Coronavirus : La Chine veut suivre l'état de santé des voyageurs grâce à un QR code

TECHNOLOGIE Xi Jinping a indiqué ce week-end qu’il souhaitait voir davantage de pays adopter le dispositif déjà en place en Chine mais qui inquiète les défenseurs des droits de l’homme

20 Minutes avec agence

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Un QR code.
Un QR code. — Pixabay / geralt

Xi Jinping a appelé de ses vœux ce week-end la création d’un système mondial de stockage des informations concernant la santé des voyageurs à l’international. Le président chinois s’exprimait dans le cadre du sommet virtuel du G20. Il a évoqué un « dispositif global » et prôné l’utilisation de QR codes permettant de connaître rapidement le statut sanitaire d’un passager, indique la BBC.

« Nous devons encore davantage harmoniser les politiques et les normes et mettre en place des parcours simplifiés afin de faciliter la fluidité de circulation », a estimé le chef de l’Etat. Il n’a cependant pas donné plus de détails sur l’organisation potentielle du système international. La Chine utilise déjà depuis février la technologie des QR codes pour lutter contre la propagation du Covid-19.

Une pratique jugée dangereuse

C’est aussi le cas d’autres pays, comme Singapour ou l’Australie. La technologie n’y est cependant mise à profit que pour détecter les cas contacts des patients. « Nous espérons que davantage de pays se joindront au dispositif », a commenté Xi Jinping. Le système mis en place dans son pays utilise le big data enrichi d’informations fournies par les Chinois eux-mêmes.

Ces derniers se voient attribuer une couleur verte, orange ou rouge, autorisant des déplacements plus ou moins libres en fonction de leur état de santé. Les défenseurs des droits individuels alertent sur les dangers de la généralisation d’une telle pratique. « Il faut se méfier de la proposition du gouvernement chinois au sujet d’un système mondial de QR code », a tweeté ce lundi Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch.

« Ce qui commence comme une mesure uniquement sanitaire pourrait vite se transformer en cheval de Troie permettant une surveillance et une exclusion politiques plus étendues », a-t-il ajouté. L’activiste a aussi mis en garde contre « les dangers liés au système de crédit social de la Chine ».