Coronavirus : Quels sont les différents types de vaccins développés contre l’épidémie ?

EPIDEMIE Il existe des différences très importantes entre les différents vaccins destinés à lutter contre la pandémie

Lucie Bras

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Un centre de recherche vaccinale aux Etats-Unis (image d'illustration).
Un centre de recherche vaccinale aux Etats-Unis (image d'illustration). — AFP
  • Alors que l’OMS a enregistré dimanche un nouveau record de contaminations dans le monde, avec 660.905 nouveaux cas en 24 heures, la course au vaccin est lancée.
  • Sanofi, BioNTech… Plusieurs laboratoires ont entamé les phases finales de leurs tests, avec pour objectif de grandes campagnes de vaccination dès l’an prochain.
  • Ces vaccins, créés en très peu de temps, correspondent pour certains à une nouvelle technique de vaccination, utilisée jusque-là dans la recherche contre le cancer et dans la santé animale. « 20 Minutes » vous explique tout.

« Si nous disposons de plusieurs vaccins, nous ferons le choix de ceux qui nous paraissent les plus sûrs et les plus efficaces », a affirmé dimanche le ministre de la Santé Olivier Véran. Face à l’épidémie de Covid-19, la course au vaccin apparaît comme un immense espoir, alors que de nouvelles études encourageantes ont été publiées ce lundi concernant le vaccin Moderna.

L’occasion d’apprendre que tous les vaccins ne sont pas faits du même bois, et qu’il existe des différences très importantes entre les différentes solutions développées dans le monde, que l’on soit en Chine, aux Etats-Unis ou en Europe. 20 Minutes fait le point sur les cinq grands types de vaccins contre les virus. Et parmi eux, ceux qui seront utilisés demain contre la pandémie.

Le petit nouveau : le vaccin ARN Messager

C’est le vaccin développé par Pfizer et BioNTech, efficace à 90 % selon le laboratoire, mais aussi par Moderna. Il est basé sur une technologie très innovante et qui n’a encore jamais été utilisée dans la vie réelle, sauf sur des élevages de porcs, rappelle Futura Sciences. Elle consiste à injecter dans l’organisme des brins d’instructions génétiques appelées ARN messager, qui dictent à nos cellules ce qu’il faut fabriquer pour lutter contre le coronavirus.

Point fort : ces vaccins sont très rapides à créer et à produire, et induisent une bonne réponse du système immunitaire. Point faible : ils doivent être conservés à très basse température, -70 degrés Celsius pour celui de Pfizer/BioNTech, ce qui peut être un frein logistique de taille pour leur distribution dans le monde entier. « L’ARN doit être congelé à des températures très basses pour une conservation dans la durée. Un vaccin qui contient un virus ou des protéines de virus, lui, peut se conserver à des températures moins froides », explique à 20 Minutes Judith Mueller, professeure à l’EHESP et chercheuse à l’institut Pasteur.

Jeudi dernier, Olivier Véran a assuré que la France s’était équipée de 80 super-congélateurs dans cette optique. Autre frein à ce vaccin : il nécessite deux doses, une seule n’étant pas suffisante pour apporter une réponse immunitaire suffisante. A noter que cette technique est aussi développée dans la recherche contre le cancer.

Les pointes du Covid-19 avec les vaccins vecteurs

C’est la méthode d’Oxford/ AstraZeneca et de l’Institut Pasteur. Elle est similaire à celle du vaccin utilisé contre Ebola. Sur le principe : une partie des séquences génétiques de la protéine spike du coronavirus (les pointes caractéristiques du virus) va être associée à un autre virus, de type adénovirus (virus du rhume du Chimpanzé par exemple, très connu et sans danger pour les humains) afin de déclencher une réponse immunitaire plus forte. « Ces épines (spike) se retrouvent à la surface du virus et sont facilement accessibles pour le système immunitaire. Elles jouent un rôle très spécifique dans la virulence du virus, c’est-à-dire sa capacité de provoquer la maladie. La plupart des vaccins en cours de développement ciblent ces épines pour avoir un bon effet de protection », assure Judith Mueller.

Grippe, Polio et… Covid-19 : Les vaccins inactivés

« On prend le virus lui-même et on en fait une préparation, qu’on inactive par voie chimique, chaleur ou procédé physique, comme l’exposition aux UV par exemple », détaille le Pr Olivier Schwartz, responsable de l’unité Virus et immunité à l’Institut Pasteur. Même « tué », le virus conserve sa structure et est reconnu par le système immunitaire. C’est sur ce modèle que se base le laboratoire chinois Sinopharm pour développer son vaccin, en phase 3 de développement.

Fièvre jaune et rougeole… Les vaccins atténués

Avec ce type de vaccin, « on prend le virus lui-même, mais on le modifie pour conserver sa capacité à se multiplier, mais à très bas bruit », indique le Pr Schwartz. Le virus, qui n’est pas pathogène, se multiplie dans l’organisme, qui est alors exposé au virus pendant un certain temps. « Ça induit une bonne réponse du système immunitaire », confirme-t-il.

Hépatite B, papillomavirus et Covid-19… Le vaccin sous-unité

Pour fabriquer ce vaccin, on prend une protéine produite de façon synthétique et on l’injecte. « L’immunité n’est pas la meilleure, alors on ajoute des adjuvants pour l’augmenter. Ça active le système immunitaire et induit une meilleure réponse », détaille le Pr Schwartz. C’est l’une des méthodes choisies par le laboratoire français Sanofi.

Quant à savoir lequel de ces vaccins sera le plus efficace contre le coronavirus, c’est aujourd’hui impossible. « Les résultats actuels sont très encourageants mais ils restent préliminaires. La vaccinologie est une science expérimentale, il faut tester pour savoir quelle stratégie va fonctionner », conclut le professeur Schwartz.