Coronavirus : Les Français vont-ils tous pouvoir se faire tester avant les fêtes ?

NOEL MASQUE La demande de dépistage risque de s’accroître en vue de fêtes de fin d’année « pas comme les autres », comme les avait qualifiées Emmanuel Macron

Lucie Bras

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Un centre de tests antigéniques à l'aéroport d'Aix-Marseille, le 06 novembre 2020.
Un centre de tests antigéniques à l'aéroport d'Aix-Marseille, le 06 novembre 2020. — PHILIPPE MAGONI/SIPA
  • Alors que les vacances de Noël approchent, la question de faire un test Covid-19 avant un retour en famille se pose plus que jamais pour les Français.
  • Comment les laboratoires, médecins et pharmacies s’organisent-ils pour faire face à cette demande ? Quels conseils avant de se faire tester ?
  • « Un test antigénique négatif, ça ne veut pas dire qu’il faut aller faire la fête », avertit Gilles Bonnefond, président d’un syndicat de pharmaciens.

Test PCR, test antigénique ou… pas de test du tout ? Les vacances de fin d’année approchent, une période privilégiée pour les retrouvailles en famille. Mais cette année, l’épidémie de coronavirus planera au-dessus des réveillons.

« Il ne s’agira pas de vacances de Noël comme les autres », avait prévenu Emmanuel Macron lors de sa sixième allocution le 24 octobre dernier. Pour certains, ce retour en famille passera par un test de dépistage, comme le recommandent certains. Comment s’organiser si la demande est massive ? 20 Minutes vous répond.

Est-il possible de tester toute la France avant Noël ?

« Non, pour 68 millions de Français ce n’est pas possible », explique Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO). « Ce qu’on appelle le mass testing, ça se fait dans certains endroits comme à Liverpool (Royaume-Uni). Mais à l’échelle d’un pays c’est quasi impossible car on doit le faire dans un délai très court », détaille-t-il. « Je ne pense pas qu’il y ait une grosse demande », estime pour sa part Sylvie Behillil, responsable adjointe du Centre national de référence virus des infections respiratoires à l’institut Pasteur. « Chacun va faire comme il veut, mais certaines personnes vont préférer adapter leur comportement et éviter d’être en famille. »

Jacques Izopet, chef du laboratoire de virologie du CHU de Purpan, n’est pas favorable au test des personnes sans symptômes. « Si tout le monde se fait tester, il va inévitablement y avoir une cohue et des problèmes d’accès aux tests, ce qui n’est pas voulu », pointe le spécialiste, qui encourage toutefois les personnes symptomatiques à se faire dépister.

Malade ou pas, la faisabilité des tests sera de toute façon limitée par la capacité de dépistage du pays. La semaine du 26 octobre, en pleine deuxième vague, la France a augmenté sa capacité de tests à 2,2 millions par semaine, rappelle le journal Les Echos.

Test antigénique ou PCR… Comment choisir ?

Les tests antigéniques, réalisés comme les PCR par prélèvement naso-pharyngé, peuvent être effectués par des pharmaciens, des médecins ou des infirmières. Selon les dernières recommandations de la Haute autorité de santé (HAS), ils sont toutefois réservés aux personnes présentant des symptômes, aux cas contact et aux clusters. Même si certains pharmaciens le proposent, ils ne sont pas recommandés pour les personnes asymptomatiques. En cause ? L’absence de données scientifiques permettant de confirmer leur efficacité.

Autre écueil pour les fêtes : ces tests auraient une fiabilité de 65 à 80 %. « Un test antigénique négatif, ça ne veut pas dire qu’il faut aller faire la fête », avertit Gilles Bonnefond. « Même si le test est négatif, on sait tous qu’il faut oublier les embrassades et garder le masque. On aère les pièces avant le repas, on aère après », conseille-t-il.

L’autre possibilité, alors, d’aller faire un test PCR en laboratoire, avec un résultat connu le jour-même ou le lendemain du test. Pour faire ce dépistage, qui se pratique aussi avec un écouvillon dans le nez, l’ordonnance n’est plus obligatoire.

Quand faire le test avant de rentrer chez soi ?

Pour le test PCR comme pour le test antigénique, il est recommandé de faire un test le plus tôt possible puis sept jours plus tard, si vous vivez dans le même foyer qu’un patient contaminé. Si vous êtes cas contact avec une personne extérieure à votre foyer, le test est à faire sept jours après l’exposition. Mais, dans un cas comme dans l’autre, le test donne un résultat à l’instant T. « Le problème avec ça, c’est que si mon test est négatif aujourd’hui, rien ne me dit que dans trois jours je ne serai pas positive », prévient Sylvie Behillil.

Combien ça coûte ?

Ça ne coûte rien au patient. Les tests PCR et les tests antigéniques sont pris en charge par l’Assurance maladie.

Qu’est-ce qui est prévu pour faire face à un afflux de demandes ?

Dans les laboratoires, on s’est organisé depuis le début de l’épidémie. Si aucun dispositif particulier n’est prévu pour la fin d’année, les établissements se sont équipés. « On est prêts : depuis le pic d’octobre, où nous avons dû faire face à un afflux massif, nous nous sommes adaptés à la demande », déclare Michel Sala, directeur médical du réseau Cerballiance, qui possède 450 laboratoires dans toute la France. Si, aujourd’hui, elle tourne un peu à vide, « la structure est toujours là, prête à monter en charge si besoin. Il y a beaucoup moins de tension sur les réactifs, nous avons recruté du personnel et nous avons la possibilité de travailler 24 heures sur 24 », complète-t-il.

Mercredi, le Premier ministre a par ailleurs annoncé que des campagnes de dépistage massif allaient se tenir dans trois régions de France, « peut-être même avant » les fêtes de fin d’année. Elles se dérouleront « peut-être dans le Nord, peut-être en Normandie, peut-être en région Auvergne-Rhône-Alpes », a éludé Jean Castex avant de faire des annonces jeudi. Preuve que les tests sont au cœur des réflexions gouvernementales contre l’épidémie.