Coronavirus à Rennes : Au centre Eugène Marquis, la prise en charge des malades du cancer est « optimale », selon son directeur

SANTE Alors que la Ligue contre le cancer tire la sonnette d’alarme, le centre Eugène Marquis à Rennes tient à rassurer les malades

Jérôme Gicquel

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Le professeur Renaud de Crevoisier a été nommé début octobre directeur général du centre Eugène Marquis à Rennes.
Le professeur Renaud de Crevoisier a été nommé début octobre directeur général du centre Eugène Marquis à Rennes. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • La Ligue contre le cancer s’inquiète de la prise en charge des malades depuis le début de la crise sanitaire.
  • A Rennes, le centre Eugène Marquis tente de rassurer les patients et affirme que la continuité de soins est bien assurée.
  • Seule l’activité de chirurgie plastique reconstructrice a été mise en suspens au sein du centre de lutte contre le cancer.

La décrue de l’épidémie de Covid-19 semble se confirmer depuis quelques jours avec le pic qui est désormais « derrière nous », selon le directeur général de la Santé Jérôme Salomon. Malgré des signes encourageants, la pression reste toutefois très forte sur les hôpitaux. C’est le cas depuis le début de la crise sanitaire avec une chaîne de soins qui a été totalement chamboulée. Lors du premier confinement au printemps, deux millions d’actes, d’examens ou d’opérations ont ainsi été reportés ou annulés, selon une étude publiée par le Journal du Dimanche.

Le second confinement n’a fait qu’accentuer cette tendance avec tous les indicateurs qui sont passés « au rouge », selon la Ligue contre le cancer, qui tire la sonnette d’alarme. « Les insuffisances de prises en charge des personnes malades du cancer constatées lors du premier confinement se répètent lors du second, aggravant leur situation », s’inquiète l’association, s’appuyant sur de nombreux témoignages.

Une unité Covid-19 ouverte au sein du centre

La situation est toutefois contrastée selon les régions. Au centre Eugène Marquis à Rennes, principal centre de lutte contre le cancer en Bretagne, la prise en charge des patients est même « totalement optimale », selon le professeur Renaud de Crevoisier. « La qualité de soins est la même qu’avant le début de la crise », rassure le nouveau directeur, nommé le 1er octobre pour une durée de cinq ans.

Le contexte sanitaire bouscule tout de même le quotidien du centre où l’activité de chirurgie de reconstruction plastique a été mise en suspens pour l’instant. Il y a un mois, au plus fort de la seconde vague, le centre de lutte contre le cancer a également participé à l’effort national en ouvrant une unité Covid-19 composée de huit lits. « Nous n’avions pas l’expertise au départ pour prendre en charge ces malades mais nous nous sommes organisés pour jouer la carte de la solidarité », assure le cancérologue, spécialiste de la radiothérapie.

Le centre appelle les patients à ne pas annuler leurs consultations

Pendant cette période, toutes les opérations chirurgicales du cancer du sein ont été transférées à la clinique de la Sagesse pour permettre l’installation de l’unité Covid, qui accueille aujourd’hui deux patients. Tout devrait donc bientôt rentrer dans l’ordre au centre Eugène Marquis qui tente de rassurer les malades et les invite à ne pas annuler leurs consultations. « L’angoisse de l’épidémie rajoute du stress à des patients déjà affectés par la maladie, souligne le professeur Renaud de Crevoisier. Mais tout a été mis en place pour limiter le risque infectieux avec un filtrage très strict à l’entrée ».