à chaque famille de trouver sa réponse. En fonction, évidemment, des personnes présentes : une soirée avec quatre générations, des personnes diabétiques et un repas partagé n’exigent pas les mêmes précautions que des retrouvailles entre jeunes adultes qui se seraient autoconfinés ou auraient fait un test juste avant… « Le plus pragmatique, c’est de ne pas recevoir des personnes à risque qui ne vivent pas sous votre toit habituellement, tranche Pierre Parneix, médecin de santé publique au CHU de Bordeaux. Parce qu’à un moment, vous allez prendre un risque ou vous les mettrez tellement à l’écart qu’on perd toute convivialité. »

Etape par étape, 20 Minutes vous propose ses conseils pour maximiser les chances de slalomer entre les gouttelettes.

  • Pour le trajet en voiture

On sait aujourd’hui qu’un voyage en train rime avec masque et hygiène des mains. Mais qu’en est-il pour la voiture ? Evidemment, moins on est, mieux c’est. Si vous vous retrouvez à partager la route avec une tante qui ne vit pas dans votre foyer, mieux vaut porter un masque.

Une étude de l’Université du Massachusetts, parue dans la revue Sciences Advances le 4 décembre, renseigne sur la façon optimale de prendre la voiture sans se contaminer. Selon ces chercheurs, il vaut mieux s’asseoir en diagonale : le passager se place derrière le conducteur et à sa droite (si on reste en France…). Pour l’aération, si toutes les fenêtres ne peuvent rester ouvertes (rien ne sert d’esquiver le coronavirus pour finir avec une bronchiolite), l’étude montre qu’en ouvrant la fenêtre la plus éloignée du conducteur et du passager, le courant d’air fait barrière.

  • Pour l’arrivée dans la famille

Premier réflexe quand on passe la porte : le gel hydroalcoolique ou le savon au petit coin. On le sait, les embrassades de bienvenue (et de remerciements au moment des cadeaux) ne sont pas à la fête en 2020. Petit rappel aussi : « l’être humain émet des particules fines et gouttelettes quand il respire, parle, crie, chante, tousse, éternue, liste Jean-François Doussin, professeur de chimie atmosphérique à l’Université Paris Est Créteil. Quand on chuchote, on en émet moins que quand on hurle. » Dommage la fête… D’où l’intérêt, encore une fois, d’organiser un réveillon masqué. L’Organisation mondiale de la Santé vient d’ailleurs, ce mercredi, de préconiser le port du masque lors des réunions familiales de Noël. « Un masque en tissu bloque les particules de l’ordre du micron entre 40 et 60 % à l’émission, et dans les mêmes proportions à la réception, précise le spécialiste des aérosols. Si vous en émettez 100, 50 passent la première barrière, 25 la deuxième, il n’en reste plus que 25. »

Toujours côté anticipation, la solution zéro risque, c’est d’éviter toutes victuailles. Le dernier avis du Conseil scientifique pointe qu’une étude de l’Institut Pasteur « montre le risque élevé de transmission du virus lors des repas, qu’ils aient lieu en milieu privé (familial, amical) ou public (cafés, restaurants…) ». S’il n’est pas envisageable de se passer de dinde et de limiter les invités à six, vous pouvez miser sur l’aération des pièces. Le journal allemand Die Zeit propose une simulation intéressante : en fonction du nombre de convives, de la durée d’exposition, de la superficie de la salle, des fenêtres ouvertes, on peut projeter le nombre de personnes qui pourraient être infectées. « Si on est 15 dans une cuisine de 5 m2, on va se contaminer plus rapidement que si on est 6 dans un loft de 300 m2, insiste Jean-François Doussin. On peut acheter un petit capteur de CO2 : quand la concentration monte, on aère. Sinon, on ouvre grand les fenêtres tous les quarts d’heure ou on met en route la VMC. »

Autre solution : faire un vrai courant d’air toutes les heures, ou au moins juste après le dîner, avant de remettre son masque. « Le mieux, c’est d’imaginer qu’on veut supprimer la fumée de cigarette [avec tout le monde est en train de fumer] », suggère Virginie Courtier-Orgogozo, chercheuse qui participe au site d’informations scientifiques adioscorona.

  • Pour le dîner

Un dîner assis, en installant des rallonges, les assiettes et les couverts en avance et un plan de table qui regroupe les convives par âge ou facteurs de risques semble plus sûr qu’un buffet. Si c’est cette option qui est choisie, préférez les amuse-bouches individuels, verrines et roulés avec chacun son petit pic plutôt que la salade ou le houmous à partager. Les hôtes peuvent aussi commander une assiette par personne à emporter, pour que personne ne partage le plat et la vaisselle (à condition de ne pas vouloir un Noël écolo en plus d’être sanitairement irréprochable…). Et disposer de « marques verres » colorés pour que chaque convive différencie sa coupe.

« Il faut ventiler avant, pas en plein repas, prévient Pierre Parneix, spécialiste d’hygiène hospitalière. Si vous avez un bout de table qui a le Covid, le flux d’air va le porter vers l’autre côté. » En revanche, le médecin conseille de manger à plus d’1m50 et de biais. « L’idéal, c’est de manger chacun son tour, par foyer. On peut discuter avec son masque pendant que les autres mastiquent », complète Virginie Courtier-Orgogozo. Sans oublier d’aérer la pièce entre les deux « services ».

Autre option, plus radicale étant donné qu’on parle de fin décembre, c’est l’extérieur. Ceux qui ont la chance d’avoir un jardin, une terrasse ou un balcon peuvent y disposer le repas. Porter un toast en gants, c’est so 2020…

  • Pour les cadeaux

Peut-être vaut-il mieux qu’une seule personne joue au Père ou à la Mère Noël (après s’être lavé les mains, évidemment) pour distribuer les cadeaux. En particulier celles et ceux qui viennent de faire un test antigénique ou PCR négatif. Ou les personnes qui ont déjà eu le Covid et sont donc immunisées (en gardant en tête qu’on a peu de données et de recul sur cette immunité). Selon deux études, elle durerait au moins six mois. « Mais il y a eu des réinfections au bout de trois mois, prévient Virginie Courtier-Orgogozo », qui rappelle que plusieurs fiches sur adioscorona renseignent sur la question.

Surtout, les médecins rappellent que la vigilance ne doit pas s’arrêter une fois la porte franchie. Dans les jours qui suivront ces rassemblements, chacun doit, au moindre symptôme, faire un test et prévenir ses proches. Pour éviter que Noël prenne des airs de clusters.